Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

Damien Givelet
 
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
 

 


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit
4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 12:51

 

 L’Institut pour la Justice (une association qui regroupe citoyens, victimes et experts du droit et

du système judiciaire) conviait ce matin les journalistes à une conférence de presse. Il

s’agissait de faire connaitre une étude menée par Jacques Bichot, économiste et professeur à

l’université de Lyon III sur le coût global du crime et de la délinquance pour la société. Une

approche statistique qui n’est réalisée par aucun service de l’Etat

.

Le chiffre global auquel est parvenu le chercheur est énorme : 115 milliards d’euros soit 5,6%

du PIB, autant que toutes les dépenses d’éducation ; ce chiffre se décompose en plusieurs parties : le préjudice personnel et collectif de l’insécurité sous toutes ses formes (62 milliards d’euros), les dépenses de protection privée (6  MD) et les dépenses de fonctionnement de la police, la gendarmerie, les douanes et la justice  (12 MD).

 

L’intérêt de cette étude est double : D’une part, stimuler les pouvoirs publics à collecter les données qui serviraient ensuite à faire des vrais choix : « on ne peut pas augmenter les dépenses publiques indéfiniment mais on peut dépenser l’argent différemment, avec une meilleure efficacité. Si vous considérez que le coût pour la collectivité de la pédophilie par rapport aux conséquences d’un vol vous allez mettre plus d’argent sur la section de recherche qui traque les pédophiles sur internet que sur la recherche des auteurs de cambriolage » explique Jacques Bichot.

 D’autre part, il faut accepter l’idée que les crimes et délits ont un cout direct et indirect. Le préjudice direct peut être comparé à celui des victimes d’accident de la route. (Une vie a été évaluée à 1,2 millions d’euros par les assureurs) Mais il faut aussi tenter de chiffrer les dégâts sur l’entourage et sur les voisins en termes d’insécurité ressentie. Cette étude va chiffrer par exemple à 14 ,1MD le coût total des violences aux personnes : homicides, agressions sexuelles, blessures volontaires, otages, séquestration… Ce chiffre se décompose entre 11,5 MD de coût personnel et 2,6 MD de malaise social. Dans un autre secteur, la fraude qu’elle soit à la TVA, aux prestations sociales, ou informatique, coute selon cette étude 20,6 MD ; le chiffre peut être décomposé en 5,4 MD de coût personnel et 15,1 de cout collectif.

« C’est une manière de chiffrer « l’humain » dit Jacques Bichot en conclusion.

 

Une idée interessante mais qui demandrait des moyens beaucoup plus consédérables pour collecter les données de base. Ainsi l'étude chiffre à 6MD le marché de la sécurité privée. Chiffre aussitot démenti par un participant à la conférence de presse, Patrick Haas, directeur de la revue "en toute sécurité". "j'ai mené un travail sur le chiffre d'affaires de 1500 ,sociétés privées : ce sont 19MD qui sont dépensées pour le gardiénage et autres postes de sécurité".

Le débat est ouvert. 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires