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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 12:31

La dénonciation calomnieuse a ceci de particulier : elle créé un halo de suspicion autour d’une personne ou d’une institution.

 Hier, ouvrant la séquence plaidoiries des parties civiles, les deux avocats de la société Clearstream ont démontré comment l’appât du gain (Florian Bourges) et l’obsession malfaisante (Denis Robert) ont entraîné la perte d’image et de considération pour la société Clearstream dans le monde de la finance. Le plus interessant était dans la dénonciation de la méthode : Maître Christophe Belloc a exhumé des mails écrits par Florian Bourges à Denis Robert en décembre 2001 : « je ne crois pas possible aujourd’hui qu’il existe un système dans le système. Nous avons fait trop de vérifications, nous aurions trouvé… » Malgré cela Florian Bourges va communiquer ses fichiers à Imad Lahoud qui les lui demande sous couvert de la lutte antiterroriste. Ce sont bien ses listings qui seront retrouvés falsifiés chez le juge Van Ruymbeke. Quant à Denis Robert la démonstration sera implacable sur le journaliste qui sort totalement de son rôle pour endosser celui de justicier, y compris en fournissant des documents aux services secrets. Ce que Maître Malka résumera d’une formule : « le terreau de cette affaire, il est là depuis 2001 et on l’a longuement fertilisé par cinq livres, un film, des expositions de peintures, des cuvées de vin et des campagnes de soutien » toutjours a propos de Denis Robert.

Mais pour les personnes, comme l’a rappelé Philippe Delmas, la dénonciation calomnieuse est un marqueur indélébile. Elle a brisé sa carrière et son avocat a réclamé 920.000 euros , une somme qui correspond à la différence entre ce que Philippe Delmas gagne aujourd’hui et ce qu’il aurait gagné en restant au sein d’EADS.

 Même sentiment pour l’ancien chef de la brigade financière Pierre Martinez. Son avocat Maître Dupeux a démontré comment le nom de Pierre Martinez s’était retrouvé dans les listings parce que son client avait eu un différent avec JL Gergorin. Dés lors son nom apparaissant suspect, il n’avait plus retrouvé de situation. Il a demandé 100.000 euros de préjudice.

Et puis l’ancien conseiller du président d’EADS, Alain de Wulf  a lui aussi souffert directement de cette affaire : son avocat François Meyer a souligné ce matin qu’Alain de Wulf a été mis à la porte d’un monde qu’il aimait et qu’il connaissait bien. Il avait eu le malheur d’être l’ancien directeur général d’une banque luxembourgeoise… et donc d’être soupçonné d’avoir participé à des opérations de blanchiment.

Des victimes qui disent avoir été marquées au fer rouge et qui démontrent comment la rumeur et la calomnie suffisent pour faire du mal.

 

 

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