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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 15:58

 Après deux semaines de procès, la cour d’assises de Douai a rendu son verdict hier en fin d’après midi. Reconnu responsable de la mort de Marc, 5 ans, David da Costa, le beau-père de l’enfant a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, Isabelle Gosselin ,sa mère, à trente ans de prison .Elle a par ailleurs a été déchue de l’autorité parentale sur son autre fils. Les grands parents et oncles et tantes de l’enfant ont écopé de trois ans de prison avec sursis. Les docteurs Tirloy et Vellemans également à trois ans de prison avec sursis et respectivement 60.000 et 75.000 euros d’amende enfin Françoise Galan, l’assistante maternelle a été condamnée à un an de prison avec sursis. Autrement dit, neuf accusés, neuf condamnations.

De plus, les deux principaux accusés sont condamnés à verser 20.000euros de dommages et intérêts au frère de Marc, François, 9 ans et demi. Son avocat  avait commencé sa plaidoirie poignante par ces mots de Saint Augustin : « La seule chose qui me fasse douter de l’existence de Dieu, c’est le mal que l’on puisse faire à un enfant ». Et à la sortie du tribunal , l’avocat expliquait que François en tant que frère aîné de Marc, était rongé par la culpabilité : (il n’avait pas su protéger son petit frère) et que cette condamnation collective de toutes les grandes personnes qui auraient du s’opposer à la violence du beau-père, lui permettrait de se reconstruire En  attendant François avait demandé de n’avoir plus aucun contact avec sa mère.

 

Le verdict a été beaucoup plus long à venir que prévu : six heures Sans doute à cause de discussions difficiles entre les jurés: l’avocat général dans son réquisitoire avait demandé la même peine pour le beau- père et la mère. Or l’un a porté les coups, l’autre ne les a pas empêchés. Les jurés ont finalement décidé de différencier les sanctions.
 Tout au long des deus semaines de procès,  les participants ont été confrontés à cette énigme : comment une femme que tout son entourage décrit comme une bonne mère, employant même l’expression « mère poule » a pu laisser son fils devenir le souffre douleur de son compagnon ? D’autant que les coups n’ont pas été portés en une fois au cours d’une folle soirée. Non, ils ont commencé en décembre pour aboutir à la mort le 25 janvier 2006. Hématomes, brûlures de cigarette, douches froides, côtes et bassins fracturés, la réalité est atroce et personne ne l’a dénoncée.

Car c’est l’autre versant de ce dossier. Des grands parents, des oncles et tantes ont été condamnés pour non assistance à personne en danger et non dénonciation de crimes. Les deux médecins généralistes aussi. Tous avaient remarqué les traces de coups mais ils ont cru la maman qui disait que l’enfant s’automutilait comme cela arrive chez certains enfants autistes. Ils ont aussi été obligés de reconnaître le côté médecine à la chaîne qui se pratique dans certains cabinets.

 Dans la salle d’audience les membres de leur comité de soutien s’étaient adjugés la plus part des places. Ils évitaient les contacts visuels avec les amis de l’un ou l’autre du couple accusé. J’étais au milieu des ces deux groupes. A ma droite, une amie de la maman. « Vous savez, Isabelle c’était une femme gentille. Je lui ai confié souvent ma fille qui était une petite prématurée. Je n’ai jamais eu à me plaindre. J’espère pouvoir lui faire un petit coucou, elle doit être tellement seule ». Derrière moi, on espère encore que les docteurs vont s’en sortir. Plusieurs étudiants en droit attendent sagement le verdict. Celui-ci une fois rendu ne donnera lieu à aucune manifestation comme si les conditions de la mort de cet enfant impliquaient le respect de la sentence prononcée.

En conclusion , ce procès doit servir d’exemple afin que chacun se sente concerné par le drame des enfants martyrs. Selon Me Pêtre –Renaud, l’avocate d’Enfance et Partage une association, spécialisée dans la lutte contre la maltraitance, il y aurait 98.000 enfants maltraités en France selon un recensement de 2006. Espérons qu’on ne les oubliera pas une fois le procès du petit Marc terminé.

 

 

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