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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 17:28
Procès Femen : renvoi au 19 février

Elles sont arrivées au palais de justice de Paris avec le charme des jeunes filles slaves, couronne de fleurs dans les cheveux et rubans de couleurs flottants au vent. Une posture à contre-emploi par rapport à la provocation du 12 février 2012 : ce jour-là, elles sont entrées dans Notre Dame de Paris, et autour des cloches neuves se sont dénudées dévoilant à même la peau des slogans saluant la démission de Benoit XVI et la lutte contre l’homophobie. Certaines d’entre elles ont « sonné »les cloches neuves qui attendaient leur installation dans la tour nord. Ces cloches sont dorées à la feuille d’or. Leur manipulation est délicate et les Femen ont apparemment utilisé des bâtons entourés de feutre pour les faire résonner. Puis elles ont été assez violement expulsées.

Le recteur de Notre Dame, qui est le « propriétaire » légal de l’édifice a aussitôt porté plainte pour dégradation. La cloche qui porte le nom de son saint patron, Marcel, aurait été éraflée par l’action des Femen. « Cela couterait 7176 euros de la remettre en état selon le fondeur » explique Maitre Delvolvé, l’avocat de l’Eglise Catholique.

Voilà donc les huit Femen en rang d’oignon face au tribunal, les coiffes de fleurs sagement rangées dans leur sac. Leur avocat Maitre Klugman a aussitôt demandé au tribunal un supplément d’information. Des dégradations ? Quelles dégradations ? Ou sont les preuves, les expertises, les devis de remise en état ? Et par ailleurs les Femen se plaignent de violences lors de l’expulsion, dent cassée, ecchymoses, douleurs à l’épaule. « Ce n’est pas une demande dilatoire, il faut que les deux plaintes soient examinées en même temps » explique Maitre Klugman

Réplique de l’avocat de Patrick Jacquin, le recteur de la cathédrale: il souhaite que les Femen soient jugées aussi pour atteinte caractérisée à la liberté religieuse (insultes proférées contre le pape) et pour exhibition sexuelle. « Elles ont préparé soigneusement cet acte provocateur puisque les slogans étaient peints sur leur corps ».

Le tribunal a renvoyé tout le monde dos à dos et ordonné un supplément d’information. Le procès aura lieu finalement le 19 février prochain.

Mais personne n’est dupe. « nous sommes ici pour blasphème, a déclaré à la sortie l’ukrainienne, Inna Shevchenko, les Femen ne s’excuseront pas, ne regretteront pas ».

On le sentait bien : la justice n’a pas du tout envie de trancher la difficile question de la liberté religieuse face à la liberté d’expression. Elle préfère s’intéresser aux égratignures de Marcel face à celles des militantes féministes…

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