Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

Damien Givelet
 
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
 

 


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 15:59

C’est une phrase, une de ces petites phrases dont Nicolas Sarkozy a le secret qui a mis le feu aux poudres : « Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute » a-t-il dit jeudi dernier à Orléans. Le chef de l’Etat a, dans la foulée, promis des sanctions contre les magistrats à ses yeux coupables d’un tel dysfonctionnement.

En cause, la manière dont a été géré le parcours de Tony Meilhon impliqué dans le meurtre de la jeune Laetitia Perrais, 18 ans. Or le courroux présidentiel tombe au plus mal. Le suspect a purgé toutes ses peines durant onze ans et il n’était astreint, dans le cadre de sa dernière condamnation pour outrage à magistrat, que d’une obligation de rechercher un emploi et de voir un médecin.

Or le palais de justice de Nantes a fait ses comptes : trois juges d’application des peines et 17 agents de probation pour suivre 3.300 détenus. Les dossiers qui semblaient les plus légers, soit à peu près 800, avaient été mis de côté pour une surveillance plus efficace des autres. Tony Meilhon est passé à travers les mailles trop lâches de ce filet. Les magistrats méritaient–ils les reproches formulés par le chef de l’Etat ?

En tous cas ils ne le supportent pas. Hier le tribunal de Nantes a suspendu ses audiences. Une grève quasi-totale qui ne dit pas son nom et une exaspération contagieuse. Aujourd’hui l’USM, principal syndicat de magistrats organise la riposte et appelle à une grève nationale des audiences : « Nous n’accepterons pas que des agents soient sanctionnés alors qu’ils sont les premiers à devoir subir les conséquences d’une inflation législative conjuguée à une indigence budgétaire ». Aujourd’hui, les tribunaux de la région parisienne (Paris, Bobigny, Créteil) fonctionnent normalement, mais dès lundi des assemblées générales sont prévues un peu partout. Les juges pourraient décider, comme à Nantes, d’examiner tout de même les affaires urgentes, celles dans lesquelles il y a des prévenus en détention ou des mineurs en danger. Et de reporter toutes les autres.

Mais là ou le mouvement de grogne est d’une ampleur inédite, c’est qu’il est partagé par les policiers. Deux importants syndicats d’officiers de police et de gardiens de la paix en profitent pour exprimer leur indignation. Ils constatent le besoin du pouvoir de rejeter la faute sur des lampistes ; Unité Police SGP-FO dénonce même « une mode qui consiste à rechercher à l’occasion d’évènements médiatisés, pour satisfaire l’opinion publique, la responsabilité des serviteurs de l’Etat ».

Cinq lois ont été votées depuis 2007 sur la récidive. Elles ont aggravées les peines et imposé de nouvelles obligations de suivi, y compris une fois la peine purgée (loi sur la rétention de sureté). Et les faits divers horribles se produisent encore et toujours. Chaque fois il faut des coupables. Les juges sont une des cibles favorites du chef de l’Etat.

J’ai suivi récemment le procès à Pontoise du meurtrier d’Anne Lorraine Schmitt. J’ai interrogé à ce propos des experts psychiatres sur la prédiction en matière de dangerosité. Ils m’ont tous avoués humblement qu’il existait des individus clairement malades qu’on pouvait considérer dangereux et d’autres qui ont suffisamment le contrôle d’eux même pour masquer leurs pulsions. A moins de considérer tous les violeurs comme des récidivistes non curables, il y aura encore des victimes. C’est dur à penser, à écrire. Mais les juges n’ont pas à porter l’opprobre de toute une société alors qu’il s’agit d’un problème collectif. A supposer que Tony Meilhon ait été suivi correctement par sa conseillère de probation, qu’est-ce qui l’aurait empêché de renverser le scooter de Laetitia ?

La campagne électorale qui s’ouvre est mauvaise conseillère sur ces sujets difficiles et douloureux car il n’y a pas de réponses simples.

