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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:56

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A 14h30, le docteur Krombach est introduit dans le box des accusés. Il s'appuie sur une béquille, cheveux en bataille, le visage fatigué. Les magistrats de la cour d'assises et les jurés entrent et la question de l'aptitude de l'accusé est tout de suite posée. "Je suis très fatigué, je ne sais pas pourquoi" murmure-t-il. Et son avocat Maitre Ohayon pose la question : "Mon client est en état de comparaître, mais est-il en état de se défendre ? Il va être interrogé par toutes les parties. Il doit comprendre, être réactif. Je vous demande de suspendre le procès durant quarante huit heures pour lui permettre de se reposer". Ce à quoi la présidente réplique que les médecins qui ont examiné l'accusé l'ont jugé en relative bonne santé et que les trois salles d'assises du palais de justice sont occupées par d'autres procès à partir de lundi. Les parties civiles dénoncent la tentation pour le docteur Krombach d'échapper à son procès. L'avocat général indique que selon lui, il n'y a pas lieu à suspendre. La fille du docteur Krombach souligne que son père ne feint pas la maladie, qu'il veut aller au terme du procès. La preuve : il a refusé la veille au soir d'être hospitalisé à Fresnes, préférant se reposer à l'Hotel-Dieu tout proche. La tension est palpable ; la cour se retire pour délibérer.

Dix minutes plus tard, la décision tombe : on continue.

A la barre, le médecin urgentiste ; à travers le questionnement des parties, c'est le scénario de la mort de la jeune fille qui prend forme. Maître Alexandre Para-Bruguière est l'avocat de la mère de Kalinka, deuxième épouse du docteur Krombach. Il s'adresse à l'accusé: "Est-ce que vous avez fait une piqûre à Kalika entre 22h30 et 1h du matin ?" - Nein !

répond l'accusé. "Est-ce que Kalinka a fait un malaise après la prise d'un comprimé de somnifère, malaise dont vous vous êtes aperçu suivi par des tentatives de réanimation ?" - Nein ! s'exclame encore Dieter Krombach.

Des dénégations difficiles à entendre pour la partie civile : après la déposition des deux experts, en toxicologie et en médecine d'urgence, on sait que Kalinka a bien reçu une dose de neuroleptique suivie de deux molécules utilisées pour la réanimation. L'hypothèse d'un coup de chaleur ou d'un choc anaphylactique a été formellement écartée par le professeur Pourriat à la barre. Reste l'accident dû à l'administration d'une trop forte dose de somnifères. C'est l'hypothèse que veut retenir la maman de Kalinka. André Bamberski va beaucoup plus loin en affirmant que sa fille Kalinka a été droguée et violée par son beau-père.

Verdict vendredi ou samedi prochain.

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