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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 14:49

Michel Mercier a dû être le premier surpris : lui, le sénateur centriste, vient d'être promu à la haute fonction de garde des Sceaux. Dans le casting du nouveau gouvernement, le président l’a nommé à ce poste parce qu’il est un centriste de toujours, un ami de longue date de François Bayrou, et parce qu’on avait besoin d’un centriste à un poste « régalien ».

Je l’avais rencontré lors de la bataille qui avait vu la victoire du socialiste Gérard Collomb sur les partis de droite à Lyon. A ce moment-là, il affrontait Charles Million dont il ne partageait pas les valeurs, et sa liste avait pris l’eau face aux coups de boutoir des ultras. Il s’était incliné et avait apporté ses voix à la liste RPR conduite par le chirurgien Jean-Michel Dubernard. Raymond Barre était venu lui apporter son soutien. Lyonnais et Chrétien. Modéré en tout, dans l’action comme dans le verbe. Peu à l’aise avec les média. Un homme d’appareil aussi, entré en politique par la porte de la ruralité : il a été maire de Bourg-de-Thizy à l’âge de trente ans. Il a été ensuite élu conseiller général, député puis sénateur du Rhône en 1995.

Au ministère de la justice, il pourra se remémorer ses études : Michel Mercier est diplômé de droit public. Il a été maître-assistant de droit à l’université de Lyon III. Pourtant sa spécialité au Sénat était les finances : il a été rapporteur spécial du budget de la décentralisation depuis 1997.

La tâche qui l’attend n’est pas mince. Cet homme discret devra à la fois affronter la grogne des magistrats et celle de l’administration pénitentiaire (premiers blocages de prison par la CGT ce matin). Poursuivre la réforme de la garde à vue et réaliser celle très controversée de la suppression des juges d’instruction. Il devra en outre surveiller les affaires sensibles (Karachi, Bettencourt, assassinat des moines de Tibérine…).

On peut regretter le départ de Michèle Alliot-Marie. Les ministres se succèdent à un rythme trop rapide pour imposer leur marque. A peine parvenue à une pleine connaissance des problèmes, des urgences, des priorités, la ministre doit faire ses cartons. Le ministère de la justice apparaît comme un portefeuille à fort enjeux politique, et non comme l'un des lieux de l’exercice stratégique de la démocratie.

 

 

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commentaires

Streit 15/11/2010 18:34


Comment font-ils tous ces ministres pour passer d'un ministère à l'autre sans compter les cumuls de mandats!