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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 22:33

La douzième audience du procès Clearstream devait permettre à ceux dont les noms avaient été ajoutés aux listings de dire en quoi leur honneur et leur activité professionnelle avait été mis à mal par ce soupçon de corruption. Mais dans  un dossier comme celui-ci, il suffit parfois de déplacer le faisceau de la lampe pour le voir sous un tout autre jour. C’est à cet exercice que c’est livré Maître Mignard qui défendait cet après midi deux parties civiles, le magistrat Gilbert Flam et le journaliste Edwy Plenel.

 Il a rappelé le devoir qui découle de l’article 40 du code de procédure pénale : «  toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la république ».Selon cette règle les ministres qui ont eu connaissance de la falsification des  listings sont collectivement responsables. « C’est une faute collective de l’exécutif divisé, harcelé, paralysé par des querelles internes à l’approche de l’élection présidentielle. Plutôt que le jeu de la vérité, ils ont joué le jeu des rivalités » a martelé l’avocat. Selon lui, l’infraction aurait pu être arrêtée par Dominique de Villepin mais aussi par Philippe Marchand, le directeur de cabinet du ministre de la Défense, par Michèle Alliot Marie, par Jean Pierre Raffarin,par  Dominique Perben ou par Nicolas Sarkozy.

 Revenant sur le rôle de celui qui était ministre de l’économie en juillet 2004, Maître Mignard a souligné « que Nicolas Sarkozy savait mieux que quiconque qu’il s’agissait d’une dénonciation calomnieuse puisqu’il en était lui-même victime. Il devait réagir. Mettre en œuvre l’article 40. Il ne l’a pas fait. Il a choisi d’être victime ».

Et d’ajouter : « Monsieur de Villepin sert de bouc émissaire. On préfère l’arbre, fut-il grand, à la forêt ! »

Et puis l’avocat engagé, ancien soutien de Ségolène Royal, a fait une sorte de leçon de choses sur la nécessaire indépendance du parquet. « Si nous avions un parquet indépendant nous n’en serions pas là ! » faisant allusion à la volonté du Parquet dans un premier temps de délivrer un non-lieu à Dominique de Villepin. Mais Jean-Claude Marin, le Procureur de Paris n’était pas présent pour entendre la charge de l’avocat : il était peut-être en train de préparer le réquisitoire qu’il prononcera mardi prochain.

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 12:31

La dénonciation calomnieuse a ceci de particulier : elle créé un halo de suspicion autour d’une personne ou d’une institution.

 Hier, ouvrant la séquence plaidoiries des parties civiles, les deux avocats de la société Clearstream ont démontré comment l’appât du gain (Florian Bourges) et l’obsession malfaisante (Denis Robert) ont entraîné la perte d’image et de considération pour la société Clearstream dans le monde de la finance. Le plus interessant était dans la dénonciation de la méthode : Maître Christophe Belloc a exhumé des mails écrits par Florian Bourges à Denis Robert en décembre 2001 : « je ne crois pas possible aujourd’hui qu’il existe un système dans le système. Nous avons fait trop de vérifications, nous aurions trouvé… » Malgré cela Florian Bourges va communiquer ses fichiers à Imad Lahoud qui les lui demande sous couvert de la lutte antiterroriste. Ce sont bien ses listings qui seront retrouvés falsifiés chez le juge Van Ruymbeke. Quant à Denis Robert la démonstration sera implacable sur le journaliste qui sort totalement de son rôle pour endosser celui de justicier, y compris en fournissant des documents aux services secrets. Ce que Maître Malka résumera d’une formule : « le terreau de cette affaire, il est là depuis 2001 et on l’a longuement fertilisé par cinq livres, un film, des expositions de peintures, des cuvées de vin et des campagnes de soutien » toutjours a propos de Denis Robert.

Mais pour les personnes, comme l’a rappelé Philippe Delmas, la dénonciation calomnieuse est un marqueur indélébile. Elle a brisé sa carrière et son avocat a réclamé 920.000 euros , une somme qui correspond à la différence entre ce que Philippe Delmas gagne aujourd’hui et ce qu’il aurait gagné en restant au sein d’EADS.

 Même sentiment pour l’ancien chef de la brigade financière Pierre Martinez. Son avocat Maître Dupeux a démontré comment le nom de Pierre Martinez s’était retrouvé dans les listings parce que son client avait eu un différent avec JL Gergorin. Dés lors son nom apparaissant suspect, il n’avait plus retrouvé de situation. Il a demandé 100.000 euros de préjudice.

