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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 16:59

Il ne devrait pas être possible de clore un dossier de cette nature sans que tous les éléments aient pu être débattus publiquement et contradictoirement.

Cinq ans et demi après le drame (27 octobre 2005), la cour d’appel de Paris vient de prononcer un non-lieu en faveur des deux policiers qui poursuivaient Zyad et Bouna. On sait que les deux adolescents, pour échapper à la force publique, ont enjambé le grillage du site d’EDF et se sont dirigés vers le transformateur. La question était posée : ces policiers sont-ils coupables de non-assistance à personne en danger ? Les juges d’instruction avaient estimé que leur responsabilité était en cause ; le parquet de Bobigny au contraire a considéré que les policiers avaient perdu la trace des deux jeunes fuyards (en réalité ils étaient trois, mais le troisième jeune s’en est sorti). Des positions diamétralement opposées.

Dans le secret du délibéré, les juges de la cour d’appel ont donc considéré que les forces de l’ordre n’avaient pas eu connaissance du danger que couraient les jeunes en s’introduisant dans le transformateur ; mais quel est le cheminement de leur raisonnement, quels sont les arguments factuels qui les ont convaincus ?

Le maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, a aussitôt réagi : « Dès le premier jour, j’ai réclamé une enquête indépendante puis un débat contradictoire. Il n’aura pas lieu et je le regrette même pour les policiers ». Dans sa commune chacun a en mémoire les nuits de violence qui ont embrasé les cités notamment en Seine Saint-Denis après le décès des deux jeunes gens. Les fauteurs de troubles ont été jugés et condamnés. Pourquoi est-ce que les policiers donnent-ils l’impression qu’ils sont au-dessus des lois ?

 

L’avocat des familles, Me Jean-Pierre Mignard, a annoncé qu’il allait déposer une citation directe pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui devant le TGI de Bobigny. Les familles veulent entendre la quinzaine de policiers en charge de l’ordre publique cet après-midi-là. "Qu'est-ce qui justifie que 15 fonctionnaires de police se jettent à la poursuite d'adolescents en pleine après-midi alors qu'aucune infraction n'a été commise, les affolant, les poursuivant et les cernant à proximité d'un site mortellement dangereux?", a ajouté l'avocat.

 

La justice s’honorerait en écoutant la soif de justice d’une population qui a besoin de croire dans sa police républicaine.  Poser la question du rôle des policiers ce jour-là n’est pas forcément désigner un fautif. C’est permettre aux uns et aux autres de tourner la page avec dignité.

 

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commentaires

morob... 02/05/2011 10:50


Il est évident que les flics ont couru après ces individus pour s'amuser!!! Bref, soyons sérieux.....Pourquoi ont-ils fui? On ne s'enfui pas si on a rien à se reprocher non?? Pour moi, affaire
classée!