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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 00:00

La cour d’appel de Colmar s’est parée hier de tout le décorum des grands rendez-vous judiciaires. Devant un escalier monumental était dressé un podium drapé de rouge sur le lequel les trois juges sont venus dire le droit. L' assemblée surtout composée des familles de victimes attendait émue. Au premier rang , étaient alignées les six personnes poursuivies et leurs avocats.

 

Résumons : un Airbus A320 d’Air Inter reliant Lyon à Strasbourg s’écrase le 20 janvier 92 contre le Mont Saint Odile faisant 87 morts et 9 rescapés. Une information judiciaire est ouverte dés le lendemain. Elle dure 15 ans. L’année dernière, jugement de première instance. Hier, jugement de la cour d’appel : les six prévenus sont tous relaxés, aucune faute pénale ou civile n’est retenue. Les victimes auront droit aux seules indemnisations prévues dans le cadre du contrat normal du transporteur.

« 16 ans après l’accident, c’est comme si on avait dit aux victimes : circulez, il n’y a rien à voir. La cour a donné un coup de poing en pleine figure aux familles réunies au sein de l’association ECHO. C’est une déception considérable ». L’avocat qui parle, Maître Témime, sait quel a été le combat judiciaire au long des 16 dernières années : il a accompagné l’association dirigée par Alvaro Randon, association qui s’est même vue retirer hier le remboursement des frais d’avocats. Cela représente 500.000 euros qui devront être acquittés par les familles. C’était en quelque sorte la goutte d’eau qui a fait déborder la colère de tous ceux qui étaient présents comme partie civile.

Reste le fond de l’affaire et la relaxe générale des cadres d’Airbus, d’Air Inter, de la DGAC et du contrôleur aérien. Maître Simon Ndiaye, l’avocat d’Airbus industrie avait tout lieu d’être particulièrement satisfait : « justice a été enfin rendue à Bernard Ziegler et à Airbus. La vérité judiciaire colle enfin avec la vérité technique. Depuis longtemps nous disons qu’aucun élément ne permet de mettre en cause l’avion. La Cour est allée au bout de la logique avec beaucoup de courage ». Dans la salle Bernard Ziegler qu’on présente souvent comme l’architecte de l’A320 n’arrivait pas à cacher sa joie. Pas seulement pour son sort personnel, mais disait-il pour tous les ingénieurs qui avaient mis au point ce magnifique avion. « Aucun avion n’est parfait mais celui-là est particulièrement bon ». Devant la colère des familles présentes, l’ex-directeur technique d’Airbus s’est éclipsé rapidement. Car de nombreux experts avaient mis en cause la conception du poste de pilotage dans le crash de l’avion. Et en première instance, le tribunal avait retenu la responsabilité civile de Bernard Ziegler et de son employeur, Airbus. La conception du cockpit aurait été à l’origine de la confusion des pilotes entre angle de descente et vitesse disait le jugement. Il y a bien eu une faute de la part du constructeur. Or hier la cour d’appel de Colmar a complètement inversé la tendance. Décision préparée en quelque sorte par le réquisitoire du procureur qui suggérait la relaxe de l’ancien directeur technique d’Airbus. L’avocat général avait souligné en revanche les erreurs imputables aux pilotes (morts dans l’accident) . Il reprochait également aux responsables de la DGAC et d’Air Inter de n’avoir pas exigé l’installation de GPWS, avertisseur de proximité du sol, dans cet avion ultra-moderne. Il reprochait enfin au contrôleur aérien d’avoir commis 7 erreurs dans les instructions de guidage. Et pour tous ces gens là il avait demandé des peines de prison avec sursis.

Or aucune de ces recommandations n’a été suivie. D’où l’incompréhension de tous ceux qui ont été touchés par cette catastrophe. Ils ont le sentiment qu’ils ne sauront jamais pourquoi cet avion s’est écrasé. L’accident reste un mystère semble dire la justice ou plutôt il est du a plusieurs dysfonctionnements constatés mais dont aucun n’est à lui seul la cause de l’accident.

« C’est le pot de fer contre le pot de terre a crié Nicole Hecquet, la sœur d’un des deux pilotes dans la salle d’audience. Rien ne doit empêcher Airbus de vendre ses avions, c’est ça la vérité, c’est une décision politique ! ».