Et puis l’ancien conseiller du président d’EADS, Alain de Wulf  a lui aussi souffert directement de cette affaire : son avocat François Meyer a souligné ce matin qu’Alain de Wulf a été mis à la porte d’un monde qu’il aimait et qu’il connaissait bien. Il avait eu le malheur d’être l’ancien directeur général d’une banque luxembourgeoise… et donc d’être soupçonné d’avoir participé à des opérations de blanchiment.

Des victimes qui disent avoir été marquées au fer rouge et qui démontrent comment la rumeur et la calomnie suffisent pour faire du mal.

 

 

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 23:33

C’était la dixième audience et la dernière consacrée aux débats proprement dits. Dominique de Villepin a clos ce cycle comme il l'avait commencé: par une longue intervention. Depuis le début de l’après-midi, Maître Metzner, son avocat avait fait savoir auprès des journalistes que l’ex-premier ministre allait une dernière fois s’expliquer.C'était donc murement réfléchi. Et Dominique de Villepin l’a fait assez calmement, sur un ton moins véhément que les fois précédentes.

« De quoi m’accuse-t-on exactement ? a-t-il lancé "D’être à l’origine d’une dénonciation calomnieuse ou d’être un complice passif par abstention ? Le 9 janvier 2004, ce n’était pas une réunion de comploteurs, les noms de Nagy et Bocsa n’ont pas été évoqué. Le 25 mars, je ne suis pas intervenu en faveur d’une source que je ne connaissais pas. En avril, je n’ai donné aucune instruction à Jean-Louis Gergorin, sinon je me serai préoccupé des moyens et du suivi de la dite instruction. Je n’ai ensuite jamais rencontré Jean Louis Gergorin sur l’affaire Clearstream, pas de rencontre dans mon bureau, pas de visites via des procédures spéciales. Et puis, comment peut-on croire que je connaissais la fausseté des listings ? On croit toujours le général Rondot surtout quand il m’accuse et on ne croit jamais Jean Louis Gergorin sauf quand il m’accuse. Lorsque le général Rondot est venu me voir (en juillet) je lui ai dit de tout transmettre à la DST et c’est lui qui a décidé de retenir certaines informations, c’est son choix. J’ai toujours fait ce que je croyais devoir faire ».

Et puis Dominique de Villepin s’adresse au procureur de Paris. En fait la chaise de M. Marin est vide. C’est le jeune procureur Romain Victor qui lui fait face : « je pense que le ministère public va devoir requérir ma condamnation. Je sais aussi que le procureur au fond de lui ne pense pas que j’ai une quelconque responsabilité dans cette affaire. Il faut un bouc émissaire. Mais je ne suis pas un pigeon. C’est le cœur léger que je dis au ministère public de requérir ! »

Enfin la dernière partie de son intervention se veut plus politique. Il commence par lâcher qu’il se sent victime d’une « inégalité ministérielle ». Et il explique que sa rivalité avec Nicolas Sarkozy lui a valu cette comparution devant le tribunal correctionnel alors que Michèle Alliot Marie, qui en savait autant en tant que ministre de la Défense, est elle, aujourd’hui, Garde des Sceaux : « j’ai fait ce qui était mon devoir de ministre, j’ai informé le président de la République, j’ai fait en sorte que toutes les règles soient respectées »

A plusieurs reprises, les défenseurs de Dominique de Villepin ont en effet souligné que Michèle Alliot Marie et son directeur Philippe Marland avaient été informés par le général Rondot des développements de l’affaire et que le ministère de la Défense n’avait pas non plus fait circuler l’information.
L'ex-premier ministre ira ensuite devant les cameras qui l'attendent à la sortie du tribuanl répéter son plaidoyer.

Un dernier round qui a été accueilli avec Maître Thierry Herzog avec des sarcasmes : « Dominique de Ville pin est un jeune avocat talentueux..  » a-t-il dit avant de tourner les talons rapidement.


En début d’après midi le patron des RG Yves Bertrand était venu livrer son témoignage sur cette affaire qu’il a qualifié « de bric et de broc » « On se croirait dans un épisode de Louis la brocante !». L’accent chantant est toujours là, l’homme au cheveux blancs est obligé de déposer assis, certificat médical à l’appui. Lui qui a  tout connu des arcanes de la politique française (12 ans à la tête des RG) sait aussi que les relations des services de renseignements avec les politiques sont difficiles « J’avais de bons rapports avec Monsieur Sarkozy jusqu’à ce que ce dernier considère que je formais avec Philippe Massoni (l'ex-préfet de Paris) un axe pour comploter contre lui ! Pourtant, je ne suis ni un Sarkomaniaque ni un sarkophobe ! »

Sur le fond de l’affaire, il indique avoir eu en main fin 2003 des listings Clearstream authentiques, c'est-à-dire qui ne comportaient aucun nom de personnalités. Il n’a jamais rencontré Imad Lahoud, encore moins pour le voir falsifier en sa présence et à son bureau du ministère de l’intérieur les dit listings. Imad Lahoud avec son aplomb habituel a continué à maintenir sa version au-delà du raisonnable.

