Le coup de filet dans les milieux islamistes avait-il pour but d’impressionner les sympathisants de ces organisations ou les citoyens troublés par la dérive de Mohamed Merah ? Démonstration de force ou gesticulation après les tueries de Montauban et Toulouse ?
La chancellerie met la dernière main à un projet de loi qui sera présenté le 11 avril en Conseil des Ministres. Il s’agit de
sanctionner plus facilement les groupes et les personnes qui se réclament d’une idéologie radicale a indiqué Nicolas Sarkozy.
Le code pénal comprendrait un délit de « consultation habituelle » de ces sites extrémistes sur internet calqué sur le modèle de
la consultation de sites pédopornographiques. La nouvelle loi permettrait aussi l’expulsion simplifiée d’extrémistes, l’interdiction des formations terroristes à l’étranger, et la surveillance
étroite des imams dans les prisons françaises .
Les travaux du parlement étant suspendus, cela laisse le temps de la réflexion : la lutte antiterroriste passe-t-elle par de nouvelles
règles ? Les magistrats estiment que l’arsenal juridique est satisfaisant et qu’il vaudrait mieux renforcer les moyens des policiers spécialisés dans le Renseignement. Repérer, surveiller,
empêcher le passage à l’acte est plus efficace que punir disent-ils. Ils font remarquer également que le terroriste occidental a le plus souvent la nationalité du pays dans lequel il a
grandi.
De leur côté, les agents de l’administration pénitentiaire mettent en avant que la surpopulation des prisons les empêche de repérer les
dérives radicales puisqu’ils n’ont plus le temps de parler avec les détenus.
Les sociologues enfin soulignent la désespérance des jeunes de banlieue : elle peut favoriser cette aspiration au martyr
Dans un Etat de droit, la lutte contre les groupuscules radicaux est sans doute un sujet trop sérieux pour être traité en période
électorale...