Les larmes coulent, la foule s’écoule lentement. Monsieur et Madame Thomas veulent se rappeler que c’est le 14 mars qu’ils ont enterré leur fils, il y a 16 ans jour pour jour.

 

 

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 00:00

j'apprends ce jour par son avocat, maître Damien Brossier, que Kevani Wansale fait appel du jugement de la Cour d'Assise d'Evry. Le jeune homme a été condamné à 13 ans de prison. Son avocat estime que compte tenu de l'age de Kevani Wansale au moment des faits (18 ans), compte tenu de son passé familial, de son attitude en détention et de ses remords sincères , une autre formation de jugement pourrait lui infliger une peine plus légère.

Je rappelle qu'il était poursuivi pour avoir poignardé à plusieurs reprises son enseignante d'art plastique, Karen Montet-Toutain en plein cours le 16 décembre 2005 au lycée Louis Blériot d'Etampes.

 

 

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 00:00

Souvent la prison abîme, parfois elle permet une résurrection. Dans le cas de Kevani Wansale cela semble être la deuxième solution . Le jeune homme a 20 ans, il en avait 18 au moment des faits. Entre temps il a suivi une psychothérapie. « J’ai fait beaucoup de mal, je demande pardon, pardon, pardon … Pardon à Madame Montet –Toutain, à son mari, à ses deux filles ». Le moment est intense, des larmes perlent dans les yeux du jeune homme mais aussi dans ceux de son enseignante.

Un procès aux Assisses, c’est aussi cela. La possibilité pour cette enseignante de tourner la page est peut-être née à ce moment clef. Parce que le jeune homme ne trichait pas, ni avec les autres, ni avec lui-même. Pourtant en entendant le récit de sa vie toute la matinée on ne pouvait que se demander si il allait y arriver. Kevani est son prénom à l’état civil mais il ne le porte pas dans la vie quotidienne. Depuis toujours sa mère l’appelle « Dolorès ». Elle attendait son quatrième enfant lorsque son mari a été assassiné à 33 ans et elle, violée. L’enfant à sa naissance a été surnommé « douleur ». C’est déjà un départ dans la vie difficile, suivi d’ une vie d’errance en Belgique et en France, des déménagements constants, des placements nombreux lors des séjours de la mère en prison et malgré tout, une fratrie solidaire et aimante.

Cela ne change rien aux faits qui lui sont reprochés (il encourt la réclusion criminelle à permétuité) mais cela éclaire comme le souligne son avocat le pourquoi d’un tel déchaînement de violence. Kevani Wansale retrace assez bien à la barre comment il en est venu à haïr son professeur principal, comment il n’a pas supporter les reproches de sa mère sur son absentéisme, retards et autres incivilités après que sa mère ait été convoquée par madame Montet-Toutain, comment il a eu un bouillonnement, une confusion, une fureur intérieure : « ça a saturé dans ma tête, il fallait que cela sorte, je savais qu’il allait se passer quelque chose  ». Alors préméditation ou pas, la cour d’Assises en décidera.

Mais de l’autre côté on est frappé par la description de l’atmosphère qui a pu régner dans ce type d’établissement : « c’était une confrontation à chaque début de cours. Faire quitter les bonnets, faire enlever les écouteurs de MP3, faire éteindre les portables est une première étape. Il faut faire face à toutes sortes de provocations avant de pouvoir commencer un cours expliquera l’enseignante. Elle est, bien sur, longuement revenue sur les faits, sur l’extrême violence de l’agression, sur la peur des autres élèves de la classe, sur le jeune Sofiane qui s’est interposé et qui a sans doute évité le pire. Des larmes sur sa vie gâchée alors qu’elle faisait un maximum pour ces élèves difficiles.  Mère de deux petites files et enceinte d’un troisième enfant, on la sent toujours aussi fragilisée par cette agression. Elle évoque l’absence de soutien de sa direction et du rectorat malgré ses mises en garde répétées. Mais sur ce sujet le président de la cour d’assises élude : « il y a une enquête administrative, ce n’est pas l’objet de ce procès ». On peut le regretter. De même qu’on peut s’interroger sur l’absence de syndicats enseignants au banc de la partie civile ou sur la décision de la famille Montet –Toutain de ne pas parler à la presse et même d’interdire à leur avocat de s’exprimer.

