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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 16:43

Lundi prochain à 14h débute devant la cour d’assises de l’Hérault le procès de trois hommes accusés de l’assassinat de Bernadette Bissonnet. Le 11 mars 2008, cette pharmacienne de Montpellier était découverte dans sa maison, tuée de deux balles de fusil de chasse. Dans le box des accusés, Méziane Belkacem, 51 ans, employé comme laveur de carreaux de la grande maison dont le couple Bissonnet est propriétaire à Castelnau le Lez. Il est le tireur. A côté de lui prendra place son ancien patron, mari de la victime, Jean-Michel Bissonnet, 63 ans, qui aurait fourni l’arme et qui est soupçonné d'avoir commandité le crime. Enfin, le troisième homme, Amaury d’Harcourt, 85 ans, ami très ancien de Jean-Michel Bissonnet, qui aurait accepté de faire disparaître l’arme du crime en jetant le fusil de chasse dans le Lez. Le procès va durer quatre semaines, une centaine de témoins sont cités et les parties civiles seront d’un côté, les enfants de Jean-Michel Bissonnet et leur grand-père maternel, et de l’autre le frère de la victime et son épouse.

Florent Bissonnet refuse toute interview dans les médias, mais il accepte de rencontrer les journalistes qui vont couvrir le procès pour faire comprendre son point de vue. Pour lui, ce procès sera un combat pour faire reconnaître l’innocence de son père. « Mon père et ma mère se sont rencontrés en France mais tous les deux ont grandi à Oran. Ce sont des pieds noirs et cela les rapprochait. Ils ont été mariés plus de trente ans et ils formaient un couple heureux et épanoui. Ma mère avait vendu sa pharmacie pour s’occuper de nous. Cela a été dur pour elle parce que c’était un peu son bébé. Et puis, quand on a quitté la maison, c’était un peu triste pour elle.  Mon père a liquidé ses affaires à Paris pour la rejoindre et prendre sa retraite dans la grande maison qu’ils avaient achetée. Ils voulaient pouvoir accueillir une grande famille, des petits enfants. Tout ce qu’on a pu dire sur leur mésentente est faux ».

Les liens unissant son père à Amaury d’Harcourt sont décrits sans animosité. Le jeune homme (30 ans) parle d’une amitié ancienne entre son père et cet aristocrate décrit comme flambeur, séducteur et incapable de mettre un sou de côté ; un prêt de 15.000 euros avait été consenti en 2007 par son père au vicomte en raison de cette vieille amitié. Un chèque sur le compte commun, suivi d’une régularisation par le papa sur ses deniers personnels. Un nouvel appel à l’aide a-t-il été lancé par Amaury d’Harcourt ?  peut-être répond le jeune homme évasif. Il évoque aussi l’appartenance d’Amaury d’Harcourt à l’association « initiation à la vie », un groupe qui prétend soigner par des méthodes disons peu orthodoxes. « Je me rappelle qu’on en a parlé avec mon père à l’été 2006. Amaury nous en parlait. Mon père s’en moquait ».

Alors quel mobile ? Pourquoi est-ce que le jardinier, employé occasionnel, se charge de cette besogne alors qu’il aime bien madame Bissonnet ? Comment s’est-il transformé en tueur à gages, lui qui prétend que Jean-Michel Bissonnet lui avait promis 30.000 euros ?

Florent Bissonnet n’a pas de réponse ; il dit de sa vie d’avant : « je savais que j’étais heureux, mais je ne savais pas à quel point ; je revenais voir mes parents souvent et avec plaisir. S’il y avait eu des problèmes de couple, je l’aurais su. Il n’y en avait pas. Nous étions bien. Pour nous, depuis mars 2008, c’est très dur. Pour notre grand-père aussi. Notre oncle, le frère de Maman, a sa théorie. Il pense mon père coupable. Mais bon, on verra. On est content que le procès s’ouvre. On a eu le sentiment d’être mis de côté durant l’instruction ; par exemple, nous pensons avoir établi avec un expert ballistique reconnu que ma mère a été victime de trois coups de feu et non de deux. Or le fusil de chasse n’a que deux coups. Il faudrait donc savoir l’ouvrir et le recharger pour tirer un troisième coup. Meziane Belkacem n’en est pas capable seul. Il y aurait donc eu une autre personne sur la scène de crime. Cette piste n’a pas été explorée. Nous le regrettons ».

Les deux fils de Jean-Michel Bissonnet seront présents pendant toute la durée du procès à Montpellier, unis dans la conviction de l’innocence de leur père. Une innocence toujours clamée par Jean-Michel Bissonnet.

 

Pour l'accusation, il est le complice du crime d'homicide volontaire avec préméditation sur la personne de Bernadette Bissonnet, en provoquant cette action par promesses, en donnant à l'auteur les instructions pour la commettre (...), en mettant au point le scénario précis du crime, avant et après le forfait, en fournissant l'arme et les munitions, et en montrant la manipulation de l'arme.

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commentaires

emily 29/11/2013 12:03

es deux fils de Jean-Michel Bissonnet seront présents pendant toute la durée du procès à Montpellier, unis dans la conviction de l’innocence de leur père