Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 18:07

Sept ans de prison ferme, confiscation de la somme détenue sur les comptes français(2,3 millions d'euros), un million d’euros de réparations à l’Etat du Panama (partie civile, pour préjudice moral) : l’ex-général Noriega, éphémère président de son pays, n’a pas convaincu la justice française de sa bonne foi. La condamnation prononcée aujourd’hui par le tribunal correctionnel de Paris suit la thèse de l’accusation : l’argent de l’ex-dictateur proviendrait bien du trafic de drogue : il s’agit de sommes versées par le cartel de Medellin pour l’aide apportée au transfert de ballots de cocaïne à destination des Etats-Unis. L'argent liquide versé par le général Noriega était ensuite transféré en Angleterre puis en France.

Manuel Noriega avait pourtant expliqué au tribunal qu’il s’agissait de revenus de sociétés dont il détenait majoritairement le capital, d’argent de sa famille et de sommes versées par la CIA, l’agence de renseignement américaine. Trois beaux appartements avaient été achetés à Paris avec ce pactole.

A la sortie de l’audience qui s’est passée dans une grande confusion, les trois filles de Noriega sont sorties sans faire de commentaires. Le consul du Panama en France affichait un large sourire et les chaînes américaines répercutaient en direct ce jugement.

Maitre Metzner a fait part de la déception de son client. « Nous constatons que c’est une décision à connotation politique qui est rendue pour complaire aux autorités américaines », et son autre avocat, Maitre Yves Leberquier a ajouté : « je l’ai trouvé abattu à l’énoncé du jugement, peut-être a-t-il été surpris par cette décision qu’il a du mal à comprendre ».

Manuel Noriega a déjà accompli une partie de sa peine (32 mois). S’il ne fait pas appel de ce jugement, il est libérable à mi-peine, c'est à dire d'ici un an.  L’ex-homme fort du Panama,«  face d’annanas »  comme il était surnommé, pourrait alors être libéré. Libération de courte durée car son pays le réclame pour le juger pour des crimes et des disparitions d'avant 89, date du coup d’état. Manuel Noriega a 76 ans.

 

 

Par Laure Debreuil - Publié dans : blog-justice-et-compagnie-tf1
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