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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 10:52

  Nous sommes au cœur du procès en appel. Jusqu’ici Dominique de Villepin n’a guère été inquiété. Il roule sur une route droite consistant à dire : le dossier Clearstream , je l’ai traité en temps et en heure et selon les procédures ministérielles en vigueur. On me fait un mauvais procès, alors que d’autres ministères et donc d’autres ministres en savaient tout autant que moi. L’homme clef attendu à la barre est le général Rondot. Il pourrait remettre en question cette version des faits. Mais patience…

 Voici d’abord  le journalisteDenis Robert ; il est « intimé », c'est-à-dire que certaines parties civiles demandent à ce qu’il comparaisse. « Je suis plus détendu puisque j’ai bénéficié une relaxe en premier instance. J’ai toujours été motivé par la recherche d’information, la cour de cassation a même validé le fait que mon enquête était sérieuse. Depuis 99, j’étudie le système Clearstream , je publie un livre puis un second. Le 22 février 2003, je rencontre I. Lahoud et tout change. Quand il arrive chez moi, il connait parfaitement les listings. J’en ai laconviction. Exemple, il me parle tout de suite du nom de Gomez. J’ai retrouvé ce nom. Ma conviction est qu’Imad était envoyé chez moi. Par qui ? demande la présidente. "Nous avons servi de chèvre, il connaissait parfaitement les listings avant de venir me voir…Imad m’abaladé, manipulé, menacé de mort".

000_Par2853357.jpgDenis Robert

Je suis un journaliste et je décris un système, le système Clearstream : une banque de compensation, qui en fait dissimule des transactions. C’est pourquoi tout le monde y croit. Je suis celui qui a le plus résisté à la manipulation jusqu’au  papier du Point. Car le hacking envoie sur un paradis fiscal, et l’ayant droit économique peut se retrouver au bout. Le 23 juillet 2004, Imad Lahoud propose de me montrer le hacking. A EADS, il est le patron. Il me fait entrer mais il ne me montre pas les listings mais j’ai vu les informaticiens qu’il a embauchés. Je suis troublé. »

 Impossible de lui résister avez-vous dit en première instance ? lui demande la présidente. Je me refuse de faire du buzz autour de l’affaire malgré ses sollicitations. Sarkozy, Michel Edouard Leclerc, des noms qui me sont livrés, qui devrait m’appâter.

Ce que je peux dire c’est qu’il y a deux sources d’information : le fichier de transactions et l’annuaire  de clients ; Gergorin cherche à savoir la différence. En 2006, un journaliste anglais m’appelle un jour pour faire un article sur Clearstream. Plusieurs rencontres. Il ne rédigera jamais d’articles mais j’ai réalisé qu’il était en service commandé pour récupérer des fichiers de transactions. Gergorin a des doutes, il cherche à vérifier la réalité du hacking ».

Réponse d’Imad Lahoud : « A aucune audition, Denis Robert n’a parlé de cette histoire de l’évocation d’un compte attribué à Alain Gomez. J’ajoute que Denis Robert  n’est jamais venu chez EADS. Il prétend qu’il est entré dans le Centre de Suresnes sous le pseudo d’Edouard. Il n’y avait aucun salarié dans le centre avant fin aout début septembre. Il dit avoir vu des hackers, or il n’y en avait aucun. Il fallait que Denis Robert croie à la thèse du corbeau. Je ne le nie pas. Le reste est faux ! ».

Et il ajoute :

« Je n’avais pas de listings avant de connaitre Denis Robert. Il me porte aujourd’hui le coup de pied de l’âne car à cause de moi son livre a été bloqué (Clearstream, l’enquète) et s’est mal vendu ! Il m’en veut aussi parce que je lui ai fait croire que les dénonciations au juge Van Ruymbeke étaient justes… »

Denis Robert passe un mauvais quart d’heure. Il apparait  tout le moins comme un auteur confus.

Me Fédida (avocat d’Alain Madelin, partie civile)pose alors cette question : « quelles sont vos relations avec le juge Renaud Van Ruymbeke ? »

«  Nous nous sommes connus lors de l’Appel de Genève qui réunit plusieurs juges d’instruction contre la corruption au niveau européen. C’est donc naturellement qu’il se tourne vers moi pour authentifier certains listings. Je pense que c’est fin mai, début juin. Je me tourne vers Florian Bourges pour qu’il donne son avis et je les mets en contact ».

Et Denis Robert ajoutera après la pause : « La moindre de nos auditions chez les policiers atterrissait sur le bureau de Claude Géant : Sarkozy était  accro… »

Que se passe-t-il avec « le petit Nic » ? demande Me Iwens , l’avocat de J.L Gergorin. Réponse de Denis Robert « C’est bien sur Nicolas Sarkozy dont le nom apparait parmi les propriétaires de comptes »

Imad Lahoud précise : « Il fallait absolument faire mettre Nicolas Sarkozy en examen. Il fallait pour cela convaincre Denis Robert en accréditant la dénonciation calomnieuse auprès du juge Van Ruymbeke. J’ai alimenté Denis Robert avec tous les documents et notes» ».

Denis Robert est interogé par Me Metzner, le défenseur de M. de Villepin "En mai 2004, I.Lahoud me parle de Sarkozy. Il me dit que Nagy et Bocsa sont les patronymes du chef de l'Etat et Pal, le prénom de son père. C'était dans un café. Mais je suis très troublé. Le lendemain je vois la lettre anonyme. C'est un ami journaliste qui l'a récupérée chez un avocat. la lettre anonyme renforce mes convictions"

 

 

 

Signalons quelques étapes du travail de Denis Robert avant l’affaire Clearstream :

2001, Révélations, le film sur Canal Plus ;  en 2002, le livre « la boite noire », en 2003, participation à la commission d’enquête parlementaire.

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