 

Quant à Jean-Louis Gergorin il a passé également un très mauvais moment. Cette fois avec son ennemi intime, Philippe Delmas. Ils travaillaient ensemble auprès de Jean-Luc Lagardére comme soutiens inconditionnels de Philippe Camus. Mais Philippe Delmas a été foudroyé professionnellement par le fait d’être mis en garde à vue par le juge Van Ruymbeke parce que son nom figurait sur les  listings ; il n’a pas eu de mots assez durs contre Jean Louis Gergorin, ses méthodes, ses manipulations, ses tentatives de déstabilisation en fonction de ses intérêts. « Il a, en imaginant de toute pièce cet immense réseau de corruption, commis vis-à-vis de moi un préjudice affectif, moral et financier » Et il a démontré en tournant le dos ostensiblement au prévenu que Les listings contiennent les noms de tous les ennemis de Jean-Louis Gergorin dont certains étaient connus d’un très petit nombre de gens ;

 

Une dernière audience plutôt riche, mais qui laisse une fois de plus un goût d’inachevé. C’est toujours parole contre parole, sans qu’aucune preuve matérielle ne vienne donner à ce dossier l’assise qu’il devrait avoir après toutes ces heures de débats.

 

 

 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 00:26

Il faisait très chaud dans la salle d’audience. Plus de six heures de débat déjà quand la colère de Dominique de Villepin  éclate.

 Il est question pour la énième fois de la réunion du 9 janvier 2004. C’est le point de départ de l’affaire Clearstream. Elle se passe au Quai d’Orsay et réunit le ministre, Jean Louis Gergorin et le général Rondot. Dominique de Villepin demande à l’homme des services secrets officiellement rattaché au ministère de la Défense, d’enquêter sur l’existence et la pertinence des listings issus de la chambre de compensation Clearstream. Le Général Rondot a noté d’abord rapidement sur des fiches bristol puis au propre sur des notes reprenant explicitement ce qu’il avait vu et entendu. Et il a confirmé plusieurs points embarrassants pour Dominique de Villepin : le ministre des Affaires Etrangères a fait état d’une instruction du président de la république, les investigations devaient être menées dans le plus grand secret et enfin et surtout  le patronyme de Nicolas Sarkozy  a été évoqué clairement.

Sur une question du procureur, Dominique de Villepin se lève, attrape le micro et d’une voix blanche assène : « Je n’ai pas demandé au général Rondot de venir avec ses fiches et ses petits crayons pour devenir le scribe d’un ministre qui complote. Si j’avais voulu régler des comptes avec Nicolas Sarkozy, ce que je n’ai jamais fait, pourquoi ne pas s’intéresser à Claude Géant ou Brice Hortefeux qui alimentent les soupçons sur les grands contrats financiers ? Toute l’histoire de ma relation avec Nicolas Sarkozy montre que non seulement je n’ai pas voulu régler des comptes mais que j’ai fait abstraction des coups qui m’étaient portés.

 

Et Dominique de Villepin poursuit : « Le 9 janvier 2004 nous n’avons jamais évoqué Nicolas Sarkozy en lien avec des comptes bancaires cachés ! On ne demande pas au Général Rondot puis plus tard à un service comme la DST de faire une enquête si on veut comploter ! Une dénonciation calomnieuse a ceci de particulier, en matière politique, qu’elle signe la mort de celui qui en est à l’origine ; Il faudrait n’avoir aucun sens de sa propre survie politique, aucun sens de son honneur pour agir ainsi. Je le dis : il y a ici quelque chose de scandaleux !

 

Ce « coup de gueule » est venu après l’examen d’un épisode peu glorieux mais embarrassant pour Dominique de Villepin. En effet le 25 mars 2004 l’informaticien Imad Lahoud est placé en garde à vue pour une histoire de faux et d’escroquerie. Le commissaire découvre dans la poche d’Imad Lahoud une lettre écrite par Jean Louis Gergorin qui place son protégé sous la protection du général Rondot. Or, l’informaticien est relâché le soir même et on a retrouvé trace d’un appel téléphonique ce fameux 25 mars entre Dominique de Villepin et le général Rondot. A la barre le général a confirmé que le but de l’appel était bien de faire libérer l’informaticien. C’est un point crucial. Car si Dominique de Villepin est intervenu, c’est qu’il sait qui est la source, qu’il veut la protéger et donc qu’il a une part de responsabilité dans la manipulation.

