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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 09:01

L’affiche était prometteuse et le Tout Paris journalistique se pressait aux barrières qui ceinturent la 11éme chambre correctionnelle. JP Elkabbach, Philippe Labro, JM Apathie tentaient de se frayer un passage : les places étaient rares. Enfin était venu le jour où l’ex premier ministre allait affronter ses juges. Et d’ailleurs en lever de rideau, Dominique de Villepin entre par une porte réservée habituellement aux magistrats et s’adresse à la presse, un brin grandiloquent : je suis heureux de pouvoir enfin dire ma vérité dit il en substance.
 Et de fait, il livre à la barre une toute autre version que celle qui ressort du dossier de l’instruction. Il pilonne toute la construction des juges d’instruction. Il raconte la réunion du Quai d’Orsay (9 janvier 2004) avec JL Gergorin et le général Rondot comme une réunion d'information . Il n’a jamais eu connaissance de la note rédigée par Gergorin sur Clearstream et surtout indique que les trois hommes ne parlent pas du tout d’un compte attribué à l’actuel chef de l’Etat : « A aucun moment le nom de Sarkozy ou de ses patronymes n’a été évoqué au cours de cette réunion en liaison avec cette affaire de réseaux occultes ».Le général Rondot selon son récit explique l’importance de ce système, dit que c’est quelque chose d’important et qu’il souhaite poursuivre sa mission : « Je l’ai encouragé et j’ai inscrit cette demande dans le cadre des instructions générales du président de la République sur la moralisation de la vie politique internalionale. La France avait signé les accords de Stockholm ». Et ajoute Dominique de Villepin, "je n’ai pas revu le général Rondot avant le mois de juillet. Tout juste avons-nous eu un contact téléphonique en avril. Il faut remettre cette affaire dans le contexte sensible de l’époque : nous étions dans un état de tension vis-à-vis du monde anglo-saxon à cause de nos positions sur l’Irak. On avait raison de se méfier. Quelques semaines plus tard on a vu des listes de noms circuler. C’était le début de l’affaire dite « Pétrole contre nourriture » à partir de Bagdad ».

Puis Dominique de Villepin va enfoncer le clou . Au fil de l'après midi il égrène:"je n’ai jamais vu les listings, je n’ai jamais rencontré secrètement J.L. Gergorin, il n’y a jamais eu d’instruction présidentielle dans ce dossier, je n’ai jamais dit à qui que ce soit d’envoyer ces listings à un juge, je ne suis jamais intervenu pour faire libérer Imad Lahoud, les notes du général Rondot sont peut être une feuille de marche pour lui mais en aucun cas des verbatim de ce qu’il s’est dit…" Bref, Dominique de Villepin d’une voix calme et assurée a littéralement pilonné le dossier. Il avait manifestement soigneusement préparé son intervention.

Il s’est même en fin d’après midi payé le luxe d’enfoncer le représentant de Nicolas Sarkozy en la personne de son avocat, Maître Herzog qui le poussait dans ses retranchements sur un certain nombre de « coïncidences » étranges dans le dossier. La réplique cinglante est venue sans tarder : « votre tentative a quelque chose de désespéré ! J’ai été accusé de tout dans cette affaire. On peut poursuivre la calomnie et la rumeur. Elle chemine et continue ici devant ce tribunal et cela je ne peux pas l’admettre. Vous n’arriverez pas à impliquer le ministre que j’ai été pour des actions que je n’ai pas commises ». Il évoque alors le doigt pointé contre lui de Nicolas Sarkozy, sa physionomie qui change quand surgit l’affaire Clearstream, son acharnement à le détruire parce qu’il est un adversaire politique, les menaces sur les hauts fonctionnaires, le harcèlement de la Chancellerie… Il est 20H, Dominique de Villepin dit enfin sa vérité : il n’est pas « le » coupable, il est « la » victime de l’affaire Clearstream.

Une posture qu’il a parfaitement défendue en démontrant dans les moindres détails la fausseté ou la partialité des accusations.
Tout reposerait donc sur Imad Lahoud et JL Gergorin sous la bénédiction du général Rondot. Ah le Général Rondot, l’as des services secrets ! Comme on a envie de l’entendre ! Mais il faudra attendre lundi la suite du feuilleton ...

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