Laure Debreuil
La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un
envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est
parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.
C’est donc définitif depuis hier : Jacques Chirac comparaîtra avec neuf autres prévenus devant le tribunal correctionnel de Paris, sans doute à l’automne 2010. Son interview ce matin sur la radio Europe1 laisse envisager des audiences pimentées car pour l’ancien chef de l’Etat, les 21 recrutements litigieux sont tous justifiés : « Aujourd’hui on me reproche d’avoir recruté des personnes qui n’auraient pas eu de liens avec l’action municipale, je conteste formellement cette affirmation ». La juge d’instruction Xavière Siméoni pense le contraire puisqu’elle a écrit dans l’ordonnance de renvoi que ces recrutements visait à asseoir « l’influence politique » de Jacques Chirac et « à servir à plus ou moins long terme ses propres intérêts et ambitions » et cela au détriment de la ville de Paris.
Alors que l’avocat de l’ancien Président de la République avait laissé entendre que Jacques Chirac serait représenté par son avocat, ce dernier a annoncé ce matin qu’il irait lui-même au tribunal : « Je ne demande ni clémence, ni indulgence… J’irai tranquillement. Je dirai la vérité, ce que je sais, ce que je pense ».a dit Jacques Chirac avec une grande simplicité.
On verra maintenant comment va être organisé le procès, quels témoins se présenteront à la barre, quel juge présidera l’audience…Certains prédisent déjà que tout cela fera « pschitt », d’autres qu’on va enfin sanctionner un système inadmissible. Le problème majeur demeurera l’ancienneté des faits.