 

En tant qu’observateur on ne peut que constater une fois de plus que c’est parole contre parole. Mais on pressent aussi que devant ce tribunal la déposition d’un général sous serment a plus de poids que celle d’un brillant ex-premier ministre. Peut-on parler pour autant de " preuve" au sens judiciaire du terme ?

 C’est la fin de l’audience, un orage terrible est venu rafraîchir l’atmosphère. Juste à temps.

 

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 23:16

Sa colère éclate à la sortie du tribunal. Maître Herzog n’assistera pas à la fin des questions posées à Pierre de Bousquet de Florian : il en assez entendu. « Vous venez d’entendre un grand serviteur de l’Etat mentir sous serment » fulmine-t-il. Et vous avez vu sa tête quand j’ai parlé des post-it ! Quand il y a eu une perquisition, on a retrouvé des petites notes du 5 juillet puis du 7 juillet qui prouvent qu’il connaissait l’affaire et son potentiel explosif bien avant la sortie de l’article du Point ! ».

Retour en arrière. Pierre Bousquet de Florian est aujourd’hui préfet du Pas de Calais. C’est lui qui vient de superviser le démantèlement de la « jungle », refuge des afghans en quête de passage vers l’Angleterre. A l’époque de l’affaire Clearstream, il est le directeur de la DST. Il a la réputation d'être un énarque proche de Jacques Chirac.
Pourtant il affirme qu’il n’a connu l’existence des listings que quelques jours avant la sortie de l’article du point en juillet 2004. « Le 10 juillet je récupère une liste sur laquelle il n’y a pas Hortefeux mais il y Squarcini, Martini , plusieurs personnalités politiques et les ennemis de Jean-Louis Gergorin dans le monde de l’aéronautique et la défense. Dominique de Villepin me dit : Regarde ce qu’il y a derrière »
 Et l’ancien directeur de la DST précise que sa mission était « imprécise ». Il relate un bref contact avec le général Rondot qui lui lâche un « c’est bidon », sans plus. Mais à la mi-septembre par une de ses sources il récupère un document présenté comme de la main de Jean-Louis Gergorin avec les noms et numéros de compte de quatre ou cinq noms qui se trouveront sur l'une des listes envoyées au juge. Nous sommes le 17 ou 18 septembre . Le 22 septembre il en parle à Dominique de Villepin, lui montre la note de Gergorin. Dominique de Villepin écoute ce compte rendu et lui dit qu’il va avertir Arnaud Lagardére du problème posé par l’attitude de Jean Louis Gergorin.

« A la mi-octobre dit- il je reçois un coup de fil de Nicolas Sarkozy, qui est à ce moment là ministre de l’économie. Cela se passe mal » Très en colère Nicolas Sarkozy l’accuse en effet de lui avoir caché le rapport de la DST sur cette affaire. « Ce rapport m’innocente, dit en substance Nicolas Sarkozy, et vous laissez prospérer l’affaire. » Et aujourd’hui à l’audience Pierre Bousquet de Florian a minoré l’importance des investigations qu’il a fait réaliser par ses services. Il précise même qu’il n’y a jamais eu ni filature, ni écoute téléphonique au cours de la recherche d’informations comme cela se passe quand une affaire est prise au sérieux. Il indique qu’il n’a pas davantage encouragé le dévoilement de ses investigations à la justice puisque le juge Van Ruymbeke avait déjà reçu les listings et menait sa propre enquête.

 Lorsque l’avocat de Nicolas Sarkozy entame son tour de questionnement, l’homme de la DST sait qu’il va passer un mauvais moment.

 Questions de Maitre Herzog : la DST a- t-elle oui ou non fait un rapport sur les listings ? Où sont les notes produites sur ce sujet ? Pourquoi la plus part d’entre elles se sont-elles égarées ou ont-elles été classifiées secret défense ? Et puis une question plus embarrassante : avez-vous le souvenir d’une conversation le 25 mars 2004 (jour ou Imad Lahoud est interpellé dans une affaire d’escroquerie avant d’être relâché sur intervention)? Et les post-it retrouvés chez Dominique de Villepin, qui parlent des répercussions de l’affaire, cela vous dit quelquechose ?

Sous le feu roulant des questions, l’ex patron des services secrets s’énerve : « Je ne peux accepter le procès en loyauté qu’on me fait. J’ai servi Monsieur Sarkozy au ministère de l’intérieur pendant trois ans sans problème » Mais Maître Herzog considère l’homme qu’il a en face de lui comme un traître. Selon lui, l'ancien patron de la DST fait partie de la conspiration organisée par Dominique de Villepin.
L’affaire est entendue, le président du Tribunal se fait communiquer la cote du dossier sous laquelle sont enregistrés les "post-it".