Tout juste peut-on avancer qu’une remise à niveau du système judiciaire français, au 37ème rang pour le pourcentage du PIB par habitant consacré à la justice, serait un premier pas. Il faut plus de places de prison avec des centres spécialisés pour expertiser et traiter les délinquants sexuels. Il faut construire plus de places de semi-liberté pour aménager des sas entre la prison et l’extérieur, il faut une médecine de ville capable de prendre en charge les détenus sous surveillance, il faut enfin des bracelets électroniques mobiles en plus grand nombre pour ceux qui doivent être éloignés de leur conjoint ou de lieux sensibles compte tenu de leur pathologie.

Il s’agit d’un véritable chantier. Le mouvement de grogne des syndicats de magistrats peut être l’occasion d’en parler sereinement. J’espère qu’il ne s’agit pas d’un vœu pieux.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Choubidou 08/02/2011 10:12


Sarkozy Mam : Que du pipeau !!!

Quand ils pourraient se payer une bande de magistrats, les politiques n'en font rien

Coupables tous ces magistrats que Mam s'est abstenue de sanctionner (comme tous les gardes des Sceaux qui l'ont précédée depuis 15 ans...)

Parmi eux, ce procureur qui a garanti l’impunité (après un juge d'instruction grâce à un non-lieu d'anthologie - 8 lignes 3 erreurs grossières) au directeur de campagne de F. Mitterrand, afin de
permettre le rapprochement de 2 journaux que l’on peut lire tous les jours.

Retrouvez-le dans la promotion du 17 décembre 2010.

"Par décret du Président de la République en date du 17 décembre 2010, vu l'avis du Conseil supérieur de la magistrature lors de sa séance du 9 décembre 2010, sont nommés :"

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000023247578

Presse, Sm, Usm, commission des lois de l'assemblée et du sénat informés.


Atia 07/02/2011 06:30


Bonjour,
Je pense sincèrement qu'il y a un malaise dans la justice.
Ce malaise est de 2 natures.
D'abord, il est général à notre société qui depuis une bonne dizaine d'années a commencé une révolution qui a vu plusieurs professions évoluer et beaucoup stagner, donc s'enkyster, la justice
malheureusement en fait partie.
Ensuite, cette profession, comme trop encore, est menée par des personnes qui n'ont pas compris que trop de moyens tuent l'efficacité et qu'avant de demander des moyens elles devraient regarder le
taux de satisfaction de leurs "clients", non pas sur les sentences mais sur la manière de les conduire. Et là, malheureusement comme dans beaucoup de professions, certains vont découvrir le manque
de professionnalisme de nombre de leur personnel, mais il ne faut pas le dire c'est un tabou d'attaquer la justice, oui, mais pas la compétence intrinsèque des gens qui ne font pas leur
travail.
Donc, que la justice commence à parler un langage compréhensible, qu'elle ait le courage de reconnaître ses dysfonctionnements dus à son laxisme et une fois ce travail de fond réalisé on pourra
mesurer ce qui reste à faire pour améliorer son fonctionnement. Nous aurons des surprises.
ils pourraient donc être un peu plus humbles dans leurs propos et volontaristes dans leur propre fonctionnement.
En réalité comme je le disais en début de réponse, ce mal concerne toutes les activités de notre société qui n'ont pas encore muté.
Au premier rang des activités concernées on trouvera celles qui se sont endormies depuis 1968 et cela vise toutes les administrations et les entreprises issues de ces administrations.
A titre d'exemple, ce qui s'est passé chez France Télécom en est l'illustration.
Une société confrontée au marché, un management qui n'en a que le nom mais pas la compétence et un personnel qui refuse les évolutions. Rajoutez une couche de stupidité et voilà le résultat.
Manager c'est décider (pas n'importe comment) c'est être exigent et surtout humain. Nos "managers" sont des exécutants que l'on peut qualifier de supérieurs hiérarchiques et non de chefs.
Je crois qu'il serait bon que chacun commence à balayer devant sa porte en se remettant en cause, cela serait plus simple à vivre.
Cordialement.


