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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:51

François Marie Banier était appelé à comparaître a13H30 devant la 15eme chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre à la suite d’une plainte pour « abus de faiblesse » déposée par Françoise Bettencourt Meyers, fille de Liliane Bettencourt. Depuis dix huit mois le parquet enquête sur cette plainte : le photographe écrivain aurait reçu de cette dame de 87 ans, principale actionnaire du groupe l’Oréal, plusieurs donations, en chèques, contrats assurance-vie et toiles de maîtres pour un montant avoisinant le milliard d’euros. C’est en tous cas le résultat des recherches de la brigade financière. La fille de Liliane Bettencourt accuse l’artiste d’avoir exercé une emprise psychologique sur sa mère au point de parler même d'évoquer une adoption devant notaire.

La justice avance avec prudence dans ce dossier. La présidente, Isabelle Prevost-Desprez est une belle femme qui visiblement a de l’autorité. La petite salle est comble, les deux bancs du public pris d’assaut par la presse. Malheureusement aucun des protagonistes ne sont là. On ne verra donc pas François Marie Banier. Sur les bancs des avocats, le gratin du barreau parisien. Pour Françoise Bettencourt Meyers, , Maître Olivier Metzner  souligne qu’il est de son devoir de fille de réagir lorsqu’elle constate qu’un homme prend de l’ascendant sur sa mère au point de provoquer l’explosion de la famille, la rupture du lien familial avec ses petits enfants.

La procureure est beaucoup plus réservée. Non pas sur le fond (pas abordé) mais sur la forme : quelle suite donner à la citation directe. Elle souligne qu’il n’y a pas véritablement de « victime » dans cet affaire dans la mesure ou Madame Bettencourt assume ses actes : « il y a des règles pour mettre en actions l’action publique, notamment il faut qu’il y ait pour la victime un préjudice réel et certain » Or, où est le préjudice de la fille de Madame Bettancourt s’est-elle interrogée. On comprend donc que le parquet n’est pas favorable à la tenue d’un procès.

 Satisfaction du coté de Maître Hervé Temime qui va au nom de François Marie Banier pilonner l’action entreprise par la fille Bettencourt. Je passe les détails juridiques. L’avocat affirme que son client n’a pas peur d’un procès public, qu’il pourra justifier de chaque don de son amie mais néanmoins revient à la charge sur l’impossibilité de venir devant une juridiction pénale pour régler un différent familial.

Le tribunal ordonne donc une consignation de la partie civile (10.000 euros) et fixe la date de la prochaine audience au 11 décembre 2009. Cette prochaine audience se focalisera encore sur les problèmes de procédure et sur la recevabilité ou non de la plainte déposée par la fille de Madame Bettencourt. Le public quitte la salle, un peu frustré. Les avocats sont fatalistes. Ils savent que ces problèmes de droit ne sont pas anecdotiques. Ces passes d’armes détermineront les suites judiciaires de cette affaire.

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