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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 19:40

  Au cinquième jour de son procès, Jérome kerviel  a du affronter les questions qui fâchent. Fini les généralités : après une série de témoignages ayant fait apparaitre l’insuffisance des contrôles et l’absence de limites clairement définies dans sa salle de marché, il doit s’expliquer sur ce qu’il appelle «l es opérations fictives ». Ce sont des manœuvres irrégulières (qu’il reconnait) mais sur lesquelles les protagonistes n’ont pas la même vision. Pour simplifier, il explique qu’il avait recours à des opérations de camouflage dès 2005, qu’il les a amplifiées en 2006 et 2007 jusqu’à prendre les positions « stratophèriques » de 50 milliards d’euros en janvier 2008.L’ex-trader a admis n’ avoir jamais discuté avec sa hiérarchie de ses pratiques risquées mais qu’elles étaient  connues de tous. « La façon de faire de l’argent, c’est de prendre des risques. Est-ce que je me suis levé un jour pour aller voir un responsable et lui dire que j’avais une position de trente milliards sans contrepartie ? non.  Mais tous les stocks sont rapprochés et controlés quotidiennement. Ce que je faisais était visible sur tous les reportings de risques »

Mais alors pourquoi les masquer ?demande le président Pauthe

« Pour donner l’apparence que j’étais couvert. Que je sois allé trop loin, au bout du bout je suis d’accord. Mais on ne peut pas dire d’un trader qu’il est isolé . On était les uns sur les autres. Personne n’ignorait ce que je faisais ».

Puis le président donne la parole à Claire Dumas, qui représente la Société Générale. Une femme de caractère, cheveux mi-long ,la quarantaine bien enrobée, très à l’aise dans la défense des bonnes pratiques.

Comment ces opérations fictives étaient –elles possibles demande le président ?

« Jérome Kerviel utilisait des techniques qui permettaient de déjouer les contrôles. Les transactions allaient dans « la base tampon » et n’arrivaient pas au back office (chargé de la régularisation des transactions). Et puis quand certaines opérations ont été prises dans le radar des controles, soit il y a eu des réponses dilatoires de kerviel à ses supérieurs, soit il usait de ses relations personnelles : il invitait les jeunes filles des services support qui le trouvaient donc très sypathique et qui  acceptaient ses explications ». Enfin et on va voir cela plus tard dans le cas ou les controles ont détecté des anomalies il a produit des faux ».

Question d’une des juges assesseur au prévenu: pourquoi avoir donné de fausses explications ?

Réponse de Jérome Kerviel :  J’ai fourni une réponse aberrante, c’est une sorte de jeu de cache-cache, un sport national . Il s’agit de sauver les apparences vis-à-vis de gens comme les commissaires aux comptes » Et il développe l’idée qu’il avait une autorisation tacite de sa hiérarchie pour prendre des positions à risque : « On n’est pas au pays des bisounours ! J’étais dans une spirale ; clairement, j’étais dans la fuite en avant mais pour faire gagner de l’argent à la banque.

Ce matin, entendu comme témoin, Christophe Mianné, responsable des activités de marché de la banque a jugé « criminelle » l’attitude de l’ex-trader. Il a eu des mots très durs : malhonnête, déloyal, non-transparent, tricheur. Le banquier se rappelle surtout l’obstination du trader à ne pas l’informer correctement et complètement de ses agissements pour permettre à la banque d’évaluer correctement la situation le 18 janvier 2008.

La parole est à la défense : Maitre Metzner : « Aujourd’hui , vous êtes « le bad boy » qui prend tous les risques au détriment de sa banque ?

Réponse de Kerviel « Encore une fois, toutes mes opérations étaient visibles, ce que je faisais était un secret de polichinelle, mon mandat a évolué à la mesure des gains que je faisais faire à la banque »

Le jeune homme, costume bleu marine, chemise blanche ne lâche rien. Buté devant certaines évidences. Agaçant certainement pour la partie civile qui veut en faire un personnage  déséquilibré, solitaire, orgueilleux. Mais Jérome Kerviel, visiblement n’a pas envie de plonger seul, et dans sa défense il entraine tout un système.

 

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commentaires

Sybille 21/06/2010 00:20


C'est bien fait que la SG ait été empoisonnée par cette affaire car c'est une banque odieuse, encore plus que les autres...