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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 17:36

Eric Zemmour est un chroniqueur volontiers provocateur : polémiste, il se veut le poil à gratter de la pensée unique, celui qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. A-t-il franchi la ligne jaune le 6 mars 2010 sur Canal+ et France Ô ? Telle était la question posée au tribunal correctionnel de Paris.

Dans l’émission de Thierry Ardisson « salut les terriens », Eric Zemmour avait réagi face à un interlocuteur qui se plaignait des contrôles au faciès : « Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait. » Ces propos étaient poursuivis par le MRAP, SOS racisme et la LICRA pour diffamation à caractère racial. Sur ce volet, le tribunal a relaxé Eric Zemmour, estimant que ces propos sont peut-être choquants, mais qu’ils ne sont pas diffamatoires. Autrement dit qu’ils participent à la liberté d’expression du journaliste.

En revanche, le même jour, Eric Zemmour a répondu à une question dans une émission de France Ô. Il a prétendu que "les employeurs ont le droit de refuser des arabes ou des noirs."  Pour ces propos, la justice l’a épinglé car cet homme influent a justifié une pratique discriminatoire illégale, la discrimination à l’embauche.

Par ailleurs, le tribunal a statué sur une autre plainte, cette fois engagée par l’UEJF et par J’accuse. Ces deux associations poursuivaient Eric Zemmour pour ses propos sur Canal+ cette fois pour provocation à la haine raciale. Et là, le tribunal leur a donné raison et a condamné le polémiste à 1000 euros d’amende et 750 euros à chacune des parties civiles.

Patrick Klugman, l’avocat de SOS racisme, a aussitôt exprimé sa profonde satisfaction : « Ce qu’il y a eu, c’est un rappel à la loi. Il ne pourra plus continuer à tenir des propos visant à cibler certaines populations. »

Lors du procès, Eric Zemmour avait reçu le soutien de Jean-Pierre Chevènement, d’une trentaine de députés UMP, et de celui plus encombrant d’un certain Jean-Marie Le Pen qui était encore à l’époque président du FN.

Aujourd’hui, devant la 17ème chambre correctionnelle, une quarantaine de jeunes gens ont manifesté leur mécontentement après la lecture du jugement. Ils se sont massés autour d’une banderole sur laquelle on pouvait lire « politiquement correct, vérité bâillonnée » et ont pris à partie Dominique Sopo, le président de SOS racisme.

Maître Olivier Pardo, l’avocat d’Eric Zemmour a, lui, souligné que le tribunal a voulu « ménager la chèvre et le chou », c'est-à-dire ne pas sanctionner pour diffamation mais pour provocation à la haine raciale. Il se réserve le droit de faire appel.

Ce petit épisode de la vie judiciaire fait partie des classiques où chacun joue sa partition sans qu’aucune des lignes ne bougent ; en démocratie, la notion de liberté d’expression est quelque chose de subtil et de variable. Les juges naviguent à l’instinct même s'ils se réfèrent à la loi. Car, pour le sens commun, comment comprendre que les propos d’Eric Zemmour ne sont pas diffamatoires mais qu’ils incitent à la haine raciale ? On est dans un numéro d’équilibrisme judiciaire par lequel les juges semblent dire au polémiste : attention, vous êtes un homme d’influence, vous êtes responsable de notre « bien vivre ensemble » et les mots peuvent déchirer notre fragile tissu social.

 

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commentaires

l'âne onyme 09/03/2011 13:34


La censure
Il s'est dit :"Tu laisseras courir la plume, tu commenceras comme ça par une phrase qui n'engage à rien, qui ne mène à rien c'est à dire partout.". Ce pourrait être, par exemple : "Tu laisserais
courir la plume, tu commencerais comme ça par une phrase qui n'engage à rien, qui ne mène à rien c'est à dire partout, tu pourrais même être méchant, insultant, provocateur"".
Et puis il est revenu en arrière et a effacé ce qu'il venait d'écrire. Il s'est dit qu'il valait peut-être mieux parler de la dialectique et des mathématiques modernes.
Ce qui pourrait résoudre le paradoxe d'Eric Zemmour, et bien d'autres, injection ou bijection : " Si Eric Zemmour, journaliste au Figaro dit que les vendeurs de drogue sont noirs ou (inclusif)
arabes" pensa-t-il "cela veut-il dire que pour être journaliste au Figaro il faut dire de même, ou bien que pour être vendeur de drogue il faut être noir et/ou arabe ou bien qu'Eric Zemmour est un
con ?"
"Hola, je ne l'ai pas dit", se dit-il aussitôt "je pose juste la question."
"Et hop", pensa-t-il, "je viens d'échapper à un procès en diffamation, procès qui aurait pu trainer en longueur tant il est difficile de prouver le contraire que son inverse (du contraire)".
Ce qui était complètement stupide puisque tout se passait dans ses pensées et que de toute façon il n'était qu'un personnage de récit et de ce fait ne pouvait pas être trainé devant les tribunaux,
ni ester, ni rien de ces termes juridiques.
Et que donc il devait pouvoir impunément et inopinément dire ce qu'il pensait si et seulement si :
- il était un personnage dont toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne pourrait être que fortuite...
- il faisait parler un personnage à sa place,
- il disait qu'il n'avait pas dit : exemple "je n'ai pas dit que Zemmour est un con",
- il émettait une proposition, suscitait une réflexion : exemple "Eric Zemmour serait-il un con ?"
- ou tout autre proposition, ne citant ni noirs, ni juifs, ni arabes, ni auvergnats, ni bretons, ni corses, ni angevins, ni parisiens, ni israélites, ni maghrébins, ni catholiques (pratiquants ou
pas), ni vendeurs de quatre-saisons, ni ratons-laveurs, ni protestants, ni enfants-du-bon-dieu(*), ni canards-sauvages(*).

Enfin en bref, il se dit en lui-même que l'adage bien connu "la liberté d'expression ne s'use que si l'on censure" est vraiment bien vrai et entièrement véritable.

"Et moi je crois que là, je ne me suis pas fait que des amis."

Se dit-il.

(*) ne pas confondre.


davrinche 05/03/2011 12:05


je partage les propos d'éric zemmour et ne vois rien de diffamatoire ou anti ceci ou cela. Il suffit d’être honnête et regarder la vérité en face. Que les personnes qui condamnent acceptent une
vérité et n'y voient pas systématiquement du racisme ou de la haine raciale, pour le plaisir de se sentir discriminés.


Bartoli-Labauri 21/02/2011 11:31


je soutien Éric Zemmour et n'approuve pas cette condamnation,de plus je suis un chef d'entreprises en retraite,et un chef d'entreprises est libre de choisir a l'embauche les collaborateurs qu'il
désire,une entreprises privé appartiens pas a l'état.
une pétition est lancé en France pour soutenir Éric Zemmour.
Bonne Journée a TF1