Jean-François Bouverat 06/02/2011 18:09


Certes il est choquant de voir le plus haut niveau de l'état livrer, avant toute enquête approfondie, l'ensemble du système judiciaire à l'émotion d'une opinion publique en manque de responsable de
cette tragédie. Depuis une certaine visite du commissariat de Toulouse, le regard sévère et l'humiliation publique sont devenus le mode de communication préféré avec le système judiciaire. Ca
flatte le "petit peuple".

Certes les moyens devraient être davantage adaptés à la recrudescence d'une délinquance qui se généralise et se banalise. C'est une spirale négative qu'il faut enrayer de toute urgence. Les moyens
manquent pour punir et faire appliquer les peines. Donc la récidive est implicitement encouragée. Donc les cas à traiter par le système judiciaire sont plus nombreux. Donc plus de moyens sont
nécessaires. CQFD.

Pourtant c'est bien une Justice à qui il ne manquait ni lois ni moyens qui a renvoyé ma fille Charlotte au contact direct son agresseur sexuel qui vivait dans son immeuble. Ce sont bien des
policiers du commissariat d'Asnieres qui lui ont demandé d'enquêter elle-même et de fournir la preuve (quelle preuve ?) que son agresseur sexuel habitait son immeuble.

Pourtant ce sont bien des policiers du même commissariat qui ont finalement confondu l'agresseur et c'est la même Justice qui a prononcé dans un délai accéléré une mesure d'éloignement aussi
nécessaire que légitime.

Mais la Justice reste une activité humaine donc faillible. Ce serait à l'honneur des magistrats de reconnaître que certains d'entre eux peuvent commettre des erreurs, voire des fautes, et
d'abandonner un corporatisme qui rend parfois la Justice plus autarcique qu'indépendante. La protection forcenée du juge de l'affaire Outreau l'a durablement rendue suspecte de mépris à l'égard de
tout ce qui n'appartient pas à son corps. C'est à elle de corriger une image ternie.

La Justice juge au nom du peuple. Elle lui doit des comptes, que ça lui plaise ou non.


ANVEDJ 06/02/2011 15:59


04/02/2011 : FRANCAIS, CONTESTEZ LES PROCHAINES GREVES DES MAGISTRATS
CITOYENS Justiciables, adhérents ANVEDJ, journalistes

Les prochaines grèves des magistrats sont inadmissibles.

Ces gens-là ne veulent pas être sanctionnés pour leurs conneries, ils veulent être hors la loi et au-dessus des lois.

ils sont responsables de dizaines de milliers de dépressions, de centaines de suicides , de centaines de milliers de familles privées de leurs droits les plus fondamentaux avec spoliations et vols
de leurs biens , et de dizaines de victimes tuées par leurs insuffisances (Laetitia et tou(tes) les autres avant) .... et ils ne veulent pas payer leurs conneries régulières ?, ils ne veulent pas
être responsables ? TROP FACILE !!!

NON, il faut contester leur grève injustifiée, il faut descendre dans la rue et aller en face d'eux leur dire ce qu'on pense d’eux, nous les citoyens = 70% des français n'ont pas confiance dans la
justice française, il doit y avoir de multiples bonnes raisons dont ces individus, n'est-ce pas ?.

Que ce soit mercredi , jeudi , ou tout autre jour, il faut aller au devant d'eux avec des panneaux qui décrivent vos préjudices, des slogans contre leur comportement et qu'ils retournent au boulot
rattraper leurs erreurs et leurs retards.

A coté des dégâts cumulés ‘des corporations du droit en france’ , le médiator c’est du p’tit lait.

il n'y a pas de lieu précis pour nos regroupements , dès que vous entendez parler d'une grève des magistrats ou avocats dans une ville en France , il faut aller dire ce que vous en pensez avec vos
panneaux



divers slogans

MAGISTRATS AU BOULOT VOUS AVEZ DU RETARD

MAGISTRATS VOUS M'AVEZ VOLEZ xxxx EUROS PAR VOS ERREURS


AU SECOURS LA MAGISTRATURE NOUS TUE


MAGISTRAT TU DOIS ETRE RESPONSABLE DE TES ACTES


justiciablement VOTRE