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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 17:35

Audience disciplinaire pour le juge Van Rumbeke ce matin sous l’égide de la Cour de cassation. Une vieille, très vieille affaire. Celui que l’ancien procureur de Paris appelait « l’un des deux meilleurs magistrats du pays était poursuivi suite à une dénonciation du Garde des Sceaux du 13 février 2007.

A l’époque le procès Clearstream n’est pas terminé. La bataille Villepin /Sarkozy fait rage ; il est urgent d’attendre. Le juge voit sa carrière bloquée, il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Cinq ans et huit mois plus tard, l’avocat du 1er juge d’instruction du pole financier de Paris dit son écœurement devant  les lenteurs de la justice.

La représentante de la chancellerie énumère les trois griefs à l’encontre de Renaud Van Ruymbeke :

-il a entendu hors de son cabinet Jean Louis Gergorin à trois reprises

-il a commis un défaut de loyauté à l’égard de Dominique de Talancé, juge d’instruction co-saisie de l’affaire

-il a failli à son obligation de discrétion professionnelle en convoquant  Florian Bourges et en lui soumettant des listings pour expertise sans que cela figure en procédure.

Le juge enquêtait depuis 2001 sur de possibles rétro-commissions en marge d’un contrat de vente de vedettes à Taiwan lorsqu’il a été mis en relation avec le numéro 2 d’EADS, Jean Louis Gergorin par l’intermédiaire de l’avocat de ce dernier. Jean-Louis Gergorin transmet au juge des éléments sur les bénéficiaires de versements occultes, parmi lesquels des noms de politiques et d’industriels. Entre mai et octobre 2000, le « corbeau » fait parvenir au juge des listings de la banque luxembourgeoise Clearstream, des listings qui s’avèreront des faux ultérieurement.

« Cela fait 30 ans que je me suis vu confier des dossiers sensibles, difficiles. J’ai toujours appliqué le principe de l’Indépendance, un principe sur lequel je n’ai jamais transigé. On me ressasse de vieilles histoires qui sont en fait des tentatives de déstabilisation. Quand la politique entre dans le prétoire cela fausse les choses »dit le magistrat avec une voix émue pour sa défense.

Puis le magistrat se lance dans une longue explication. Il explique pourquoi il a utilisé des méthodes  peu conventionnelles : « si vous saviez le nombre d’affaires qui sortent et aboutissent  après des courriers anonymes ! Le juge doit pourvoir enquêter. Votre décision sera lue attentivement par les juges qui enquêtent sur le terrorisme, les stups, la grande criminalité… »

La directrice des affaires judiciaires qui joue le rôle de l’accusation  a fini par jeter l’éponge : elle abandonne les poursuites après avoir assuré qu’elle ne demanderait pas de  sanctions à l’égard de Renaud Van Ruymbeke.

Réponse le 17 octobre.

 

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commentaires

thesis methodology 01/04/2014 14:34

The judge had met a secret witness in the office of a lawyer in the margins of the Clearstream affair.

tchampa 04/10/2012 22:42

Bonjour,
Par expérience je confirme que la justice a 2 vitesses dans les affaires qui touchent la finance.
Une expéditive, sans possibilité de contestation* subit par le petit
L'autre complaisante et très à l'écoute du notable.
Comment expliquer, les innombrables faux (justifiés) qui passent à la trappe sans que personne ne les soulève??
Il se pourrait que les défenseurs soient incompétents, mais j'en doute, car dans une affaire le justiciable en est au 10e !!