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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 14:32

« Je vous demande de vous rappeler que vous n’êtes pas là pour apaiser la douleur d’une famille, je vous demande de vous rappeler que vous n’êtes pas là pour faire plaisir à ceux qui croient à l’innocence ou à la culpabilité d’Yvan Colonna, je vous demande de ne pas cautionner ce qui ne peut pas l’être. J’espère que vous serez des juges courageux, qui laisseront place au doute, je vous demande d’être des vrais juges ! ». Ainsi s’est terminée la plaidoirie de près de trois heures de Maitre Gilles Siméoni, très investi dans la défense d’Yvan Colonna depuis le début.

Selon lui, les fautes et les errements de l’enquête, reconnus par l’avocat général, ont fait que ce dossier n’a jamais été un dossier normal. L’avocat s’est longuement appliqué à démontrer que la téléphonie, les écoutes, les repérages ne sont pas à charge pour le berger corse. Tout démontre au contraire, selon lui, qu’Yvan Colonna, entre l’assassinat du préfet Erignac et l’arrestation du commando, a mené une vie familiale et professionnelle normale. Il ne se sentait pas traqué, il n’était pas l’un des conjurés.

« Je vais vous dire qu’Yvan Colonna est innocent. » L’avocat articule son raisonnement autour de trois piliers. D’abord, tente-il de démontrer, la police suspectait depuis longtemps Yvan et son frère Stéphane d’appartenir à un groupe nationaliste actif. Elle les a mis sur écoute, a placé des balises sous leur voiture, mis des policiers en surveillance. La police avait la conviction qu’Yvan était le tireur. Les gardes à vue du commando se sont déroulées dans ce climat. Ensuite, les gardes à vue se sont passées sous forte pression. Enfin, les gardes à vue n’étaient pas « étanches ». Les policiers se sont servis des déclarations des uns pour faire parler les autres. Les gardes à vue ne peuvent donc servir de preuves.

Nous sommes là sur le terrain le plus sensible, car les déclarations des membres du commando et de leurs épouses sont les éléments principaux sur lesquels se fonde l’accusation, en l’absence de preuves matérielles.

« On peut sacraliser la parole de l’accusation ; on peut aussi regarder les contradictions du dossier » plaide Gilles Siméoni. Il va s’attacher à revisiter la scène de crime. Tous les témoignages confirment qu’il n’y avait que deux personnes et non trois en embuscade, dit-il pour démontrer qu’Yvan Colonna n’était pas présent mais bien ce soir là dans son village de Cargèse.

Les juges attentifs prenaient des notes. Le climat est à l’apaisement, tandis que les défenseurs d’Yvan Colonna vont continuer jusqu’en fin de journée de faire passer les doutes et les zones d’ombres qui continuent d’entourer cette affaire.

Verdict prévu lundi en fin de journée.

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