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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 16:44

Il est toujours difficile de réagir à chaud après un verdict. Il y a d’abord l’information brute à traiter pour les journaux télévisés. Puis juste après un grand vide. On y pense, on y repense. Yvan Colonna a été condamné à la réclusion à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Un délai d’enfermement vertigineux. Il a été déclaré coupable d’avoir appartenu au commando qui a assassiné Claude Erignac et il a été désigné comme le tireur, l’assassin, le bourreau de cet homme, grand serviteur de l’Etat et amoureux de la Corse.

Un assassinat si lâche- de nuit, dans le dos, sans protection- qu’il avait suscité un élan d’indignation sans précédent à Ajaccio.

Pourtant Yvan Colonna n’a pas cessé de se déclarer innocent. Aucun élément matériel irréfutable n’a été produit pas l’accusation. Pierre Alessandri s’est accusé d’être le tireur. Le lendemain de l'assassinat Valérie Dupuis l’a vu entre 9 et 10Heures à Cargèse chez elle discuter avec son mari Didier Maranelli à l’heure ou Mme Ferrandi  le voit chez elle…ce procès n’a pas apporté beaucoup de nouveautés sur ce dossier vieux de 11 ans  mais on a pu constater une enquête confuse marquée par la guerre des polices et une instruction qui s’arrête quasiment après les aveux du commando en garde à vue. « A partir de ce moment là a dit un policier à l’audience, la messe est dite ».

 Il n’y aura plus d’autre « vérité judiciaire ». Ce procès est venu comme le point sur i. Logique, inévitable.
La stratégie de rupture choisie par Yvan Colonna et ses conseils n’a rien arrangé. Tous les acteurs du procès ont eu le sentiment que cette sortie était programmée dès le début. C’était un choix mais un choix que je trouve lourd à porter. Yvan Colonna va le payer de quatre années supplémentaires de détention : avec la peine de réclusion à perpétuité simple, il aurait pu demander une libération conditionnelle au bout de 18 ans ; cela ne veut pas dire que le juge l’aurait accordé mais c’était possible. En laissant le champ libre à l’accusation, il a écopé de la peine maximale. Evidement le choix est politique et Yvan Colonna se place désormais avec cette condamnation dans la tradition des « martyrs de la cause ».

Avait-il une autre façon de se défendre ? Que signifie cette phrase prononcée à l’audience par son ami Pierre Alessandri : « quand j’ai fait le choix de la violence clandestine, j’ai espéré qu’Yvan ferait partie du groupe. Pour être cohérent avec son discours, il aurait du franchir le pas. Il a laissé Ottaviani et Maranelli partir au charbon alors que c’est lui qui aurait du y aller » ?

Mon sentiment est qu’Yvan Colonna ne pouvait laisser ses avocats le défendre classiquement. Il y a des secrets qui doivent rester nichés au fond des consciences. Quitte à en payer le prix.  

Aujourd'hui Yvan Colonna s'est pourvu en cassation. La Cour de cassation n'examinera pas le pourvoi avant plusieurs mois. En cas de rejet, ses conseils ont prévu de porter l'affaire devant la Cour Européenne des droits de l'Homme pour procès inéquitable.                                                 
  

 

 

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