Le verdict est prévu samedi

  

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 00:00

Pourquoi tant de bruit et de fureur autour de la volonté du Président de la République de passer outre la décision du Conseil Constitutionnel sur la loi de rétention de sureté ? Les non juristes peuvent s’étonner de voir l’agitation que cela provoque.Voici quelques éléments d'informations.

Pour mémoire, Nicolas Sarkozy a demandé au président de la Cour de Cassation de lui faire des propositions pour contourner la décision du Conseil Constituttionnel et faire en sorte que les détenus dangeureux qui sortiront de prison dans les mois qui viennent puisse être placés en détention de sureté. Le tohu-bohu vient du franchissement d’une ligne jaune en l’occurrence, le texte de la Constitution.  Voici les principaux articles pertinents dans cette affaire :

-art. 5 : Le Président de la République veille au respect de la Constitution. (...)

-art 62 : Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application. Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.

-art. 64 : Le président de la République est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire.

Autrement dit, si le but poursuivi peut être considéré comme légitime, il ne justifie pas que l’on piétine les fondements de la République. La séparation des pouvoirs, l’exécutif d’un coté, le législatif de l’autre permet un contrôle de la vie démocratique. N’importe qui ne peut pas faire n’importe quoi, fusse-t-il  président de la République..Les décisions du Conseil Constitutionnel ne peuvent être contestées.C’est un principe fondamental, résultat de l’histoire de nos institutions.

De plus, d’autres solutions existent pour contrôler les criminels violents ou les pédophiles à leur sortie de prison, par exemple le placement d’office en hôpital psychiatrique. Puisque la notion de rétention a été reconnue valable juridiquement (si le condamné a pu, pendant l’exécution de sa peine, bénéficier de soins), cette voie pouvait être explorée.

On est donc dans le conflit, entraînant au passage une institution judiciaire fragilisée par d’autres décisions et d’autres réformes. Dommage non ?

 

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 00:00

 Le 9 février dernier des cérémonies officielles marquaient le dixième anniversaire de la mort du préfet Erignac. A cette occasion j'ai sollicité la veuve de Claude Erignac pour avoir son point de vue sur le procés d'Yvan Colonna et ses attentes vis à vis de la procédure d'appel. Vous avez pu entendre cet interview soit dans le journal de 20H soit sur ce blog plus en longueur. A la suite de cette diffusion j'ai reçu une lettre de protestation signée notament par Christine Colonna, la soeur d'Yvan. Je porte donc à votre connaissance les termes de ce communiqué car il est fondamental quand un jugement n'est pas définitif d'appliquer "le droit à l'équité".

 

  Communiqué du comité de soutien à Yvan Colonna :

 

Il est grand temps que l'affaire Colonna ne soit plus parasitée par des déclarations intempestives et provocatrices au mépris de la présomption d'innocence. La défense d'Yvan Colonna et son Comité de Soutien n'ont eu de cesse de dénoncer avant le procès de novembre 2007 les manquements au respect de ce principe au plus haut niveau de l'Etat.

 Force est de constater qu'une fois de plus, alors que la procédure d'appel est en cours et qu' Yvan Colonna reste présumé innocent, nous nous trouvons dans l'obligation de dénoncer des propos inadmissibles :

 "On a dit de ne pas trop en faire sur Colonna, je pense qu'en la matière, on en fait jamais assez" a déclaré Nicolas Sarkozy ce mercredi dans la cour du ministère de l'intérieur, à l'occasion de l'hommage rendu au Préfet Erignac. Le Président de la République ne respecte décidément pas la réserve qui devrait être la sienne, l'affaire Colonna lui servant toujours de tremplin médiatique personnel.

 

 " L'assassin de mon mari ne s'est pas exprimé ... Il n'a pas dit la vérité ... j'aurais aimé qu'il dise qu'il était l'assassin..."

 Cette phrase prononcée par Mme Erignac, qui bafoue sans retenue la présomption d'innocence, est tout aussi condamnable dans la forme comme sur le fond : le statut de victime ne donne pas tous les droits, et surtout pas celui d'exiger, de part une proximité de fait avec le pouvoir, une justice dictée par l'esprit de vengeance.

 

Des témoignages déterminants qui innocentent Yvan Colonna et une condamnation à perpétuité sans preuve de culpabilité, là réside à ce jour  la vérité sur le dossier Colonna.