 L’orage a été bref. L’heure est tardive. Maître Herzog quitte le palais de justice laissant derrière lui comme une odeur de poudre. 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 00:04

« Je n’ai pas un Q.I. de pétoncle » ! Derrière ce cri du cœur du Général Rondot on sent tout ce que cet homme a subi avant de venir témoigner à la barre du tribunal correctionnel. Il raconte les trois perquisitions qui ont eu lieu à son domicile de Meudon, dans la Nièvre et dans sa maison de campagne ; et les policiers qui ont saisi ses précieux carnets de notes, fidèles alliées de sa mémoire. Le tout Paris médiatique et les meilleurs avocats de Paris sont là prêts à lui mordre les mollets. Une situation qui reflète le peu de considération qu’un général inspire à la société civile. On se moque un peu : pensez- vous, il a pour assistante sa propre nièce ! et il s’explique : mais non ce n’est pas par favoritisme , elle a passé les concours pour entrer à la DGSE.

Donc avant même d’avoir donné sa version, l’ancien Conseiller pour le Renseignement et les opérations spéciales était sur la défensive : « En France les militaires ne jouissent pas d’une réputation extraordinaire . Je suis un officier de renseignement au service de l’Etat. J’ai toujours été persuadé que cette enquête avait été commandée par le chef de l’Etat, sinon je ne l’aurait pas faite »
 A partir de cette phrase l’atmosphère change. On entre dans le noyau dur de la manipulation : Le général Rondot décrit pour le tribunal la première rencontre avec Dominique de Villepin le 9 janvier 2004. On est dans le beau bureau du patron du Quai d’Orsay. Jean Louis Gergorin vient d’avoir via une « source » accès à des comptes bancaires secrets au Luxembourg. Est évoqué un compte couplé attribué à Stéphane Bocsa et Paul de Nagy (c’est le patronyme complet de Nicolas Sarkozy). Et on lui demande d’enquêter sur cette affaire dans le plus grand secret. Le général sanglé dans son costume gris, la coupe courte laissant à nu un grand front défend alors chaque détail rapporté. Il explique qu’il tient depuis toujours un journal de marche, une habitude qui lui vient de son père. Ensuite il met au propre sur des fiches bristol le déroulement des faits en y ajoutant ses impressions. Jamais il n’a réécrit ces fiches. Sa parole a du poids.

Passons ensuite sur l’histoire de la garde à vue d’imad Lahoud qui prend fin miraculeusement (ou pas) pour arriver  à la note du 19 juillet. Depuis avril, le général Rondot a des soupçons sur Imad Lahoud. Il n’est pas loin de penser qu’il est « bidon ». Mais c’est un homme qui n’aime pas l’a peu près et il demande à ses collègues suisses si les comptes mentionnés comme bénéficiaires d’opérations Clearstream existent. Il se rend à Genève pour s’entendre dire que ces comptes n’existent pas. C’est donc le 19 juillet qu’il rend son verdict devant D. de Villepin lors d’un deuxième et dernier entretien. Ce jour là, celui qui est alors ministre de l’intérieur, a visiblement du mal à accepter que les listings soient des faux grossiers. Il aurait bien dit ce jour là selon le général Rondot qui raconte à la barre sous serment : « si nous apparaissons le PR (Jacques Chirac)et moi, nous sautons » Il décrit un Dominique de Villepin inquiet d’être rattrapé par un complot dont il semble tirer les ficelles…Dur pour la défense de l'ex-premier ministre.

Au fond, de cette longue audition on retiendra que ce général archi rompu au renseignement s’est fait balader par Imad Lahoud parce qu’il voulait croire qu’il détenait à travers lui un fil vers le financement du terrorisme et le Liban et par Jean Louis Gergorin parce qu’il est un as des analyses géo-tratégiques ; Les politiques ne sont pas dans sa ligne de mire. Il s’en méfie mais connaît son patron : le président de la République, chef des armées. Et en l’occurrence, Dominique de Villepin était ou s’est fait passer pour l’émanation du chef suprême. Voila comment l’as des as a été abattu en plein vol : il l’a dit en tout début d’audience : il est un officier de marine retraité  mais qui peut encore à tout moment être appelé au service actif. Il y avait comme un brin de nostalgie dans sa voix. 

