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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 00:04

« Je n’ai pas un Q.I. de pétoncle » ! Derrière ce cri du cœur du Général Rondot on sent tout ce que cet homme a subi avant de venir témoigner à la barre du tribunal correctionnel. Il raconte les trois perquisitions qui ont eu lieu à son domicile de Meudon, dans la Nièvre et dans sa maison de campagne ; et les policiers qui ont saisi ses précieux carnets de notes, fidèles alliées de sa mémoire. Le tout Paris médiatique et les meilleurs avocats de Paris sont là prêts à lui mordre les mollets. Une situation qui reflète le peu de considération qu’un général inspire à la société civile. On se moque un peu : pensez- vous, il a pour assistante sa propre nièce ! et il s’explique : mais non ce n’est pas par favoritisme , elle a passé les concours pour entrer à la DGSE.

Donc avant même d’avoir donné sa version, l’ancien Conseiller pour le Renseignement et les opérations spéciales était sur la défensive : « En France les militaires ne jouissent pas d’une réputation extraordinaire . Je suis un officier de renseignement au service de l’Etat. J’ai toujours été persuadé que cette enquête avait été commandée par le chef de l’Etat, sinon je ne l’aurait pas faite »
 A partir de cette phrase l’atmosphère change. On entre dans le noyau dur de la manipulation : Le général Rondot décrit pour le tribunal la première rencontre avec Dominique de Villepin le 9 janvier 2004. On est dans le beau bureau du patron du Quai d’Orsay. Jean Louis Gergorin vient d’avoir via une « source » accès à des comptes bancaires secrets au Luxembourg. Est évoqué un compte couplé attribué à Stéphane Bocsa et Paul de Nagy (c’est le patronyme complet de Nicolas Sarkozy). Et on lui demande d’enquêter sur cette affaire dans le plus grand secret. Le général sanglé dans son costume gris, la coupe courte laissant à nu un grand front défend alors chaque détail rapporté. Il explique qu’il tient depuis toujours un journal de marche, une habitude qui lui vient de son père. Ensuite il met au propre sur des fiches bristol le déroulement des faits en y ajoutant ses impressions. Jamais il n’a réécrit ces fiches. Sa parole a du poids.

Passons ensuite sur l’histoire de la garde à vue d’imad Lahoud qui prend fin miraculeusement (ou pas) pour arriver  à la note du 19 juillet. Depuis avril, le général Rondot a des soupçons sur Imad Lahoud. Il n’est pas loin de penser qu’il est « bidon ». Mais c’est un homme qui n’aime pas l’a peu près et il demande à ses collègues suisses si les comptes mentionnés comme bénéficiaires d’opérations Clearstream existent. Il se rend à Genève pour s’entendre dire que ces comptes n’existent pas. C’est donc le 19 juillet qu’il rend son verdict devant D. de Villepin lors d’un deuxième et dernier entretien. Ce jour là, celui qui est alors ministre de l’intérieur, a visiblement du mal à accepter que les listings soient des faux grossiers. Il aurait bien dit ce jour là selon le général Rondot qui raconte à la barre sous serment : « si nous apparaissons le PR (Jacques Chirac)et moi, nous sautons » Il décrit un Dominique de Villepin inquiet d’être rattrapé par un complot dont il semble tirer les ficelles…Dur pour la défense de l'ex-premier ministre.

Au fond, de cette longue audition on retiendra que ce général archi rompu au renseignement s’est fait balader par Imad Lahoud parce qu’il voulait croire qu’il détenait à travers lui un fil vers le financement du terrorisme et le Liban et par Jean Louis Gergorin parce qu’il est un as des analyses géo-tratégiques ; Les politiques ne sont pas dans sa ligne de mire. Il s’en méfie mais connaît son patron : le président de la République, chef des armées. Et en l’occurrence, Dominique de Villepin était ou s’est fait passer pour l’émanation du chef suprême. Voila comment l’as des as a été abattu en plein vol : il l’a dit en tout début d’audience : il est un officier de marine retraité  mais qui peut encore à tout moment être appelé au service actif. Il y avait comme un brin de nostalgie dans sa voix. 

 

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commentaires

TORRENTS 08/10/2009 11:28


DEPUIS QUAND UN MILITAIRE à UN QI. MERCI