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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 21:49

L’ancien premier ministre savait-il au mois de juillet 2004 que les listings étaient faux ? La cour examinait ce point crucial cet après-midi. Le parquet général poursuit en effet Dominique de Villepin pour complicité de dénonciation calomnieuse. Faute de preuves, l’ancien premier ministre a été relaxé en première instance. Ses réponses ont donc été scrutées à la loupe.

"Vous recevez une mise en garde en juillet", lui demande la présidente, "et pourtant vous gardez le silence, pourquoi ?" lui demande la présidente

« A aucun moment, on ne me met en garde. Fin juillet, je reçois une note de la DST : on me dit d’attendre le retour des commissions rogatoires et personne ne me parle de la fausseté des listings. Je n’ai pas de certitude. Rien ne me parvient qui ressemble à une mise en garde adressée à un ministre. » Dominique de Villepin hausse le ton : "qu’est-ce que la DST recommande, et que je n’ai pas fait ?"

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L’avocat général pousse alors la confrontation : "vous prenez vos ordres à la DST ?" Et la présidente appuie le propos : « vous êtes le seul à savoir que Jean-Louis Gergorin est à l’origine de cette affaire. A la lecture du Point début juillet, vous ne déduisez pas que c’est lui qui est allé voir le juge Van Ruymbeke ?  « Non, je n’ai jamais imaginé qu’il soit le corbeau, je ne fais pas de supposition, je ne suis pas Sherlock Holmes ! » répond Dominique de Villepin. « Je ne sais rien depuis le 9 janvier. Un ministre ne spécule pas. Il y a un risque de dissémination de noms de personnalités et d’atteinte à leur honneur. Je vous signale que le ministère de la justice est alerté depuis mai. Quant  au ministère des Finances, qui est quand même bien placé pour connaître le fonctionnement d'une chambre de compensation, qu'est-ce qui l'empêche de mener une enquête ? Il n’y a qu’un seul endroit ou on sait que les listings sont faux : au ministère de la Défense. Nous sommes au-delà des lignes, tonne l’ex-premier ministre. A partir de quoi peut-on dire que je savais ? C’est extravagant ! »

Dominique de Villepin explique qu’à partir des révélations du Point, c’est l’appareil d’Etat tout entier qui est concerné. La Défense, les finances, la justice, le Président, le premier ministre. Chaque fois, l’avis est le même : on laisse faire la justice. « Et je serai tenu pour responsable de ne pas avoir lu en creux les doutes du Général Rondot ? L’action de l’Etat n’est pas un exercice de divination mais un exercice de responsabilité. Je ne suis pas un expert en Rondologie! Ce n’est pas au ministre de décrypter les états d’âmes des agents de l’Etat. » Et pour terminer sa démonstration, Dominique de Villepin torpille ses accusateurs : « je veux bien qu’on me reproche une abstention, mais cette abstention, c’est celle de l’Etat. »

Prochaine audience mercredi avec l’audition du Général Rondot. On verra alors si cette version peut ou non être contredite.

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