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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:17

Une journée étrangement calme au palais de justice. Le matin des huissiers s’étaient présentés à l’Elysée pour remettre à Nicolas Sarkozy l’assignation rédigée par les avocats de Dominique de Villepin. Suite logique de l’incident de mercredi dernier lorsque le chef de l’état, interrogé durant le journal de 20H, avait évoqué les coupables et non les prévenus renvoyés devant le tribunal correctionnel. Cet acte judiciaire est sans conséquence directe puisque le chef de l’état ne peut être poursuivi dans l’exercice de ses fonctions. Mais ce rendez vous judiciaire aura lieu un jour.

De toute façon, Maître Metzner, l’avocat de Dominique de Villepin y voit surtout l’occasion de porter l’affaire devant la Cour Européenne des droits de l’homme pour rupture du procès équitable. Il le dit à qui veut l’entendre dans la salle des pas perdus.

Dans la salle c’est la première fois depuis le début du procès que l’on peut s’asseoir normalement sans se sentir enfermer dans une boite à sardines. Les parties civiles sont entendues. La question posée par le président était : quand est ce que vous avez appris que vous étiez sur la liste et comment expliquez vous votre présence.
Premier à se dévouer : Alain Gomez, l’ancien PDG de Thomson. Il a appris qu’il était l’heureux possesseur d’un compte Clearstream par la presse et il y voit clairement la patte de Jean Louis Gergorin. « Le personnage a pris à titre passionnel la gestion d’un conflit industriel banal. Il avait des bouffées de haine à mon égard. Il y a une signature, celle de Gergorin qu’on retrouve dans toute cette histoire » Deuxième témoignage musclé : Edwy Plenel. A l’époque le journaliste dirigeait la rédaction du journal Le Monde : « Je sais ce qu’est un cabinet noir. J’ai souffert personnellement de celui qui existait sous François Mitterrand. Jamais l’action de Dominique de Villepin n'a relèvé d’un cabinet noir. On était des adversaires à l’époque notamment à cause de la cassette Méry. On se combattait à la loyale. Il me parait clair que D. de Villepin n’est ni l’organisateur, ni le commanditaire de la calomnie dont j’ai  été l’objet ». Et puis encore ce troisième témoignage, celui de l’avocat fiscaliste Alain Guilloux. »Pour moi cette liste est composée de trois paquets : le premier est celui des hommes politiques, le second celui des industriels et le dernier est un groupe sans dénominateur commun. Pourtant a y regarder de près on voit des noms connus dans d’autres affaires ( l’Angolagate) qui semblent avoir été rajoutés par les Renseignements généraux. »Vient enfin Pierre Pasqua, un peu pathétique qui dira « c’est mon père qui était visé à travers moi ».Moins d’une dizaine de parties civiles ont souhaité s’exprimer sur les 39 enregistrées, c’est peu.

Le président a levé la séance vers 17.30. Le soleil était encore haut et chaud. Et le tribunal correctionnel terminait son audience dans une atmosphère tranquille qui tranchait avec les jours précédents. Sans doute la pression était-elle montée trop haut.

 

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