Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 17:43

Marie- Elisabeth Claustre avait voulu faire les choses bien : sa conférence de presse se tenait à l’hôtel Crillon, l’un des plus chics de la capitale. A ses cotés, sont assis Gilbert Collard, célèbre avocat marseillais et l’éditeur, patron d’une petite maison d’édition spécialisée dans les affaires judiciaires. Sur la table un livre : « Voila, justice, pourquoi je te hais Â», éditions Tatamis.

 Ce livre se veut un cri et un plaidoyer pour le frère de l’auteure :

Marseille, 24 février 2000 : vers 13H Patrice Claustre découvre le corps ensanglanté de son ami, Philippe Polge, dans l’appartement de la sÅ“ur de ce dernier : 22 coups de couteau, 2 coups de chandelier à la tête dont un mortel. Il alerte le voisinage et appelle la police. A  partir de là une machine infernale se met en marche. Les policiers font des constations une heure et demie plus tard. Ils entrent dans l' hôtel particulier dont vient de s’échapper un autre homme, un habitué de la prostitution installée autour de la gare Saint Charles. Ils constatent une situation qu’ils estiment classique entre deux homosexuels dont l’un découvre qu’il le trompe, scène de jalousie et déchaînement de violence entrainant le meurtre. Un engrenage que les deux cours d’assises valideront faisant de Patrice Claustre le meurtrier de son ami.

Or, dit sa famille, la situation affective et psychologique de ces deux hommes n’était pas celle là. Ils cohabitaient, et pour faire simple, Patrice était le factotum, l’homme Ã  tout faire de la maison. En revanche le prostitué qui a volé le mort (portefeuille, téléphone) ne sera jamais inquiété. « J’aurai préféré que mon frère soit coupable. Il aurait fait une bêtise, il paierait sa dette à la société et un jour il sortirait. Tandis que là, c’est atroce de le savoir innocent, de le voir se détruire en prison et de ne rien pouvoir faire Â»explique Marie Elisabeth Claustre qui en appelle au Président de la République.

Une requête en révision a été déposée. Une procédure difficile qui aboutit rarement. Mais maître Collard veut y croire, tant le « cas Â» Patrice Claustre lui semble l’exemple même de l’erreur judiciaire.

 

 

Par Laure Debreuil - Publié dans : blog-justice-et-compagnie-tf1
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