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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 18:56

 D’Yalda, je connais la silhouette entrevue dans le box des accusés de la grande cour d’assises de Paris. Une jolie fille qui soignait son apparence et semblait tenir les autres à distance. Ses co-accusés étaient les membres du « gang des barbares » qui avaient séquestré, torturé puis assassiné un jeune vendeur de téléphone juif, Ilan Halimi. Elle avait servi d’appât, c'est-à-dire qu’elle avait attiré le jeune homme grâce à son charme dans un piège mortel. Les débats avaient montré qu’elle ne connaissait pas le plan de ses amis mais qu’elle avait accepté le job pour l’argent. Sans manifester de remords. Elle a été condamnée à neuf ans  de réclusion.

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De Florent  Goncalves, je ne connaissais que la fonction, directeur de la maison d’arrêt pour femmes de Versailles. Travailleur, bien noté, l’un des plus jeune dans cette fonction, 36 ans. Il lui est reproché d’avoir procuré des objets illicites et de l’argent liquide à une détenue. En cause, la relation amoureuse entretenue pendant plusieurs mois avec Yalda. Depuis, il a été exclu de l’administration pénitentiaire sans ménagement.

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Florent Goncalves

Demain, il sera devant le tribunal correctionnel de Versailles. Il risque 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. Il va devoir expliquer comment il est sorti des clous, comment la cellule 30 est devenue le pivot de sa vie.

Yalda est alors a deux ans de sa libération conditionnelle. La jeune femme d’origine iranienne le fait fondre, lui le romantique. « La particularité de Léa (c’est le nom qu’il attribue à Yalda), c’est qu’elle avait un véritable problème avec la séduction » raconte Florent Gonçales dans le livre qu’il publie ces jours ci, « défense d’aimer » aux presses de la cité. Il fait le portrait d’une séductrice de tous les instants, d’une jeune fille fragile qui a désespérément besoin d’être aimée. Mais il réfute le terme de manipulatrice. Leur histoire a duré deux ans. Tout commence par échange de mots doux, des « je t’aime » glissés entre deux portes, premiers baisers en salle informatique : « c’était un amour adolescent, très tendre et très ludique à la fois… ». Mais les rencontres fortuites n’ont vite pas suffi au couple. Le téléphone théoriquement interdit en prison a fait son apparition. « Nous sommes montés jusqu’à 26.000 unités téléphoniques par mois » une pluie de textos entre les deux amants, puis création d’une page Facebook sous le pseudo de « fleur d’orient ». « Effectivement, j’ai tout sacrifié pour elle, je me suis jeté dans le vide, il n’y a qu’une chose que j’ai manquée, c’est le bonheur dans ses bras… ».Pour les 22 ans de « Léa », le directeur amoureux lui fera même parvenir un vrai gâteau d’anniversaire. Cela sera mis à son débit ultérieurement par la police comme preuve de favoritisme.

Dénoncé par un membre de la hiérarchie de la prison, le directeur sera finalement arrêté et mis en examen pour remise ou sortie irrégulière de correspondance, d’argent, d’objets, communications illicites. Et aussi pour avoir entretenu avec une personne placée sous autorité de justice des relations non motivées par la nécessité du service. Le doux euphémisme du jargon judiciaire…

Quant à Yalda, était- elle amoureuse de son directeur ? Peut-être le dira-t-elle demain. En libération conditionnelle, elle devra s’expliquer aussi sur la séduction qu’elle a exercé sur un autre agent de la pénitentiaire au même moment. Une personnalité complexe, qu’on entrevoit dans le regard désorienté de ce bon père de famille, qui a tout perdu à son contact.

Une belle histoire pour la Saint Valentin ?

 

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