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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 19:36

L’Angolagate est décidément un procès hors norme. Début novembre les 23 carnets d’Yves Bertrand l’ex patron des renseignements généraux étaient versés au procès. Le parquet jusque là hostile au fait de joindre ces carnets saisis dans le cadre de l’affaire Clearstream avait finalement cédé le 20 octobre. Les avocats viennent de recevoir chacun un CD rom reproduisant les feuilles du carnet à spirales du policier consciencieux.

Pourquoi est- ce si important pour les avocats de la Défense ? tout simplement parce que le juge d’instruction de l’affaire s’appelle Philippe Courroye et qu’Yves Bertrand a consigné des rencontres avec le juge sans que ces entretiens présumés aient été actés dans la procédure (ce qui serait illégal si cela s’averrait vrai).

Alors à la mi-journée lorsque le procès a repris au palais de Paris, les avocats de la défense ont mené une offensive supplémentaire. Le CD Rom a été remis aux avocats avec une note du parquet leur interdisant d’en diffuser le contenu sous peine de poursuites pénales pour violation du secret de l’instruction et recel. «  Nous sommes dans un procès public, nous devons pouvoir en faire état à l’audience, et donc il faut considérer ces notes comme accessible à tous » s’est écrié Maître Versini-Campinchi, avocat de JC Mitterrand. Maître Ader qui défend Yves Bertrand a lui plus longuement argumenté pour qu’on respecte l’intimité de la vie privée de son client : « Ces carnets sont des notes intimes, un aide-mémoire. Ils n’ont vocation à être connus de lui seul. C’est un journal intime mis sous scellé par la justice et qui doit rester à l’abri des regards. Mon client demande la restitution de ses carnets. Il n’est pas poursuivi par la justice, ses carnets n’ont aucune valeur de preuve » Il se rassoit mais ses confrères sont détendus. Ils savent qu’il a perdu la partie.

En effet une demie plus tard le tribunal statue sur ce point. Les carnets seront bien versés et utilisés publiquement dans le procès.

Alors la deuxième offensive peut commencer : c’est Me william Goldnagel, l’avocat du franco-israélien Arcadi Gaydamak qui s’en charge : « nous demandons qu’Yves Bertrand vienne témoigner devant ce tribunal, si possible en même temps que le juge que M. Courroye ». Le juge est en effet cité par JC Mitterrand et doit venir s’expliquer devant le tribunal en février.

D’ici là n’en doutons pas d’autres révélations viendront éclairer ce dossier d’une lumière crue. Le soupçon qui pèse sur Yves Bertrand est d’avoir aiguillé le juge vers des pratiques financières peu orthodoxes du mouvement politique de Charles Pasqua mal vu à l’époque par Jacques Chirac. L’Angolagate aurait été déclenché pour jeter le discrédit sur cet encombrant concurrent à droite. Mais ceci est à démontrer. Le juge Courroye a vigoureusement démenti avoir eu des relations avec Yves Bertrand ou s’être prêté à une manipulation.

 

 

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