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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 12:21

Hier s’ouvrait le procès de l’Angolagate. Peut être avez-vous aperçu l’atmosphère exceptionnelle qui entourait ce procès, nuée de caméras pour une brochette de prévenus célèbres. Une fois dans la « salle des criées », qui est la plus grande salle du TGI de Paris l’atmosphère était très différente.

 D’abord, la salle est si petite qu’il n’y a pas de public. Il n’y a que les prévenus, les avocats et la presse. Sur la haute estrade, les trois magistrats et les deux greffières. Sur le coté les deux procureurs qui vont porter l’accusation. Juste devant une rangée de chaises pour les prévenus. L’une d’elle est vide, celle d’Arcadi Gaydamak réfugié en Israël. Au fond de la salle entre deux gendarmes mobiles, Jean-Charles Marchiani. Il comparait alors qu’il est détenu dans une autre affaire de corruption. Il sourit à ses connaissances dans la salle et parle souvent à son avocat placé non loin..

Une fois l’audience ouverte, le président Parlos va montrer son autorité. Il commence par faire décliner son identité à Pierre Falcone. Très vite il demande : Vous avez fait votre service militaire ? Oui dans un régiment de parachutistes, répond le prévenu ; « Et vous le qualifieriez comment ce régiment ? dit le président. Stupeur de l’intéressé qui finit par lâcher  « un régiment d’élite ». Vos revenus ? Enchaîne le président « « 4 millions par an »répond P. Falcone. Votre patrimoine ? 15 millions d’euros. Puis l’homme est invité à s’asseoir pour entendre la longue litanie ce que la justice lui reproche.

L’interrogatoire de Charles Pasqua sera également savoureux. D’abord il refuse de s’asseoir comme l’y invite le président. Bien campé sur ses deux jambes les mains derrière le dos, il répond : « Pasqua Charles né le 18 avril 27 à Grasse… »Puis, il déclare 120 à 130.000 euros par an venant de sa retraite cumulée avec son traitement de sénateur. Interrogé sur son patrimoine immobilier, il déclare avec son accent chantant : « Aucun patrimoine immobilier. J’ai des terrains indivis dans la montagne corse mais c’est bien difficile de faire une évaluation ! » Une pagnolade qui fait rire l’assistance surtout quand le président ajoute « en effet nous ne nous y risqueront pas ! ».

Même tonalité pour J.C. Marchiani, né en 43 à Bastia. Surtout quand il déclare sa situation : « Retraité de la préfectorale ! »Puis il dit vivre avec 8.000 euros par mois, paie 800 euros d’ISF ce qui correspondrait à 800.000 euros de patrimoine.

Mais aussi dans le lot, on a pu entendre Isabelle Delubac. C’était l’assistante de Pierre Falcone et la police a retrouvé chez elle les disquettes retraçant tous les mouvements d’argent liquide à partir de la société Brenco. Son revenu : un salaire de 5600 euros par mois et la moitié d’une maison à ST Germain en Laye.

Jean- Christophe Mitterrand lui est tout en bas de l’échelle : « revenus ? zéro avoue t-il ; j’ habite chez sa mère rue de Bièvre. Il dit juste : « j’ai tout perdu ».

Voila petite tranche de vie au tribunal correctionnel hier qui permet de bien mettre en perspective les protagonistes de cette affaire.

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