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 09:01

L’affiche était prometteuse et le Tout Paris journalistique se pressait aux barrières qui ceinturent la 11éme chambre correctionnelle. JP Elkabbach, Philippe Labro, JM Apathie tentaient de se frayer un passage : les places étaient rares. Enfin était venu le jour où l’ex premier ministre allait affronter ses juges. Et d’ailleurs en lever de rideau, Dominique de Villepin entre par une porte réservée habituellement aux magistrats et s’adresse à la presse, un brin grandiloquent : je suis heureux de pouvoir enfin dire ma vérité dit il en substance.
 Et de fait, il livre à la barre une toute autre version que celle qui ressort du dossier de l’instruction. Il pilonne toute la construction des juges d’instruction. Il raconte la réunion du Quai d’Orsay (9 janvier 2004) avec JL Gergorin et le général Rondot comme une réunion d'information . Il n’a jamais eu connaissance de la note rédigée par Gergorin sur Clearstream et surtout indique que les trois hommes ne parlent pas du tout d’un compte attribué à l’actuel chef de l’Etat : « A aucun moment le nom de Sarkozy ou de ses patronymes n’a été évoqué au cours de cette réunion en liaison avec cette affaire de réseaux occultes ».Le général Rondot selon son récit explique l’importance de ce système, dit que c’est quelque chose d’important et qu’il souhaite poursuivre sa mission : « Je l’ai encouragé et j’ai inscrit cette demande dans le cadre des instructions générales du président de la République sur la moralisation de la vie politique internalionale. La France avait signé les accords de Stockholm ». Et ajoute Dominique de Villepin, "je n’ai pas revu le général Rondot avant le mois de juillet. Tout juste avons-nous eu un contact téléphonique en avril. Il faut remettre cette affaire dans le contexte sensible de l’époque : nous étions dans un état de tension vis-à-vis du monde anglo-saxon à cause de nos positions sur l’Irak. On avait raison de se méfier. Quelques semaines plus tard on a vu des listes de noms circuler. C’était le début de l’affaire dite « Pétrole contre nourriture » à partir de Bagdad ».

Puis Dominique de Villepin va enfoncer le clou . Au fil de l'après midi il égrène:"je n’ai jamais vu les listings, je n’ai jamais rencontré secrètement J.L. Gergorin, il n’y a jamais eu d’instruction présidentielle dans ce dossier, je n’ai jamais dit à qui que ce soit d’envoyer ces listings à un juge, je ne suis jamais intervenu pour faire libérer Imad Lahoud, les notes du général Rondot sont peut être une feuille de marche pour lui mais en aucun cas des verbatim de ce qu’il s’est dit…" Bref, Dominique de Villepin d’une voix calme et assurée a littéralement pilonné le dossier. Il avait manifestement soigneusement préparé son intervention.

Il s’est même en fin d’après midi payé le luxe d’enfoncer le représentant de Nicolas Sarkozy en la personne de son avocat, Maître Herzog qui le poussait dans ses retranchements sur un certain nombre de « coïncidences » étranges dans le dossier. La réplique cinglante est venue sans tarder : « votre tentative a quelque chose de désespéré ! J’ai été accusé de tout dans cette affaire. On peut poursuivre la calomnie et la rumeur. Elle chemine et continue ici devant ce tribunal et cela je ne peux pas l’admettre. Vous n’arriverez pas à impliquer le ministre que j’ai été pour des actions que je n’ai pas commises ». Il évoque alors le doigt pointé contre lui de Nicolas Sarkozy, sa physionomie qui change quand surgit l’affaire Clearstream, son acharnement à le détruire parce qu’il est un adversaire politique, les menaces sur les hauts fonctionnaires, le harcèlement de la Chancellerie… Il est 20H, Dominique de Villepin dit enfin sa vérité : il n’est pas « le » coupable, il est « la » victime de l’affaire Clearstream.

Une posture qu’il a parfaitement défendue en démontrant dans les moindres détails la fausseté ou la partialité des accusations.
Tout reposerait donc sur Imad Lahoud et JL Gergorin sous la bénédiction du général Rondot. Ah le Général Rondot, l’as des services secrets ! Comme on a envie de l’entendre ! Mais il faudra attendre lundi la suite du feuilleton ...

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 23:05

Cette cinquième journée d’audience serait consacrée à la « dénonciation ». Ainsi en avait décidé le président dans un plan un peu alambiqué puisque entre la fabrication des faux et la dénonciation, il s’est passé beaucoup d’évènements qui n'ont pas été abordés.

