Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

Damien Givelet
 
Cédric Ingrand
Pascal Boulanger
 

 


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit
2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 18:25

Dans un palais de justice en état de siège (cour d’assises, procès de Ferrara), l’audience correctionnelle de l’islamiste Safé Bourada et de ses complices s’est ouverte dans une certaine indifférence. Huit hommes sont poursuivis pour avoir collecté des fonds et organisé un réseau capable un jour de monter des attentats en France. Quatre d’entre eux sont en prison depuis le coup de filet dans la région de Trappes en 2005, les autres comparaissaient libres.
 Lorsqu’ils sont introduits dans le box, les quatre hommes présentent des profils différents, un seul correspond à l’idée qu’on se fait d’un « islamiste ». Safé Bourada a trente huit ans, l’allure ascétique, une légère calvitie, les cheveux courts et une grande barbe. Il semble affable, discute avec son avocat, ne regarde ni ses co-accusés, ni le public. Il est le plus impliqué dans la cause islamiste. Il a déjà été condamné il y a 10 ans pour son rôle dans la campagne d’attentats de 95 et son nom a été associé à celui de Kaled Kelkal (réseau du GIA). C’est lui qui animait le groupe radical « Ansar Al Fath », les Partisans de la Conquête. On a retrouvé chez un de ses complices ,explique la présidente, une disquette avec instructions et charte de la conduite à tenir. Car en fait l’homme est parti se perfectionner sur l’enseignement religieux et la langue arabe au Caire pendant un an. Son lieutenant désigné est un certain Mohamed Benyamina, un algérien en ce moment en prison en Algérie ; c’est le grand absent du procès et c’est regrettable car c’est sur ses déclarations que repose en grande partie l’accusation. Il aurait déclaré aux services algériens que le groupe projetait des attentats contre le métro ou l’aéroport d’Orly. Rien n’a été prouvé explicitement mais la présidente rappelle que c’est la plainte d’un prostitué transsexuel qui a permis de remonter jusqu’au groupe. Car l’extorsion de fonds faisait partie des méthodes utilisées pour constituer un fonds destiné à financer le départ et la formation  des combattants volontaires vers l’Irak.

Certains des prévenus sont français d’autres tunisiens. Ils avaient adopté des surnoms et agissaient avec des méthodes de combattants clandestins : faux papiers, paiements en liquide, discrétion dans les déplacements. Mais ils étaient étroitement surveillés par la DST , ce qui a permis un vaste coup de filet à Trappes en septembre 95 avant que certains d’entre eux ne partent pour le Liban.

Ce qui est frappant en ce début de procès, c’est le destin d’un homme comme Stéphane Hadoux, un petit braqueur, converti en prison et qui a utilisé sa ferme du Loiret pour permettre des expérimentations d’engins explosifs pour le groupe ; il se présentait encore aujourd’hui à l’audience comme un garçon d’origine catholique qui a trouvé sa voie dans la religion musulmane. « C’est un jeune toujours aussi pratiquant mais absolument pas terroriste. Nous le démontrerons à l’audience »explique son avocat. Curieux itinéraire en tous cas.

Les prévenus risquent 10 ans de prison pour association de malfaiteur en vue de préparer des actes terroristes. La prévention fait partie des articles du code pénal.

Partager cet article

Repost 0

commentaires