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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 18:43
Le 27 avril prochain s'ouvrira le procès le procès de Youssouf Fofana et de ses complices. Ils seront une vingtaine dans le box de la grande cour d'assises de Paris jugés pour l'assassinat de Ilan Hallimi. Seront également jugés sept de leurs amis ou connaissances pour non dénonciation de crime. Ce procès doit en principe se tenir à huis clos puisque deux des accusés étaient mineures au moment des faits.
Tout le monde se souvient du surnom qu'ils s'étaient eux mêmes attribué: le gang des barbares. On se rappelle aussi les images de Youssouf Fofana ramené par la police française de Cote d'Ivoire ou il pensait qu'on ne viendrait pas le chercher après son crime.
Mais on ne connait pas l'autre face de ce drame: ce qu'a vécu la famille Halimi et singulièrement la maman d'Ilan. Les 24 jours d'enfer rythmés par les coups fils erratiques et paranoiaques du commanditaire de l'enlèvement. Ruth Hallimi a décidé de le raconter dans un livre simple , sobre où tout est dit de la douleur d'une famille qui compte les heures les minutes, les secondes; qui sait que son enfant est prisonnier de tortionnaires extrèmement violents et imprévisibles, que la vie s'échappe du corps de celui qu'elle aime sans qu'elle puisse agir. On revit avec elle les échecs de la police aussi. Youssouf Fofana aurait du être démasqué, son gang repéré, sa cité de Bagneux mise sous surveillance. Mais ce fut un échec dont les policiers du 36 Quai des orfèvres ne sortent pas grandis.
Enfin ce livre met en lumière le rôle de l'antisémitisme comme ferment de haine. Ruth Halimi pointe combien parcequ'il est juif, son fils devient une chose aux yeux de ses ravisseurs, un objet d'échange dont les besoins primaires et la dignité sont en permanence bafoués; Il est juif, sa famille est riche et si elle ne l'est pas la communauté payera pour elle. Des clichés qui nourissent l'antisémitisme des cités et qui ont fait qu'Ilan entre les mains de ses ravisseurs n'était plus une personne. Même les jeunes filles impliquées dans l'histoire n'ont pas eu pitité de lui.
"En hébreu Ilan veut dire " arbre".Alors en sa mémoire nous avons décidé d'en planter plusieurs dans une forêt aux abords de Jérusalem. A genoux sur le sol, je creuse de mes mains un petit trou pour y nicher la jeune pousse.C'est une terre fertile dans laquelle cet "Ilan" pourra prendre racine, grandir, et s'épanouir. Un jour sa cime touchera le ciel et il donnera des fruits. Mon fils, lui, n'aura pas eu le temps d'en donner" écrit Ruth Halimi.

Référence du livre:
24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, de Ruth Halimi et Emilie Fréche. Editions du Seuil

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