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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 22:51

L’intérêt pour la plaidoirie de maître Herzog était très supérieur à ce qu’il est d’habitude pour celui qui est accordée aux parties civiles. Preuve si il en est que le client pour lequel  plaide Thierry Herzog n’est un plaignant comme les autres.
Durant les précédentes audiences et même ce matin, Maître Herzog a tenu à être présent : « c’est une affaire de courtoisie vis à vis des autres avocats» m’a- t- il expliqué. Et quand je lui ai demandé si il avait travaillé tout le week end sur sa plaidoirie alors qu’il grillait déjà une cigarette à neuf heures et demie du matin sur les marches du palais de justice, il m’a répondu « oui » avec un gros soupir.

Dès 13h, les avocats, les journalistes, le public se massaient devant les grilles qui entourent la 1ére chambre correctionnelle ; les places étaient chères. A 13H 30, Thierry Herzog se lève. L’homme en impose, il est grand, de forte corpulence, les cheveux poivre et sel très courts, l’oeil noir.

« Il est nécessaire de rappeler que je ne suis pas là en tant qu’ami ou porte parole de Nicolas Sarkozy, mais en tant qu’avocat. C’est moi qui lui ai conseillé de se porter partie civile après avoir pris connaissance du dossier. Car dans les termes de l’ordonnance de renvoi, tant Jean- Louis Gergorin, qu’Imad Lahoud et Dominique de Villepin se sont associés, se sont entendus »

Le ton est donné, la suite ne sera que le développement de cet éclairage. L’avocat va ensuite revenir sur chacun des jalons de cette affaire : la rencontre du 1 janvier 2004, la réunion du 9, la garde à vue d’Imad Lahoud et sa libération sur intervention, les 5 rencontres entre Dominique de Villepin et Jean Louis Gergorin, l’enquête alibi de la DST, les rencontres Rondot-Villepin : «  les mensonges, les accointances entre les uns et les autres démontrent l’implication des prévenus » dit l’avocat d’une voix égale.

Un préambule car l’avocat de Nicolas Sarkozy va faire toute une digression sur le fait que cette affaire est une affaire comme les autres et que son client est une partie civile comme les autres. Il explique même qu’il ne déposera pas de conclusions écrites pour ne pas peser sur les choix du tribunal et qu’il demandera un euro symbolique pour le préjudice subi.

Ensuite c’est un long tunnel constitué par l’examen attentif de toutes les notes du général Rondot croisées avec les déclaration des uns et des autres soit à l’instruction soit à l’audience ; Une énumération dont il ressort qu’il tient Imad Lahoud pour la petite main informatique, Jean Louis Gergorin pour le donneur d’ordre et Dominique de Villepin comme l’instigateur de l’affaire Clearstream.

Au bout de deux heures et demie, l’assistance somnole. Le président Pauthe alors que l’avocat a encore un solide tas de notes de plaidoirie devant lui s’impatiente. Il intervient et demande à l’avocat de bien vouloir abréger et de se conformer à une durée qui s’approche des autres parties civiles. Thierry Herzog interloqué, fait savoir qu’il a encore des choses à dire. 5mn de suspension et le président lui accorde encore trois quarts d’heure. Un frisson de lèse-majesté a parcouru la salle.

Lorsque l’avocat reprend, il est cinq heures ; il tiendra jusqu’à six heures passées. Il martèle a la fin de sa plaidoirie que Dominique de Villepin a tenté par cette affaire d’empêcher Niclolas Sarkozy de prendre la tête de l’UMP, que sa responsabilité est totalement engagée, et que pour lui « c’est un homme qui n’a pas de principes ».  

Pas de révélations, pas de pièces nouvelles exhumées au terme de ce ces quatre heures de plaidoiries. Mais la conviction puissante qu’un homme politique s’est servi de l’appareil de l’Etat, de ses services secrets, de son pouvoir, pour tenter de faire trébucher son rival et concurrent. Nicolas Sarkozy aurait pu être soupçonné de posséder un compte dans une banque susceptible de faciliter le versement de rétro commissions sur des ventes d’armes et cela est inadmissible pour Thierry Herzog.

Dominique de Villepin a écouté sans broncher l’orage s’abattre. Sans surprise et peut être même avec le sentiment que rien n’est encore joué.

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commentaires

Alain 20/10/2009 20:46


Non, rien n'est joué...
Cela me semble irréel....non conforme à la réalité des hommes.
Cordialement
Alain