La cour de cassation vient de rendre une décision importante : les juges viennent de casser l’arrêt de la cour d’appel de Paris de décembre 2011qui annulait les six mises en examen des dirigeants de la société Eternit. Cela peut paraitre un peu complexe sur le plan juridique mais c’est une victoire qui a immédiatement été saluée par les avocats des victimes : « c’est un résultat extrêmement satisfaisant dit tout sourire Me Sylvie Topaloff. Nous avons engagé les premières procédures en 1996. Cela veut dire qu’un procès aura lieu un jour. On ne sait pas quand. Mais il y aura sans doute une volonté politique pour donner au juge d’instruction les moyens de terminer l’instruction. » Et pour mémoire les avocats rappellent qu’ils représentent cinq à six cents personnes, employés sur l’un des cinq sites de fabrication de fibro-ciment en France.
Usine ETERNIT en Italie
« En Italie ajoute Me JP Teissonnière il existe une incrimination dite de désastre environnemental qui correspond à ce type d’infraction et qui a permis de condamner lourdement les dirigeants (16 ans de prison) qui ont exposés les salariés à l’amiante ; en France nous n’avons que l’incrimination d’homicide involontaire. Il faut une réforme du code pénal »
En France la justice a été extrêmement tiède sur ce dossier. Certes les victimes ont été indemnisées au civil par les tribunaux de la sécurité sociale. Mais les procureurs successifs n’ont pas montré de zèle pour des poursuites au pénal.
L’ANDEVA (Association Nationale de Défense des Victimes de l’Amiante) qui regroupe toutes les victimes estime que 100.000 personnes sont mortes ou vont mourir en 30 ans, c'est-à-dire entre 95 et 2025 à cause de l’amiante. Une catastrophe sanitaire cynique, due à des industriels préoccupés de gagner de l’argent selon l’association aujourd’hui heureuse d’avoir gagné ce combat devant la cour de cassation.







