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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:24

Conférence de presse ce matin au siège de la ligue des droits de l’homme à Paris pour dénoncer le traitement judiciaire réservé aux neuf de Tarnac dans le dossier des sabotages de la SNCF. Dans la salle, deux hommes en retrait ; deux tempéraments aussi. Le premier est le père d’Yldune Levy, le second de Julien Coupat. Le premier marche de long en large, le second est assis, sage et concentré.

 Devant les journalistes au centre le président de la LDH : Jean-Pierre Dubois exprime d’emblé son refus « de la justice d’exception ». « Ni les conditions d’instruction, ni les conditions de jugement ne correspondent à un état de droit ».Il dit aussi « ce matin à la gare du nord il y a eu « un nouvel acte terroriste » : une alimentation électrique a sauté ! Le terrorisme sert à faire passer énormément de dérives au nom d’un fantasme. C’est un délit fourre tout avec lequel on peut stigmatiser tous les militants d’extrême gauche ».

Maitre Irène Terrel défend Julien Coupat, le seul du groupe a être toujours emprisonné. Elle annonce qu’elle a déposé une requète en incompétence pour que le juge d’instruction anti- terroriste Thierry Fragnoli soit dessaisi au profit d’un juge d’instruction ordinaire. Elle estime que la qualification de terrorisme ne peut être appliquée à des actes qui ne mettent pas en jeu la vie humaine. Or les cheminots ont répété au cours de l’enquête que les fers à béton ne pouvaient pas faire dérailler les TGV, seulement endommager les caténaires.

Puis l’avocate est longuement revenue sur les divers épisodes de l’enquête en insistant sur un point : les actes de sabotage ont été revendiqués par un groupuscule anti-nucléaire allemand dés le 9 novembre alors que l’affaire n’était pas encore connue en France et avant les interpellations à Tarnac. Cette piste, selon elle, n’a pas été creusée par les enquêteurs alors que les Verts allemands ont utilisé la technique des fers à béton pour immobiliser des trains « castor » venant de France avec des déchets anti-nucléaires.

 Par ailleurs elle réfute l’idée qu’on peut être maintenu en prison pour avoir écrit ou contribué à écrire « l’insurrection qui vient ». Le juge d’instruction a en effet versé ce livre au dossier comme élément à charge contre Julien Coupat.

Même tonalité pour Maître Lescène ou Maître Bourdon. Tous deux réfutent d’une même voix les procédures d’exception permise par la loi anti-terroriste, « procédures dangereuses, toxiques » ainsi que la démesure des moyens pour obtenir une absence de preuves. « C’est la signature de l’impuissance des enquêteurs » a asséné Maître Bourdon qui défend désormais la compagne de Julien Coupat, Yldune Levy.

Une nouvelle demande de remise en liberté va être déposée très prochainement pour Julien Coupat . En attendant parents et avocats des neuf de Tarnac viennent de recevoir le soutien d'élus de gauche à l'Assemblée Nationale.

 

 

 

 

 

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