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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:17

Comment lutter contre un site internet comme « Copwatch-Nord-Ile de France » ? Apparu récemment sur le modèle américain, ce site hébergé au Canada se veut un lieu d’échanges et d’informations contre les violences policières. Au fil des pages, un collectif de citoyens soigneusement protégé par l’anonymat de la toile, publie des photos de policiers et gendarmes, avec parfois leurs noms et des appréciations sur les méthodes employées.

Réaction immédiate du ministère de l’Intérieur et du syndicat de police Alliance : il faut interdire l’accès à certaines pages qui mettent en danger les forces de l’ordre. « Les policiers sont extrêmement inquiets de ce type de pratiques qui tendent à se développer alors qu’une frange de la population est animée d’une haine anti-flic : c’est faire peser sur eux une menace potentielle immense », plaide maître Delphine Des Villettes, l’avocate des policiers.

Le problème, c’est quelle parade adopter ? Ce matin, ce sont les fournisseurs d’accès à internet qui se sont retrouvés sur le banc des accusés, sommés de faire le nécessaire en urgence, les concepteurs ou animateurs du site n’étant pas connus. Par ailleurs, interdire le site serait, en droit, attentatoire au principe de la liberté d’expression.

D’ailleurs, maître Benoit Chabert au nom de l’Etat réagissait : « Il n’y a aucune volonté de museler qui que ce soit, le ministre ne demande pas la censure, il demande la suppression des pages qui permettent d’identifier le policier, de permettre l'accès à ses données personnelles. »

Face à cette offensive, tous les opérateurs étaient présents et manifestaient leur désaccord avec l’idée qu’ils seraient responsables des contenus qu’ils véhiculent. SFR, Free, Bouygues Télécom, France Télécom, Darty …ne sont pas des éditeurs - ont clamé leurs avocats - mais des intermédiaires techniques. Pour enfoncer le clou, l’un des avocats a comparé le service rendu à celui d’un éclusier : « Imaginez qu’une usine pollue en amont, est-ce que vous aller demander à l’éclusier de construire une station d’épuration ? » Les fournisseurs d’internet veulent bien exécuter une décision de justice, fermer un site, mais ils souhaitent être indemnisés pour cette tâche dont ils rejettent la responsabilité.

La procureure de la République n’a pas nié les difficultés techniques. Mais elle a maintenu que le ministère de l’Intérieur avait raison de vouloir retirer les propos diffamatoires et injurieux qui figurent sur le site à l’égard des policiers.

Entre pouvoir tout dire, tout dénoncer sur internet et respecter l’anonymat des personnes critiquées, la voie judiciaire paraissait étroite ce matin au TGI de Paris.

Réponse vendredi.

 

 

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