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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 19:25

Le général Rondot doit répondre maintenant aux questions sur la réunion du 9 janvier. Il est interrogé sur le cheminement de sa découverte progressive de la fausseté des listings. Au fil des questions, il donne des indications :

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« Le 17 juillet 2004, j’ai la conviction que les listings sont faux ; confirmation le 23 juillet par une conversation téléphonique avec les autorités suisses (…) En fait, dès le mois d’avril 2004, un premier compte est expertisé, c’est celui qui est attribué à Gilbert Flam ; il s’avère inexistant. Mes vérifications portent également sur les personnes physiques concernées. Ce qui a attiré mon attention, c’est une architecture bancaire peu ordinaire, avec des sommes importantes qui circulent, Delmas et Gomez redistribuant des montants importants, et c’est aussi la présence de personnes que je connaissais des services (Jean-Jacques Martini) et dont je ne pensais pas qu’elles puissent détenir ce type de compte. On me pressait. J’ai l’impression que j’ai été instrumentalisé par Jean-Louis Gergorin. »

Pourtant la connaissance de la fausseté n’est pas l’origine de la poursuite, fait valoir Me Témime, l’avocat de Jean-Louis Gergorin.

Allant dans le même sens, l’avocat général souligne qu’à toutes les étapes, les vérifications se sont révélées négatives. Face à ses doutes manifestes, pourquoi le général Rondot n'a-t-il pas choisi un service de l’Etat pour faire la lumière ?  «J’avais des doutes, réplique le Général Rondot. Il aurait été irresponsable de refiler l’affaire à la DGSE, laquelle, compte tenu de la suite des évènements, n’aurait pas manqué de porter le chapeau. »

Enfin, l’épisode-clef du 25 mars 2004 est abordé.

« Ce jour-là, explique le Général Rondot, un commissaire m’appelle : il a Imad Lahoud en garde à vue, et celui-ci est porteur d’un sauf-conduit du ministère de Défense : en cas de problème, appeler le numéro de téléphone du Général Rondot. C’est ce qui est fait. Je prends note. J’appelle Jean-Louis Gergorin. Je lui demande fermement des explications. Il est mal à l’aise. Peu de temps après, appel direct de Dominique de Villepin. On parle de Madrid et du terrorisme, puis il me dit de faire en sorte que la "source" sorte de prison, de faire le nécessaire... Jean-Louis Gergorin me rappelle. Je lui fais mes remarques. Je rentre chez moi. Cela ne m’a pas choqué. C’est le cas d'une "source" en mauvaise situation du point de vue administratif. Je n’ai rien fait personnellement. Il n’y a pas eu de manœuvre contraire à la loi. Le lendemain, le commissaire me prévient que M. Lahoud a été remis en liberté. D’ailleurs, Imad Lahoud passe me voir le lendemain matin et, quelques heures plus tard, nous avons une explication orageuse avec Jean-Louis Gergorin (à cause du sauf-conduit délivré par Gergorin à Lahoud, citant le ministère de la Défense). Je fais une note puisque le ministère de la Défense est cité. Je dénonce l’instrumentalisation dont je fais l’objet. Voila la relation d’un incident que je considère comme mineur »

« Je n’ai pas exactement le même souvenir que le général Rondot, dit Dominique de Villepin. Il me joint sur mon téléphone de voiture en route vers l’aéroport. Nous parlons du terrorisme et de Madrid. Puis il me parle de quelque chose de désagréable à propos de Jean-Louis Gergorin et de la "source". Je ne dis pas de faire libérer la source, mais de faire le nécessaire. J’avais une autre préoccupation forte ce jour-là : la préparation du Conseil Européen. Un ministre n’intervient pas dans les affaires de justice et ne dispose pas du pouvoir de faire libérer quelqu’un. Je lui ai dit : voyez ce qu’il en est. Quand il y a le feu à Kinshasa, il est de la nature de la diplomatie française de dire : faites au mieux ! C’est comme ça que cela fonctionne ! Je n’ai pas eu connaissance de la suite de l’affaire. »

Le général Rondot pourtant confirme que c’est Dominique de Villepin qui lui parle de l’incident  et de son souhait de voir le problème résolu. La divergence est nette.

 

 

 

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