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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 16:08

Les derniers soubresauts de l’affaire Clearstream montrent combien l’atmosphère est délétère à la veille du procès.  Le premier coup de canon a été tiré ce week-end. Le journal du Dimanche remet à la une, un procès verbal d’audition d’Imad Lahoud du 9 décembre 2008. A ce moment là, l’instruction de l’affaire Clearstream est bouclée et les différents protagonistes renvoyés devant le tribunal correctionnel. Pourtant l’informaticien éprouve le besoin de vider son sac (il est entendu dans une toute autre affaire, qui concerne une escroquerie commise aux dépends d’ EADS). Alors qu’il a toujours nié avoir fabriqué les faux listings, il reconnaît cette fois que c’est bien lui qui a recopié des fichiers Clearstream et y a ajouté des noms  dont ceux de Nagy et Bocsa c'est-à-dire de la famille Sakozy. Il précise que cette manipulation lui a été commandée par Jean Louis Gergorin et ajoute « la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin » Et puis il décrit les conditions de cette falsification : elle aurait eu lieu dans le bureau d’Yves Bertrand, l’ancien patron des RG, au ministère de l’intérieur. Son avocat précise « mon client va assumer sa part de responsabilité mais pas plus »

Ce PV d’audition va être porté à la connaissance de toutes les parties a promis le procureur de Paris. C’est bien le moins.

Mais déjà Yves Bertrand qui publie « Ce que je n’ai pas dit dans mes carnets », entretien avec Frédéric Ploquin chez fayard, réfute ces assertions en bloc : « Je n’ai jamais rencontré Imad Lahoud de ma vie, pas plus que je ne l’ai manipulé d’une quelconque manière » et il lâche dans un long article publié par l’hebdomadaire Mariane : « Compte tenu des éléments dont je dispose, mon intime conviction est que Niclolas Sarkozy a été informé de cette affaire plus tôt qu’on ne l’a dit » Voila donc un chiraquien pur sucre qui revisite l’affaire en la rendant beaucoup moins linéaire qu’elle parait.

 Dans l’ordonnance de renvoi on voit les juges tracer le cheminement de l’affaire : Florian Bourges et Denis Bertrand se procurent de vrais listings Clearstream, Imad Lahoud les recopie en les persuadant qu’il les lui faut pour sa traque des circuits de financement du terrorisme. A partir de la, les listings sont trafiqués sous la pression de Jean Louis Gergorin, qui lui-même agit sous les ordres de Dominique de Villepin persuadé de tenir là de quoi discréditer son adversaire politique, Nicolas Sarkozy.

C’est ce chemin linéaire que certains tentent de dynamiter : dernier élément en date : les avocats de Florian Bourges, Maître Lantourne et Gondran de Robert révèlent que les listings soit disant volés par leur client avaient été dérobés bien avant l’intervention de leur client. Et ils produisent à l’appui une note de Pierre Bousquet de Florian du 21 juillet 2004. Si ce fait est exact on peut imaginer que les manipulations  peuvent venir d’ailleurs…

 Mais d’où ?  le feuilleton risque de se poursuivre avec nouveaux chapitres avant l'ouverture du procès le 21 septembre.

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