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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 12:51

Vendredi, les juges de la Cour de justice n’ont même pas pris de gants pour faire croire à une délibération approfondie. Réunis en début de matinée, les 15 juges sont parvenus à midi à un arrêt d’une simplicité exemplaire : Charles Pasqua est déclaré non coupable dans l’affaire du casino d’Annemasse, non coupable dans l’affaire GEC Alsthom, mais coupable de complicité d’abus de biens sociaux et recel dans l’affaire de la SOFREMI avec une condamnation 1 an avec sursis. Par ailleurs les juges ont déclaré qu’il y aurait confusion de peine avec les 18 mois sursis infligés pour financement illégal de campagne électorale par la cour qui avait a jugé l’affaire d’Annemasse.

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent »  a déclaré le sénateur UMP en sortant de l’audience. Une phrase que Charles Pasqua s’applique d’abord à lui-même. Avant le réquisitoire, lr prévenu avait dévisagé ses collègues parlementaires : « Jugez en votre âme et conscience ! J’ai ma conscience pour moi. Que chacun assume ses responsabilités. Je ne regrette rien et si c’était à refaire je le referais ». Puis le réquisitoire était tombé, sévère. Quatre ans dont deux fermes, une grosse amende et l’inéligibilité ont été demandés par l’avocat général, Yves Charpenel.

 Le "verdict" montre que Charles Pasqua a bénéficié du doute instillé par ses trois avocats et par un défilé de témoins qui n’ont rien vu, rien entendu d’illégal ou de suspect dans le comportement de l’ancien ministre de l’intérieur.Le temps a limé les aspérités de la mémoire. Il ne reste qu'une version de la vérité: c’est la faute à l’entourage de Charles Pasqua, de prétendus amis qui se sont remplis les poches en se réclamant de lui.

Décidément, la Cour de Justice de la République est une instance bizare. Plus politique que judiciaire. Et qui entraine la justice dans un curieux tête à queue. Les deux relaxes prononcées par la CJR ont abouti avec les mêmes dossiers à de lourdes condamnations devant les juridictions de droit commun. Si il y a des corrupteurs désignés, il faut donc qu’il y ait un corrompu. Or les juges extra-ordinaires ont désavoué les juges ordinaires : tout naturellement  les avocats de Charles Pasqua envisagent de demander la révision de la condamnation de leur client dans l’affaire du casino d’Annemasse.

Quellesque soit les suites judiciaires, la satisfaction du sénateur UMP était manifeste. Peu après la lecture de l'arrêt , Charles Pasqua,83 ans, s’est engouffré dans un restaurant derrière le palais de justice avec la gourmandise d’un jeune homme. Un autre homme l’attendait depuis la fin de matinée, faisant les cent pas place Dauphine :  Pierre-Philippe Pasqua, le fils qui a contribué à la sulfureuse réputation du père, le talon d’Achille du vieux sénateur.

 

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