Mais avant de décrypter cette partie du dossier, il faut terminer l’audition des parties civiles qui n’avaient pu être entendues la veille. Dominique Baudis, qui en a vu d’autres puisqu’il a été accusé de meurtres d’enfants, de tortures, de viols à Toulouse vient dire son dégoût devant cette forme de calomnie. Puis un magistrat, Gilbert Flam, clame son indignation de se voir son nom figurer dans ce qu'il appelle "l’annuaire de la corruption ". A ce moment, sur une question du président du tribunal, Dominique Pauthe, Dominique de Villepin se déplie : « je n’ai jamais eu connaissance de ces listings, je ne les ai jamais eu entre les mains »Silence ; il se rassoit.

Il n’en dira pas plus, laissant Imad Lahoud, «  l’informaticien de génie » et jean Louis Gergorin, l’ancien numéro trois d’EADS se déchirer. C’est en fait Jean Louis Gergorin qui a été mis sur le grill durant les trois quart de l’après midi. Le tribunal a voulu connaître les motifs des dénonciations contenues dans les lettres envoyés par JL.Gergorin au juge Renaud Van Ruymbeke. Chaque envoi était accompagné d’une lettre de dénonciation : tout y est passé : la maffia russe, les narco trafiquants, les ennemis du clan Lagardére au sein d’EADS. D’ailleurs, le président du tribunal rappelle le témoignage de Philippe Camus : "lorsque était évoqué telle ou telle menace pour l'entreprise ,on finissait par dire « c’est une Gergorinade ! ». Et l’homme tout polytechnicien et énarque qu’il est, assume : il croyait dur comme fer à la véracité des listings, à l’existence d’un réseau de paiement de commissions occultes et de corruption. Il refuse la dénomination de corbeau : si il a avancé masqué en rencontrant en pleine nuit le juge Van Ruymeke chez son avocat, c’est pour des raisons de sécurité. Il y a déjà eu des morts suspectes liées à la vente des frégates...
 Tout cela est dans le dossier d’instruction, rien de nouveau ne semble surgir de cette audience. Surtout qu’Imad Lahoud continue sa stratégie de la modestie: c'était un employé qui obéissait au chef et il ne connaissait pas le nom des personnes ajoutées sur les listings.
Les deux procureurs attendaient le moment pour attaquer. Ils concentrent leurs flèches sur JL Gergorin : Vous êtes bien polytechnicien ? Énarque ? ancien supérieur hiérarchique du Général Rondot ?ancien numéro 3 d’EADS ? Alors comment ne saviez vous pas ce qu’est une chambre de compensation ? « À l’époque répond Jean Louis Gergorin en haussant les épaules, je ne savais pas, j’ai pris comme argent comptant les synthèses d’Imad Lahoud » Et le procureur général va pilonner la soi-disant ignorance ou naïveté de JL Gergorin dans l’espoir de lui voir reconnaître sa part de responsabilité. Peine perdue. L’homme continue à se décrire comme un chevalier blanc, préoccupé uniquement par la défense de son entreprise et attentif à déjouer les complots et les comploteurs. Malgré sa démarche de dénonciation il se décrit toujours dans une posture défensive. Et ce que l’on perçoit du flot de paroles sous lequel il a noyé le tribunal c’est sa passion pour son milieu de l’aéronautique et de la Défense. Très loin du microcosme politique.

A la sortie de l’audience, je suis allée voir Florian Bourges,le jeune auditeur qui est à l’origine de l’affaire puisque c’est lui qui a copié les listings de Clearstream. Et je lui ai posé la question : est ce qu’il était si facile de voir que les listings avaient été falsifiés ? Il m’a répondu : « Non, ce n’était pas du tout évident au début. Ce n’est qu’au quatrième envoi reçu par le juge que j’ai vraiment compris qu’il s’agissait de faux ».

 Résumons : Lahoud, le faussaire et Gergorin l‘obsédé des complots ne peuvent pas forger à eux deux ce qu’on sait aujourd’hui de l’affaire Clearstream. Il faut beaucoup plus : une allumette et des courants d’air pour souffler sur l’incendie…  

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:17

Une journée étrangement calme au palais de justice. Le matin des huissiers s’étaient présentés à l’Elysée pour remettre à Nicolas Sarkozy l’assignation rédigée par les avocats de Dominique de Villepin. Suite logique de l’incident de mercredi dernier lorsque le chef de l’état, interrogé durant le journal de 20H, avait évoqué les coupables et non les prévenus renvoyés devant le tribunal correctionnel. Cet acte judiciaire est sans conséquence directe puisque le chef de l’état ne peut être poursuivi dans l’exercice de ses fonctions. Mais ce rendez vous judiciaire aura lieu un jour.

De toute façon, Maître Metzner, l’avocat de Dominique de Villepin y voit surtout l’occasion de porter l’affaire devant la Cour Européenne des droits de l’homme pour rupture du procès équitable. Il le dit à qui veut l’entendre dans la salle des pas perdus.

