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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 19:27

Un procès pour travail dissimulé mettant en cause le fonctionnement de la puissante et mystérieuse organisation catholique de l'Opus Dei s'est ouvert cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Jusqu'à demain soir, deux membres de l'Opus Dei comparaissent, ainsi que

L’Association de culture universitaire et technique (ACUT), qui gère l'Ecole

technique privée d'hôtellerie Dosnon, dans l'Aisne.

Ce procès modeste en apparence est tout de même l’aboutissement de neuf ans d’enquête. L’abus de faiblesse et le défaut d’assistance à personne en danger n’ont pas été retenus par la juge d’instruction. Il ne reste, selon l’Opus Dei, que des problèmes de droit du travail.

Mais nous ne sommes pas aux prudhommes : selon la juge, les employeurs auraient notamment déclaré un nombre d'heures inférieures à celles effectivement réalisées et "obtenu des jeunes élèves mineures, ou en état de fragilité psychologique manifeste, la fourniture de services non rétribués ou contre une rétribution sans rapport avec le travail accompli".

A l'origine de la procédure: Catherine Tissier. Je me suis rendue chez elle samedi dernier; elle vit en Seine-et-Marne avec son mari dans une jolie maison. Elle est devenue aide-soignante et porte en elle la fragilité de ceux qui sortent d’un long cauchemar.

Elle me reçoit avec son mari et sa mère autour d’un café et raconte son itinéraire avec simplicité : à 14 ans, son collège conseille à ses parents de la diriger vers l'école d'hôtellerie Dosnon. Cette petite école, pas plus de sept, huit élèves à chaque niveau, est sous la forte influence de l’Opus Dei, institution à laquelle appartient la directrice.

Après avoir passé son CAP, Catherine réside un an en Angleterre et devient majeure ; elle a alors déjà signé une lettre d’engagement à l’Opus Dei. A partir de là, sa vie change ; elle est affectée à différentes associations de l’Ordre, c'est-à-dire qu’elle a, durant 13 ans, nettoyé, rangé et servi tous les jours durant une douzaine d'heures, week-end compris, sans jamais prendre de vacances, ni être valablement payée. « J’avais des fiches de salaire et un compte sur lequel mon salaire était versé. Mais mes responsables gardaient mes chéquiers et me demandaient de leur reverser la totalité de ce que j’avais gagné pour des frais d’hébergement, de pension, de bibliothèque ou tout simplement pour payer une facture qui m’était totalement étrangère », dit la jeune femme avec émotion. Elle ajoute : « Sans mon mari, je n’aurais rien ».

 

Sa maman ajoute qu’elle enrageait de voir sa fille ainsi embrigadée, mais qu’elle n’avait pas la possibilité de la rencontrer hormis un fois l’an. « Elle semblait renfermée, sous tranquillisants,"ailleurs", et demandait qu’on la laisse tranquille. Jusqu’au jour où elle était si mal qu’on l’a amenée chez notre généraliste qui lui a fait comprendre qu’elle devait arrêter de prendre ces doses de médicaments. Elle est restée cette fois à la maison et cela lui a permis de reprendre ses esprits. Mais son rétablissement a été long, ces gens lui ont fait beaucoup de mal ».

 

Alors bien sûr, toute l’œuvre de l’Opus Dei ne se résume pas à ce type de comportement sectaire. Mais tout de même, la précocité de l’engagement, 16 ans et demie, l’absence de transparence vis-à-vis des parents, l’éloignement de tout centre d’intérêt autre que religieux, l’absence de vacances… tous ces indices doivent alerter qu'il y a une main-mise anormale sur de jeunes consciences.  

 

 

 

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commentaires

Beatrice de La Coste 24/11/2011 17:40

la justice vient de rendre son verdict et la vérité est enfin rétablie: aucune des allégations de Catherine T n'a été jugée crédible par la justice et ce malgré une longue enquête en ayant exploré
tous les volets. Vous pourrez trouver plus d'éléments sur ce site: http://quelquesdonnees.hautetfort.com/

Je compatis avec la souffrance exprimée par CatherineT, mais elle n'est pas fondée sur des données objectives. Et qui s'occupe de la souffrance occasionnée chez les deux jeunes femmes, injustement
placées au banc des accusés pendant 10 ans?

j'aimerais aussi préciser que personne ne peut s'engager dans l'Opus Dei avant 18 ans et que la liberté est une condition sine qua non pour tout engagement dans cette institution de l'Eglise
catholique.
BLC