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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 17:14

« J’ai enfreint la loi et je l’assume » à la barre depuis plus de deux heures, Patrizia Gattaceca ne se laisse pas impressionner par les questions tatillonnes de la juge. Nous sommes devant le tribunal correctionnel qui juge cinq personnes qui ont aidé Yvan Colonna durant ses quatre ans de cavale. Au premier rang du public, la famille d’Yvan Colonna, son père, sa sœur et son beau frére, son frère et le vieux leader nationaliste, Edmond Siméoni.  Yvan Colonna est dans le box des accusés entre deux gendarmes.Il comparait pour port d’armes illégales, une grenade ayant été retrouvée dans son sac au moment de son arrestation.

L’atmosphère est très éloignée de celle des deux cours d’assises devant lesquelles Yvan Colonna a été condamné en tant que meurtrier du préfet Erignac. Ici on juge des personnes qui ont ouvert leur porte à un fugitif, qui l’ont nourri, transporté, hébergé. La chanteuse corse explique qu’elle a fait savoir à un ami commun (qu’elle refuse de nommer) qu’elle était prête à faire quelque chose pour Yvan Colonna qu’elle avait connu à Nice. « Pour moi, dit elle de sa jolie voix, c’était un geste naturel, spontané. Je n’ai jamais fait allégeance à un quelconque réseau ou mouvement. On m’a dit d’aller le chercher le 18 aout 2002 au col de vizzavona. J’ai vu un homme qui marchait sur le bas coté de la route en tenue de randonneur. . Je l’ai pris et ramené à la maison. » Elle précise qu’elle l’a présenté à ses enfants son le nom de Petru, un ami qui passerait quelques jours chez elle pour se ressourcer. « Le soir de Noel, il a préféré rester seul ; il n’a pas voulu venir avec moi en famille. Il était triste. Pour le 31 décembre en revanche je suis resté avec lui devant le feu jusqu'à minuit et demi. Il est parti vers le 5/6 janvier et puis je ne l’ai plus revu ».

Monseigneur Gaillot se faufile sur les bancs du public au fond de la salle.

« Je tiens à réitérer : je ne regrette pas mon geste et je continue à penser, c’est mon intime conviction, qu’Yvan Colonna est innocent. Au cours d’un très bref échange, il m’a affirmé qu’il était innocent ; puis on n’en a plus jamais parlé ; je ressentais une injustice profonde, il n’a jamais bénéficié de la présomption d’innocence »explique cette femme qui connait bien les détenus pour avoir enseigné la langue corse à la prison de Borgo.

Le procureur s’énerve devant ces drôles de justiciables qui parlent de la loi d’or de l’hospitalité. Lui parle d’une autre loi, celle qui punit de 10 ans de prison le recel de criminel et l’association de malfaiteurs à visée terroriste. On entendra ses réquisitions demain.

En attendant la séance est levée. Yvan Colonna salue nombre de corses présents dans la salle. Tshirt gris, grosse montre au poignet,grands gestes, on ne l’avait jamais vu aussi souriant. Celui qui a été le « bandit » le plus recherché de France ne semble rien renié :  ni sa cavale et les conséquences de ses actes.

 

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