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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 11:31

Le dernier numéro du magazine Choc sera peut être définitivement retiré de la vente :  la cour d’appel donnera sa réponse dans l’après-midi. Sur la couverture du magazine figurait une photo d’Ilan Halimi, la victime du gang des barbares. Cette photo prise très vite après son enlèvement (elle peut être datée grâce au journal que les ravisseurs ont posé devant leur victime) montre la tête du jeune homme le visage couvert d’une bande adhésive argentée, avec le nez tuméfié, et tenant son porte-clef dans ses mains, les poignets étant entravés. C’est une photo destinée à opérer une pression maximum sur les parents de la victime lorsque les ravisseurs se manifestent pour la première fois.

La famille Halimi a porté plainte pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ». Elle a été suivie par le parquet de Paris qui a ouvert une enquête préliminaire. Il faut dire que le document n’aurai jamais du être porté à la connaissance du public, il s’agit d’une pièce d’instruction et à ce titre protégé par le secret de l’instruction.

La justice a ordonné mercredi soir le retrait du magazine, ce qui est une décision rarissime. Mais le trouble ne pouvait cesser autrement puisqu’il s’agit de la couverture : c’était tout ou rien.

J’ai entendu sur RTL hier soir le directeur de la publication dire que cette image avait valeur d’information pour le grand public,qu’il fallait trouver un moyen de parler de ce procès à huis clos, que cette photo allait entraîner une prise de conscience de la violence de cette bande. Il a refusé de dire comment il s’était procuré le document ni combien il l’avait payé.

J’ai également entendu des éditorialistes évoquer avec une pudeur de violette l’interdiction de diffusion du magazine en question.

J’avoue, je ne suis pas dans cette logique. Selon moi, la force de cette image peut la rendre contagieuse auprès de petits caïds. D’une certaine façon elle valorise ceux qui ont commis ce forfait et elle heurte les proches de la victime. C’est un double scandale et la liberté de la presse me semble pouvoir être entravée parfois lorsqu’une espèce de ligne jaune est franchie. Je comprends bien les arguments de ceux qui disent « à la télé vous franchissez souvent cette ligne jaune mais une fois l’image diffusée le mal est fait ». Ce n’est pas tout à fait vrai dans la mesure ou le CSA est très vigilant et que les sanctions peuvent être graves. De toute façon ce ne doit pas être une objection pour réfléchir à haute voix sur la liberté de la presse en démocratie. Le sujet est inusable.

 

 

 

 

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