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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:06

Le 27 février 2000, Suzanne Viguier disparaît. A partir de cette réalité va se tisser une incroyable toile d’araignée dans laquelle Jacques Viguier, son mari, va se retrouver prisonnier. Les efforts qu'il tentera pour s’en sortir ne vont que l’arrimer davantage au soupçon d’assassinat de son épouse. Il faudra deux cours d’assises et deux acquittements pour que le professeur agrégé de droit de Toulouse retrouve le fil d'une existence normale.

000_Par3289878.jpgJacques Viguier

Un fait divers dont s’est emparé Stéphane Durand-Souffland, le chroniqueur judiciaire du Figaro, pour en faire un « roman ». Dans le bon sens du terme. Un roman à la Maupassant, où le trait souligne sans distraire le lecteur, où le détail révèle un témoin qui prend la pose, où l’adjectif ridiculise un gendarme trop sûr de lui.

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Stéphane Durand-Souffland

Car Stéphane Durant-Soufflant revisite l’histoire Viguier avec ses armes : celles d’un journaliste qui lit les documents à sa disposition et qui assiste aux deux procès.

Mais l'écriture permet des raccourcis saisissants : les trois enfants Viguier, l'auteur les appelle les "triplés". Tout est dit sur la solidarité qui les unit, et l’envie qu'ils ont d’arracher leur père des griffes de la justice. Le président de la Première cour d’assises est campé : « Jean-Louis Cousté a l’air furieusement pressé d’en finir, comme s'il était attendu en ville pour des festivités de choix. » L’amant de Suzanne Viguier fait son entrée : « Parfait d’émotion contenue, évoquant Suzy comme le ferait un amoureux inconsolable… » Et de Jacques Viguier, il écrit : « il a le teint cireux et, au front, la sueur glacée de ceux qui prennent des psychotropes, prisonniers d’un cauchemar interminable. » Les avocats, eux, sont croqués dans leurs saillies, leur ego sur-dimensionné, leurs travers, mais aussi dans leurs passions pour la Défense avec un grand D. Ils sont humains, ô combien...

C’est donc un roman nourri de la réalité de l’enquête, de ce qui s’est passé dans l’enceinte judiciaire au cours des procès successifs, et enfin de la rencontre directe avec le rescapé. Tout cela est relaté par une plume alerte, aiguisée par un œil qui sait capter toutes les nuances de l'âme. Une subjectivité assumée qui raconte une histoire : celle de Jacques Viguier, mais peut-être aussi celle d’autres que lui, la vôtre, la mienne. Et c’est ce qui rend ce livre si attachant.

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Disparition d’une femme, l’affaire Viguier, par Stéphane Durand-Souffland, éditions de l’Olivier

 

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