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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 22:33

La douzième audience du procès Clearstream devait permettre à ceux dont les noms avaient été ajoutés aux listings de dire en quoi leur honneur et leur activité professionnelle avait été mis à mal par ce soupçon de corruption. Mais dans  un dossier comme celui-ci, il suffit parfois de déplacer le faisceau de la lampe pour le voir sous un tout autre jour. C’est à cet exercice que c’est livré Maître Mignard qui défendait cet après midi deux parties civiles, le magistrat Gilbert Flam et le journaliste Edwy Plenel.

 Il a rappelé le devoir qui découle de l’article 40 du code de procédure pénale : «  toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la république ».Selon cette règle les ministres qui ont eu connaissance de la falsification des  listings sont collectivement responsables. « C’est une faute collective de l’exécutif divisé, harcelé, paralysé par des querelles internes à l’approche de l’élection présidentielle. Plutôt que le jeu de la vérité, ils ont joué le jeu des rivalités » a martelé l’avocat. Selon lui, l’infraction aurait pu être arrêtée par Dominique de Villepin mais aussi par Philippe Marchand, le directeur de cabinet du ministre de la Défense, par Michèle Alliot Marie, par Jean Pierre Raffarin,par  Dominique Perben ou par Nicolas Sarkozy.

 Revenant sur le rôle de celui qui était ministre de l’économie en juillet 2004, Maître Mignard a souligné « que Nicolas Sarkozy savait mieux que quiconque qu’il s’agissait d’une dénonciation calomnieuse puisqu’il en était lui-même victime. Il devait réagir. Mettre en œuvre l’article 40. Il ne l’a pas fait. Il a choisi d’être victime ».

Et d’ajouter : « Monsieur de Villepin sert de bouc émissaire. On préfère l’arbre, fut-il grand, à la forêt ! »

Et puis l’avocat engagé, ancien soutien de Ségolène Royal, a fait une sorte de leçon de choses sur la nécessaire indépendance du parquet. « Si nous avions un parquet indépendant nous n’en serions pas là ! » faisant allusion à la volonté du Parquet dans un premier temps de délivrer un non-lieu à Dominique de Villepin. Mais Jean-Claude Marin, le Procureur de Paris n’était pas présent pour entendre la charge de l’avocat : il était peut-être en train de préparer le réquisitoire qu’il prononcera mardi prochain.

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