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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:42

« Les seuls noms que j’ai introduits dans les fichiers Clearstream sont ceux de Nagy et Bocsa, les patronymes de Nicolas Sarkozy. Pour les autres, ce n’est pas moi, j’insiste et je le répète », a dit ce matin Imad Lahoud à l’audience. A partir de là, il a dû répondre à un feu nourri de questions embarrassantes de la part de la Cour, mais aussi de diverses parties civiles mises en cause. Car la Cour examinait les conditions dans lesquelles la manipulation a pu se développer. L’année 2003 a été passée au crible. Le 5 novembre de cette année-là apparaît un premier listing. Figurent des noms comme ceux de MM. Wang, Kiejman, Delmas, Gomez, Flam, Squarcini, Jevakoff, Ambiel, Plenel, Veil… Une première note accompagne ce listing. Elle fait état d’un système financier occulte au sein de Clearstream qui protègerait des narco-trafiquants, des versements de rétro-commissions, des transactions occultes d’oligarques russes. « Je n’ai pas tapé cette note, se défend Imad Lahoud, je n’en suis pas l’auteur. De toute façon, c’est Jean-Louis Gergorin qui communique cette note au général Rondot ».

C’est au tour de Jean-Louis Gergorin de devoir s’expliquer. Pourquoi devant ces révélations n’a-t-il pas engagé de vérifications ? Pourquoi transmet-il cette note sans précaution ? Réponse de l’ancien numéro 2 d’EADS : « Je pensais que le général Rondot allait le faire. Il a l’appareil d’Etat à sa disposition ». Le procureur alors s’étonne : "Si vous êtes le petit facteur de Monsieur Lahoud, vous ne servez à rien, vous êtes inutile, Monsieur Gergorin ?" Réponse : "j’aurais dû agir avec plus de discernement ; j’étais dans la passion, obsédé par les attaques contre le groupe après la mort de Jean-Luc Lagardère."

L’explication ne convainc guère les parties civiles. "On découvre le nom de M. Joulin, un homme avec qui vous travaillez, en qui vous avez confiance. Pourquoi ne vérifiez-vous pas ?" Jean-Louis Gergorin répond : « A ce moment-là, j’ai un gros doute. J’ai son numéro de portable. Je fais vérifier si ce numéro est géo-localisé au Luxembourg dans les dates des transactions. Or il se trouve que la réponse me revient positive. C’est un élément qui va accréditer à mes yeux la véracité des listings. »

Une question revient comme un boomerang vers Imad Lahoud : "vous saviez que ces listings étaient des faux ?" lui demande la présidente. « Oui, je savais que ces listings étaient faux, et je n’ai rien fait pour arrêter la machine. Mais attention, je vous rappelle ce principe de la gravitation. Les choses tombent. Les ordres vont du haut vers le bas », explique celui qui est devenu professeur de mathématiques.

Cet après midi, Dominique de Villepin devrait s’exprimer pour la première fois, puisque le procès avance dans le temps : le premier janvier 2004, Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires Etrangères, apprend l'existence d'un système de transaction occulte.

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