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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:01

Le procès reprend dans une salle surchauffée par un soleil d'été. La manifestation des avocats a retardé la reprise des débats. L'examen des faits se poursuit, on entre dans le vif du sujet. L'affaire Clearstream démarre à proprement parler.  

Le 1er janvier 2004, Jean-Louis Gergorin tente à tout hasard de rencontrer Dominique de Villepin. Il dit qu'il a suffisamment travaillé dans ce ministère pour savoir qu'en ce jour férié, il a de bonnes chances de trouver le ministre à son bureau. L’entrevue est brève : un quart d’heure selon Dominique de Villepin, le double selon Jean-Louis Gergorin. Les deux hommes se connaissent bien et le ministre apprécie les analyses géostratégiques de son ancien collègue du Quai.

Mais là, c’est de tout autre chose que vient lui parler le numéro 2 d’EADS : d’une menace internationale pesant sur les intérêts français via une chambre de compensation. Des noms de personnalités politiques françaises y figureraient. « J’apprends l’existence de la mission d’enquête du général Rondot. Je lui demande une note sur cette affaire. Le nom de Clearstream n’a pas été prononcé », affirme Dominique de Villepin.  "Faux", réplique Jean Louis Gergorin qui ajoute : « M. de Villepin  m’a indiqué qu’il en parlerait à Monsieur Chirac et, en attendant sa réponse, il m’a demandé de ne pas  parler au Général Rondot de cette conversation. »

Là, Dominique de Villepin se lève comme un ressort, referme le bouton de sa veste bleu marine et assène : « je n’ai pas eu à en référer au Président. C’est mal connaître le fonctionnement de l'Etat. Comme l’a dit Jean-Louis Gergorin, il ne savait pas si c’était du lard ou du cochon. Or, tant qu'on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon, on n’en parle pas au Président. »  Avant d’enfoncer le clou un peu plus tard : « Une information non vérifiée n’a pas vocation à être disséminée dans l’appareil d’État. On ne jette pas des noms en pâture. »

 

L’examen de la réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay qui réunit Dominique de Villepin, J.L. Gergorin et  le général Rondot, qui avait été si houleux en première instance, passe dans une relative indifférence. On a l’impression que Dominique de Villepin a poli ses réponses pour mettre les sceptiques et les rieurs de son côté. Tandis que Jean-Louis Gergorin continue à brandir sa bonne foi mêlée d’un soupçon d’autocritique : « A cette époque j’avais tendance à développer des scénarios un peu trop imaginatifs » concède-t-il.

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