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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 23:33

C’était la dixième audience et la dernière consacrée aux débats proprement dits. Dominique de Villepin a clos ce cycle comme il l'avait commencé: par une longue intervention. Depuis le début de l’après-midi, Maître Metzner, son avocat avait fait savoir auprès des journalistes que l’ex-premier ministre allait une dernière fois s’expliquer.C'était donc murement réfléchi. Et Dominique de Villepin l’a fait assez calmement, sur un ton moins véhément que les fois précédentes.

« De quoi m’accuse-t-on exactement ? a-t-il lancé "D’être à l’origine d’une dénonciation calomnieuse ou d’être un complice passif par abstention ? Le 9 janvier 2004, ce n’était pas une réunion de comploteurs, les noms de Nagy et Bocsa n’ont pas été évoqué. Le 25 mars, je ne suis pas intervenu en faveur d’une source que je ne connaissais pas. En avril, je n’ai donné aucune instruction à Jean-Louis Gergorin, sinon je me serai préoccupé des moyens et du suivi de la dite instruction. Je n’ai ensuite jamais rencontré Jean Louis Gergorin sur l’affaire Clearstream, pas de rencontre dans mon bureau, pas de visites via des procédures spéciales. Et puis, comment peut-on croire que je connaissais la fausseté des listings ? On croit toujours le général Rondot surtout quand il m’accuse et on ne croit jamais Jean Louis Gergorin sauf quand il m’accuse. Lorsque le général Rondot est venu me voir (en juillet) je lui ai dit de tout transmettre à la DST et c’est lui qui a décidé de retenir certaines informations, c’est son choix. J’ai toujours fait ce que je croyais devoir faire ».

Et puis Dominique de Villepin s’adresse au procureur de Paris. En fait la chaise de M. Marin est vide. C’est le jeune procureur Romain Victor qui lui fait face : « je pense que le ministère public va devoir requérir ma condamnation. Je sais aussi que le procureur au fond de lui ne pense pas que j’ai une quelconque responsabilité dans cette affaire. Il faut un bouc émissaire. Mais je ne suis pas un pigeon. C’est le cœur léger que je dis au ministère public de requérir ! »

Enfin la dernière partie de son intervention se veut plus politique. Il commence par lâcher qu’il se sent victime d’une « inégalité ministérielle ». Et il explique que sa rivalité avec Nicolas Sarkozy lui a valu cette comparution devant le tribunal correctionnel alors que Michèle Alliot Marie, qui en savait autant en tant que ministre de la Défense, est elle, aujourd’hui, Garde des Sceaux : « j’ai fait ce qui était mon devoir de ministre, j’ai informé le président de la République, j’ai fait en sorte que toutes les règles soient respectées »

A plusieurs reprises, les défenseurs de Dominique de Villepin ont en effet souligné que Michèle Alliot Marie et son directeur Philippe Marland avaient été informés par le général Rondot des développements de l’affaire et que le ministère de la Défense n’avait pas non plus fait circuler l’information.
L'ex-premier ministre ira ensuite devant les cameras qui l'attendent à la sortie du tribuanl répéter son plaidoyer.

Un dernier round qui a été accueilli avec Maître Thierry Herzog avec des sarcasmes : « Dominique de Ville pin est un jeune avocat talentueux..  » a-t-il dit avant de tourner les talons rapidement.


En début d’après midi le patron des RG Yves Bertrand était venu livrer son témoignage sur cette affaire qu’il a qualifié « de bric et de broc » « On se croirait dans un épisode de Louis la brocante !». L’accent chantant est toujours là, l’homme au cheveux blancs est obligé de déposer assis, certificat médical à l’appui. Lui qui a  tout connu des arcanes de la politique française (12 ans à la tête des RG) sait aussi que les relations des services de renseignements avec les politiques sont difficiles « J’avais de bons rapports avec Monsieur Sarkozy jusqu’à ce que ce dernier considère que je formais avec Philippe Massoni (l'ex-préfet de Paris) un axe pour comploter contre lui ! Pourtant, je ne suis ni un Sarkomaniaque ni un sarkophobe ! »

Sur le fond de l’affaire, il indique avoir eu en main fin 2003 des listings Clearstream authentiques, c'est-à-dire qui ne comportaient aucun nom de personnalités. Il n’a jamais rencontré Imad Lahoud, encore moins pour le voir falsifier en sa présence et à son bureau du ministère de l’intérieur les dit listings. Imad Lahoud avec son aplomb habituel a continué à maintenir sa version au-delà du raisonnable.

 

Quant à Jean-Louis Gergorin il a passé également un très mauvais moment. Cette fois avec son ennemi intime, Philippe Delmas. Ils travaillaient ensemble auprès de Jean-Luc Lagardére comme soutiens inconditionnels de Philippe Camus. Mais Philippe Delmas a été foudroyé professionnellement par le fait d’être mis en garde à vue par le juge Van Ruymbeke parce que son nom figurait sur les  listings ; il n’a pas eu de mots assez durs contre Jean Louis Gergorin, ses méthodes, ses manipulations, ses tentatives de déstabilisation en fonction de ses intérêts. « Il a, en imaginant de toute pièce cet immense réseau de corruption, commis vis-à-vis de moi un préjudice affectif, moral et financier » Et il a démontré en tournant le dos ostensiblement au prévenu que Les listings contiennent les noms de tous les ennemis de Jean-Louis Gergorin dont certains étaient connus d’un très petit nombre de gens ;

 

Une dernière audience plutôt riche, mais qui laisse une fois de plus un goût d’inachevé. C’est toujours parole contre parole, sans qu’aucune preuve matérielle ne vienne donner à ce dossier l’assise qu’il devrait avoir après toutes ces heures de débats.

 

 

 

 

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commentaires

deguisement disco 28/01/2010 18:05


Que dire sinon qu'entre Sarkozy et Villepin, il existe l'épaisseur d'un papier de cigarette dans leur différence de voir les choses politiquement. Ce ne sont que de sourdes luttes intestines pour
avoir le pouvoir pour le pouvoir. Maintenant, dans l'optique de 2012, il sera intéressant de voir le parcours de Villepin, il ne suffit pas d'être grand, beau et intelligent pour y arriver, il faut
comprendre la France profonde, et occasionnellement, se faire élire ...
En attendant, celui qui tient les manettes, c'est Sarkozy, et ne comptez pas sur lui pour les lâcher aussi facilement.


Toulouse 13/10/2009 07:28


Bonjour,
Merci pour votre blog, mais il est écrit en caractètres trop petits, je trouve.


Laure Debreuil 13/10/2009 18:17


merci pour vos encouragements; j'ai publié le dernier avec des caractères un peu plus gros. Est-ce mieux ?