 Ce dernier épisode témoigne à nouveau des pressions indignes exercées sur l'opinion et au-delà la justice, pour faire condamner coûte que coûte un innocent.

 

 

 www.yvan-colonna.com

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 00:00

Stellio Capochichi, né le 9 decembre 81 à Strasbourg comparaissait devant la 17 ème chambre correctionnelle cet après midi à Paris. Ce nom n'évoque rien de particulier, en revanche celui qu'il s'est choisi est plus éloquent: Kemi Seba. Il est en effet l'animateur d'un groupe noir ultra-radical qui s'est fait connaitre sous le vocable de "tribu Ka". "Ce sont  les initiales de Kémite Adonien" tient à préciser l'homme qui se présente devant le tribunal. Il a décidé de se présenter sans avocat, estimant qu'il pouvait lui-même assurer sa défense. Dans la salle ses supporteurs, parfois bruyants, se font rabrouer par le président Nicolas Bonnal.

 L'objet du litige ? La justice reproche au leader de la tribu Ka dissoute pour provocation à la haine raciale par un décret du président de la République le 28 juillet 2006 d'avoir repris ses activités sous une autre forme. En effet Stellio Capochichi agit maintenant sous la dénomination de "génération Kemi Seba" et poursuit des buts identiques si l'on en croit les rapports d'enquête qui ont précédé ces poursuites initiées par le Ministère Public. Cela s'appelle un délit de participation à la reconstitution d'un groupe dissout. Le principal fait d'arme de la tribu Ka avait été une descente du groupe avec insultes, bousculades et intimidations envers la communauté juive rue des Rosiers à Paris, en mai 2006.

Costume noir, cravate, chaussures bien cirées, crane rasé, l'homme se veut rassurant. Il s'applique à faire entendre au tribunal qu'il a changé, qu'il y a une différence entre anti-sionisme et anti-sémitisme: "le sionisme est une idéologie colonialiste qui existait comme en Ouganda bien avant la Palestine. Une idéologie raciste qui a des relais au plus haut niveau niveau de l'État. C'est mon combat". Et il souligne que si la Tribu K était une organisation anti-blanche, la nouvelle a un combat plus large car elle comprend des blancs, des bouddhistes, des juifs noirs... Le président ne se laisse guère impressionner et demande à celui qui se fait appeler Kémi Seba de quoi il vit : "de dons, de mandats; ce sont des fidèles qui me paie pour défendre le peuple Kénite".

La procureure constate qu'il y a bien une reconstitution déguisée du groupe: "le leader est le même, la garde rapprochée est la même, l'idéologie est la même",  demande l'application d'une peine de 6 mois de prison dont quatre avec sursis.

"La décision est mise en délibéré au 1er avril" conclue le président. "Espérons que cela ne fera pas l'objet d'une blague"  laisse tomber le prévenu devant son public de fans.

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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 00:00

Montagnier Luc, professeur, né le 18 août 1933. Ainsi s’est présenté le grand scientifique devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans la salle spécialement construite au sein du Palais de justice, les rangs sont clairsemés, le froid glacial et la sonorisation incertaine. Le médecin vient s’expliquer sur une note qu’il a rédigé en 1980 et qui mettait en garde sur les dangers que faisait courir le traitement aux hormones de croissance. "Le professeur Dray est venu me demander si sa méthode de purification employée pour fabriquer l’hormone de croissance inactivait bien tous les virus. Je lui ai répondu que non car les virus pouvaient provenir de l’hypophyse prélevée mais aussi des tissus adjacents et que sa méthode douce qui avait pour objet de préserver les hormones ne pouvait détruire tous les agents infectieux". Dans sa note, le professeur Montagnier préconisait d’écarter de la collecte tous les prélèvements sur des personnes mortes d’une encéphalite aigue, d’une encéphalite virale, ou de maladies neurologiques ou psychiatriques. Il précisait qu’il y avait un danger de transmission de virus lents. "On ne connaissait pas le mode de transmission de la maladie de Creutzfeldt Jacob mais on soupçonnait la présence d’un agent atypique. La protéine ou prion n’était pas encore décrite mais il y avait une suspicion". Après avoir remis la note au professeur Dray, Luc Montagnier n’a plus eu de contact avec l’équipe de France hypophyse.

