Pour rencontrer Unni Espéland, il faut quitter Oslo et rouler pendant une heure et demie vers le sur de la Norvège. Petite ville au bord du fjord, et une maison en bois, peinte en jaune. Cette femme, inspectrice d'école primaire, avait laissé partir sa cadette à la fête annuelle des jeunes travaillistes sans souci "nous pensions que c'était le dernier endroit ou il pouvait arriver quelque chose" dit cette maman.
Dans le salon un petit espace est dédié à Andrine fauchée à 16 ans."elle m'a appelée avec son portable pour me dire en pleurs qu'un homme les poursuivait, qu'il tirait partout" c'est la dernière fois que je l'ai entendue. J'ai éprouvé le sentiment que les fondements de ma vie avait disparu, je me suis effondrée. Quand j'ai eu la confirmation de sa mort, j'ai éprouvé de la rage contre le tueur. Mais la rage entraine l'amertume et cela ne fait pas avancer.
Anders Behring Breivik
Je voyais Breivik pas comme une personne humaine plutot comme un personnage de jeu vidéo.Puis, en février dernier, finalement la police m'a communiqué le rapport d'autopsie. Ma fille a probablement été la dernière personne tuée à Utoya.Ses chausettes étaient propres, elle s'appretait à nager. Elle a reçu trois balles, une dans la poitrine, une dans la face, une dans la nuque. Depuis que je sais cela, Breivik est redevenu une personne dans mon esprit, une personne responsable et déterminée. L'enquète a prouvé qu'il a tout préparé,tout planifié, il n'est donc pas fou."
Cette maman nous montre la chambre de sa fille restée intacte, une chambre d'adolescente coquette comme tant d'autre...
"Il faut un procès juste, mais j'espère qu'il ne pourra jamais sortir de prison.
Ce qui me fait peur retrospectivement est que Anders breivik a pu fonctionner dans notre société sans qu'on le repère. C'est difficile de protéger la société contre ces individus. Moi qui m'occupe de jeunes enfants, je me sens responsable d'essayer de repérer et d'aider les enfants en difficulté.
Le procès? je le suivrai de chez moi. Dans ma ville il y a une salle de retransmission au tribunal. Je n'irai à Oslo que pour évoquer la mémoire d'une jeune fille de 16 ans qui ne demandait qu'à vivre en paix."







