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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:56

Après l’affaire Agnelet , la cour d’appel d’Aix en Provence allait se pencher sur une autre affaire celle de l’assassinat jamais élucidé du berger de Castellar. Même président de cour d’assises, même Palais de justice moderne et bien équipé, et même délai excessif de la procédure.Le meilleur et le pire de la justice. 

Cela fait 17 ans que le jeune berger a été assassiné à 6H du matin alors qu’il partait rejoindre son troupeau en moto à la sortie de Castellar. Date exacte, le 17 août 91. Sa fille avait six ans. Celle qui se présente avec toute sa famille devant le palais de justice en a 23, un visage fermé, marqué par la souffrance. Elle est entourée de Paule et Francis Leschiera, les parents de Pierre, le berger. Il pleut sur Aix. Tous viennent demander à la justice de leur dire pourquoi est- ce- que leur fils, père, frère est tombé dans un guet-apens aussi lâche, qui l’a conçu, qui a tiré. Ils savent que le combat sera rude mais pour eux pas de doute : « je suis sur qu’ils sont coupables, tout ce qu’il me reste à comprendre c’est le rôle exact de l’un et de l’autre » dit la maman du Berger, très émue avant de pénétrer dans la salle d’audience.

Les Verrando n’ont pas la même attitude. Ils affichent une certaine décontraction. Le plus jeune surtout, Jérôme. Il est souriant, bien habillé, blouson de cuir et joli pull; il tient la main de son amie comme si il allait à une fête familiale. Alain Verrando l’oncle est plus nerveux, sanglé dans un costume sombre et cravate noire. Tous deux sont des maçons et aussi  des chasseurs passionnés. Rien dans leur mise n’évoque le terroir.

Curieusement les deux accusés s’assoient d’abord côte à côte au fond de la salle d'audience. Ils disent quelques mots aux journalistes, réaffirmant leur innocence avec force. Et quand on évoque le fait qu’ils se sont mis en cause mutuellement dans les procès précédents, Alain Verrando élude : « oui mais c’était sous la pression ».

Les choses s’organisent, on fait sortir la presse, rentrer les jurés et les Verrando prennent leur place d’accusés non pas dans le box puisqu’ils comparaissent libres mais devant le box sur des chaises placées à gauche de l’estrade. De l’autre coté sont installés la famille Leschiera et leurs avocats, Me Martial et Me Collard.

Cette situation est inédite sur le plan judiciaire. La cour de cassation a décidé qu’il était possible de rejuger les deux hommes en appel devant la même cour d’assises. Or Alain Verrando a été acquitté en avril 2002 et Jérôme a lui aussi été acquitté en 2007 devant la cour d’assises des Alpes Maritimes. Chaque procès est précédé d’un dossier. Chacun le sien avec ses témoins et ses experts. Joindre les deux dossiers c’est donner corps à un nouveau dossier et c’est incompatible en droit avec l’idée que le procès en appel est le réexamen des mêmes faits avec un regard différent. Voila pourquoi  les avocats des accusés montent au créneau; Me Lombard  dénonce vigoureusement cette situation parlant de "Titanic judiciaire," ajoutant « je ne joue pas la montre, je joue le code » et Me Dupond Moretti d’enfoncer le clou : « Dans le premier procès, Jérôme était témoin dans l’affaire de son oncle, ensuite cela a été l’inverse. Or comment on va faire cette fois- ci ? quel est leur statut l’un vis-à-vis de l’autre ? »

Sans demander le renvoi du procès, la Défense a demandé au président qu’il lui donne acte de ces anomalies juridiques en vue d’un éventuel appel devant la Cour Européenne de justice.


Aujourd’hui l’audience a repris normalement. La famille du berger a été appelée à la barre et elle est revenue sur tout ce qui a précédé l’assassinat du jeune éleveur. C’est évidement là que se trouve la clef de l’énigme : huit années de calvaire au cours desquelles tout a été fait pour décourager le berger, l’intimider, lui faire peur .
 A Castellar, les chasseurs semblent avoir beaucoup de secrets dans leur gibecière.

 

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commentaires

follenbach 21/02/2010 13:37


un fusil peut disparaitre sous des fondations seul les maçons le save


Laure Debreuil 22/02/2010 10:32



Cette phrase est énigmatique. Mais je repensais à ce procès à l'occasion du suicide de JP Treiber. Je me rappelle la douleur de la famille du jeune berger assassiné de balles dans le dos.
Ils sont repartis sans réponse. C'est une injustice de plus ans ce drame.



GUY.H 22/12/2008 18:52

URGENT : Toutes et tous devant le Ministère de la Justice (Place Vendôme) ce jeudi 25 décembre à 15h ( Métro : Opéra ou Concorde)

Bonjour

Maître Karim ACHOUI qui a entamé une grêve de la faim totale depuis 9 jours est en train de mourir sous nos yeux, sous vos yeux.

Il a été hospitalisé d’urgence hier soir dans un hopital de la région parisienne puis ramené tard dans la soirée à la Maison d’arrêt de Nanterre où il doit purger une peine injuste de 7 années