Question de l’avocat d’une cinquantaine de familles parties civiles, Maître Fau : Est-ce raisonnable de fabriquer le produit  dès 1973 sans être sur de pouvoir inactiver les virus ?  "Oui, a répondu le professeur Montagnier car on ne savait pas comment se transmettait la maladie de Creutzfeldt jacob. C’était un domaine peu connu, la maladie était extrêmement rare. Je soupçonnais que le virus pouvait habiter des personnes qui ne déclaraient pas la maladie, ceux qu’on appelle des porteurs sains. Mais à l’époque c’était une hypothèse"

Si le professeur ménage son collègue le professeur Dray, il est obligé sous le feu des questions d’admettre qu’il y a un problème à l’époque de marquage des prélèvements. Il aurait été nécessaire de savoir d’où venait chaque hypophyse, d’appliquer un contrôle médical en amont est-il obligé d'admettre. "Tout ce qui touche aux prélèvements et à la collecte est contraire aux recommandations de ma note. J’attribue cela à une dilution des responsabilités. Il y aurait du avoir un chef, un directeur qui supervise toutes les étapes du processus".

Et d’ajouter "si on avait suivi strictement mes recommandations, on aurait réduit le risque de transmission aux enfants. Même si le risque était théorique, le principe de précaution aurait du prévaloir".

 

Après cette longue audition parfois technique les deux responsables de France Hypophyse, les professeurs Job et Dray, tous deux pédiatres réputés se sont efforcés de montrer que pour ce qui était de leur activité, ils avaient fait au mieux, tiraillés entre les mises en garde médicales (présence de virus lents) et la nécessité de ne pas interrompre le traitement  des enfants. "Vous savez, j’ai fait  le serment d’Hippocrate. J’ai juré quand je suis devenu médecin de ne jamais nuire à mes patients. A l’époque on pensait que la maladie de Creutzfeldt Jacob était héréditaire, qu’elle ne pouvait pas se transmettre,encore moins à des enfants " a dit Jean-Claude Job, vieil homme à la voix autoritaire.

 Les familles des jeunes victimes n’apprécient guère ce soutien implicite des médecins entre eux. "Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des mandarins, ces grands profs. Ils ont toujours raison… " me glisse une maman.  

Interview du Professeur Luc Montagnier filmé par Franz-Yves Marescot à la sortie de l'audience :

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 00:00

« Procès du Queen Mary 2 : Le désarroi des familles » titre nos confrères de Presse Océan ce matin ; même tonalité pour Ouest France qui évoque « l’amertume des familles » au lendemain des relaxes prononcées par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.

Souvenez vous le 15 novembre 2003 le superbe paquebot est à quai pour une ultime révision avant d’être livré à l’armateur. On est samedi, il pleut et beaucoup de visiteurs viennent voir les aménagements intérieurs de ce géant des mers alors même que les dernières finitions sont en cours. Une seule passerelle d’accès est ouverte. Visiteurs et salariés, en l’occurrence d’une société de nettoyage, l’empruntent. La passerelle cède et les précipite dans le vide. Bilan 16 morts, 29 blessés. Le procès visait donc à établir la responsabilité de ceux qui avait quelque chose à voir avec cette passerelle.

 

Lorsque le président du tribunal s’est adressé à l’assistance composée de victimes et de leurs familles. Le président Le Dressay a pris soin d’expliquer la loi Fauchon qui exonère les personnes physiques dans les délits involontaires pour mieux incriminer les personnes morales, en l’occurrence les sociétés qui les emploient. L’assistance incrédule écoute alors le président énumérer les erreurs de montage et de calcul, la fabrication approximative, l’absence de contrôle à la réception, le non respect des règles de prudence et de sécurité... Les huit personnes incriminées en prennent pour leur grade et pourtant toutes bénéficient d’une relaxe. La colère gagne alors la salle. Certes les entreprises sont condamnées pour « défaut d’organisation des contrôles » en ce qui concerne les Chantiers de l’Atlantique et pour « non construction de la passerelle dans les règles de l’art pour Endel » Mais le jugement est loin des réquisitions du procureur qui avait demandé trois mois avec sursis pour chacun des  huit salariés poursuivis. C’est cet écart qui est le plus douloureux. « C’est une parodie de justice du commencement à la fin, c’est une honte, une honte ! » s’écrie Yann Bartolomé qui a perdu sa mère et son grand-père dans l’accident et il est applaudi par toute la salle ; le président ne peut plus lire son jugement. Il est obligé de lancer à la cantonade : « j’applique la loi, si vous ne la trouvez pas bonne, allez voir votre député pour qu’il la change !» Beaucoup sortiront de la salle d’audience les larmes aux yeux. Avec comme une sorte de honte car du coté des dommages et intérêts la justice n’a pas mégoté. Elle a accordé 9,5 millions d’euros dont les quatre déjà versés. « Mon père est mort, il coûte 30.000 euros et voila! » s’est indigné un jeune homme accompagné de sa maman à la sortie du tribunal. Ce qui domine c’est le sentiment que l’argent doit faire office de cataplasme sur les plaies sans que personne n’endosse sa part de responsabilité.

