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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 18:48

Est-ce une question morale ou une question d’ordre public ? A qui est ce que Jean Marc Rouillan fait peur ? Est-ce qu’une société apaisée ne doit pas, une fois la peine purgée, permettre la réinsertion de ses détenus ?

 Toutes ces questions ont été débattues une fois encore devant la cour d’appel de Paris cet après- midi ; Le co-fondateur d’Action Directe est actuellement détenu aux Baumettes à Marseille. Ses avocats ont plaidé contre son maintien en détention décidé après une interview controversée au magazine l’Express. Jean Marc Rouillan suggérait qu’il n’avait pas renié les idéaux de sa jeunesse et qu’il ne voulait pas condamner le recours à la lutte armée. En filigramme, on comprenait qu’il ne regrettait pas ses crimes. « Je n’ai pas le droit de m’exprimer la dessus… Mais le fait que je ne m’exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je ne crachais sur tout ce qu’on a fait, je pourrais m’exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique »a-t-il dit. Son avocat Maitre Chalencet a plaidé pour son client que ces propos ne constituent pas une violation de l’interdiction qui a été faite à Rouillan de ne pas évoquer l’affaire pour laquelle il a été condamné. « il s’agit de la liberté d’expression à laquelle a droit tout citoyen ».

Le parquet général de Paris s’est déclaré opposé à toute remise en semi-liberté malgré les garanties de réinsertion sociale présenté par JM Rouillan qui a un travail chez un éditeur.

Une petite manifestation d’une trentaine de personne devant le Palais de justice était venue en soutien de l’ancien activiste d’extrême gauche. Le porte- parole de la LCR, Olivier Besancenot était présent, dénonçant «  un acharnement judiciaire ».

Une mobilisation à double tranchant car elle souligne combien cette décision est politique. Rouillan n’est pas un détenu de droit commun. L’épouse, les enfants de Georges Besse, le PDG de Renault assassiné ont toujours observé la plus grande dignité. Mais on peut comprendre que le dérapage de Rouillan les dérange. Et que le parquet soit attentif à leur douleur ;

Décision le 4 décembre.

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