Dans la salle c’est la première fois depuis le début du procès que l’on peut s’asseoir normalement sans se sentir enfermer dans une boite à sardines. Les parties civiles sont entendues. La question posée par le président était : quand est ce que vous avez appris que vous étiez sur la liste et comment expliquez vous votre présence.
Premier à se dévouer : Alain Gomez, l’ancien PDG de Thomson. Il a appris qu’il était l’heureux possesseur d’un compte Clearstream par la presse et il y voit clairement la patte de Jean Louis Gergorin. « Le personnage a pris à titre passionnel la gestion d’un conflit industriel banal. Il avait des bouffées de haine à mon égard. Il y a une signature, celle de Gergorin qu’on retrouve dans toute cette histoire » Deuxième témoignage musclé : Edwy Plenel. A l’époque le journaliste dirigeait la rédaction du journal Le Monde : « Je sais ce qu’est un cabinet noir. J’ai souffert personnellement de celui qui existait sous François Mitterrand. Jamais l’action de Dominique de Villepin n'a relèvé d’un cabinet noir. On était des adversaires à l’époque notamment à cause de la cassette Méry. On se combattait à la loyale. Il me parait clair que D. de Villepin n’est ni l’organisateur, ni le commanditaire de la calomnie dont j’ai  été l’objet ». Et puis encore ce troisième témoignage, celui de l’avocat fiscaliste Alain Guilloux. »Pour moi cette liste est composée de trois paquets : le premier est celui des hommes politiques, le second celui des industriels et le dernier est un groupe sans dénominateur commun. Pourtant a y regarder de près on voit des noms connus dans d’autres affaires ( l’Angolagate) qui semblent avoir été rajoutés par les Renseignements généraux. »Vient enfin Pierre Pasqua, un peu pathétique qui dira « c’est mon père qui était visé à travers moi ».Moins d’une dizaine de parties civiles ont souhaité s’exprimer sur les 39 enregistrées, c’est peu.

Le président a levé la séance vers 17.30. Le soleil était encore haut et chaud. Et le tribunal correctionnel terminait son audience dans une atmosphère tranquille qui tranchait avec les jours précédents. Sans doute la pression était-elle montée trop haut.

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:17

Tous ceux qui suivent le procès Clearstream attendent l’interrogatoire de Dominique de

Villepin mercredi.
Petit retour en arrière: l
e tribunal a choisi de procéder par ordre chronologique : il a examiné la semaine dernière qui a extrait les listings et comment (Florian Bourges), à qui ont été remis les listings (Denis Robert) et qui a fabriqué le faux (Imad Lahoud) sur instruction de qui (Jean Louis Gergorin?). Voila pour l’examen de ce qui a amené l'existence des faux listings de la banque Clearstream; et cette semaine on passe si je puis dire à la vitesse supérieure avec l’examen des éléments constitutifs de la dénonciation calomnieuse.

 Voila pourquoi le tribunal va entendre certaines parties civiles dont les patrons des grands groupes d’armement et d’aéronautique couchés sur les faux listings. On va sans doute retrouver là des éléments de fonctionnement attribués à Jean- Louis Gergorin qui avait à l’époque parait-il l’obsession du complot contre l’entreprise EADS. Et bien sur peut-être dès mardi la réaction de Dominique de Villepin qui agissait alors comme ministre des affaires étrangères.

Et puis on va peut avoir à aborder certains éléments lancés par un camp pour déstabiliser l’autre. En effet, Imad Lahoud sur une question de Maitre Thierry Herzog a lâché du bout des lèvres que oui, finalement il avait rencontré Dominique de Villepin ce qu’il avait toujours nié à l’instruction.. Et  il l’aurait rencontré par l’intermédiaire de Michel et Delphine Piloquet. Or Mme Piloquet est la belle sœur de Dominique de Villepin et les deux couples sont voisins et amis des Lahoud. "Une rencontre ? Jamais vu  monsieur Lahoud a répliqué Dominique de Villepin mercredi soir.Ce point sera sans doute vérifié par le tribunal.

En replique, la défense de Dominique de Villepin a produit à l’audience des documents montrant qu’entre février 2004 et juillet 2005 Imad Lahoud a vu 15 fois François Pérol, le directeur adjoint de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’économie. Le soupçon de double de jeu est lancé. Va –t-il prospérer ? Difficile de dire tant Imad Lahoud en changeant constamment de version a perdu de crédibilité. Mais devant la violence de l’affrontement entre D. de Villepin et Nicolas Sarkozy dans cette affaire, on peut s’attendre à tout.    

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