 

Seul le président de l’association des victimes, qui sort l’un des derniers de la salle d’audience, veut retenir quelque chose de positif : la reconnaissance du préjudice spécifique d’angoisse. Concrètement, le tribunal l’a traduit par l’attribution de 50.000 euros à tous ceux qui ont été précipités dans le vide. Il reconnaît  « l’état de panique qui s’est emparé de chacun d’entre eux lorsque ils ont senti la passerelle vaciller, vriller, puis commencer à rompre, culminant lors de la chute de 18 mètres avec, pour chacun d’eux cette certitude de vivre ses derniers instants et l’effroi intense qui en est résulté, effroi partagé par les parents, amis, collègues et proches présents avec eux ». Le jugement précise aussi que le préjudice tout à fait spécifique des personnes impliquées dans des accidents collectifs, a été aggravé dans le cas présent par le fait qu’il a frappé des familles sur trois générations ou une collectivité de travail.

 

Les familles sont reparties lentement, une à une, pressentant que cette entraide et cette fraternité forgées dans le malheur allait se dissoudre : il est peu probable qu’il y ait un appel. Les deux sociétés condamnées ont déjà dit qu’elles n’envisageaient pas un deuxième procès. Reste à connaître l’avis du parquet sur ce point.

 

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 00:00

C’est une attaque en piqué qu’a choisi l’avocat de Nicolas Sarkozy pour répondre à ce qu’il juge comme une nouvelle atteinte à la vie intime de son client. Résumons l’affaire. Le Nouvel Observateur a publié sur son site internet nouvelobs.com l’affirmation suivante : Nicolas Sarkozy aurait envoyé un SMS à son ex-épouse Cécilia avec cette phrase : « Si tu reviens, j’annule tout » à quelques jours de son mariage avec Carla Bruni. "Ce message est un faux" s’est insurgé Me Thierry Herzog, qui a déposé une plainte au parquet de Paris. Le chef d’accusation retenu est de faux et usage de faux, un délit qui peut être sanctionné par une peine d’emprisonnement (3 ans) et une lourde amende (45.000 euros). Le journaliste et le Nouvel Observateur sont visés par la plainte.

 

 

 

C’est la première fois qu’un président de la République dépose une plainte au pénal contre un organe de presse. Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme a réagi sur RTL : "Ce qui me frappe, c’est l’extrême violence des attaques contre le président de la République, des attaques personnelles, ciblées, que je trouve indignes, infâmantes. Il n’y a plus de morale, personne ne recule devant aucune bassesse, personne n’a rien appris, tout oublié du choix démocratique des Français. Ceux qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy sont des gens qui veulent leur revanche parce qu’ils n’ont pas accepté qu’il préside aux destinées de ce pays".

 

 

 

Une réaction très politique  face à une institution judiciaire un peu embarrassée. Au parquet de Paris on confirmait qu’une enquête préliminaire va être diligentée. Un service de police judiciaire va être saisi et au terme de l’enquête une information judiciaire sans doute ouverte.

 

 

 

Sur le plan psychologique j’oserai avancer que cet acte judiciaire est la moindre des réponses que le marié devait à sa jeune épouse…Une sorte de démenti public et éclatant.

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 00:00

Laure Debreuil et Sébastien Maloiseaux ont rencontré la veuve du préfet Erignac, chez elle, il y a quelques jours. Dix ans jour pour jour après l'assassinat de son époux à Ajaccio, Dominique Erignac revient sur le procés d'Yvan Colonna et parle de son époux avec beaucoup d'émotion.
 

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