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Laure Debreuil

La justice : un domaine complexe ; elle a un endroit et parfois un envers…façon de dire que l’on peut parfois parler de justice autrement et raconter ce que l’on ne peut pas voir à la télévision. Les caméras sont rarement les bienvenues dans les prétoires. C’est parfois frustrant. Voila pourquoi, par ces chroniques, je souhaite restituer l’atmosphère, les informations ou les à-côtés des procès que je suis pour la rédaction de TF1.

 

 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 18:19

Fleury-Mérogis est la plus grande prison d’Europe indique la plaquette distribuée à l’entrée aux journalistes qui couvrent l’évènement. Et de fait lorsque nous pénètreront dans l’enceinte de la prison, nous sommes accueillis par des cris, des insultes, des hurlements des détenus qui nous aperçoivent et tentent d’attirer notre attention.


Hier un détenu a pris en otage un psychologue. Le GIGN lui a finalement logé une balle dans l’épaule après plus de douze heures de négociation. La ministre nous précisera que son état de santé s’est aggravé et que l’homme est à nouveau au bloc opératoire. Bref, il y avait une certaine tension dans l’établissement.

 

Le centre de jeunes détenus est un peu à part. Il peut accueillir 106 mineurs mais ils sont aujourd’hui un peu plus d’une soixantaine. Les jeunes occupent des cellules individuelles ; ils ont à leur disposition une bibliothèque, des salles de classe, des ateliers pour la formation professionnelle, un gymnase et des terrains de sport. Il y a, pour les encadrer, des éducateurs, des psychologues, des médecins et aussi des professeurs. L’illettrisme ne concerne que peu de jeunes ; par contre, les parcours scolaires des détenus sont en général chaotiques. Lorsque la ministre s’adresse à l’un des jeunes en salle de classe cela donne :

" Quel est votre nom ? Votre âge ? Votre Maman vient vous voir ? Vous êtes en récidive ? Comment ça, vous ne savez pas ? Vous avez  fait des choses graves pour être ici ? Vous n’avez pas respecté le contrôle judiciaire que le juge vous avait imposé ? Qu’est-ce qui ferrait que vous décidez d’arrêter ? Vous gâchez vos chances alors que vous avez votre Maman ! " Le jeune homme bafouille, s’enfonce, cherche de l’aide auprès de son professeur. Un professeur qui parle de réussite scolaire et de reconstruction de l’estime de soi. Le climat s’apaise puis la ministre reprend inlassable : "vous savez que les récents textes de loi ont supprimé l’excuse de minorité. Quand vous passerez aux Assises vous pourrez être condamnés comme des majeurs ! " Les jeunes regardent le bout de leurs baskets.
Le dialogue s’arrête, prolongé quelques instants avec ce jeune homme qui a accroché son regard et que ses profs désignent comme capable de passer des diplômes.

 

La conférence de presse qui suit a une tonalité différente. Rachida Dati précise qu’en France il y a 767 mineurs incarcérés et souligne qu’il y aura, dans la future loi pénitentiaire, un article qui rendra obligatoire l’activité, la formation ou l’éducation pour les mineurs en prison. Avec des moyens pour une réinsertion réussie.

 

Mais les journalistes présents n’avaient d’yeux que pour le ventre légèrement arrondi de la ministre. Heureux événement en vue ? A cette question, la ministre a répondu - moins sèchement que d’habitude- qu’elle n’entendait pas parler de sa vie privée et que Garde des sceaux elle était, Garde des sceaux elle allait poursuivre son action.

 

 

 

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commentaires

Gérard 01/10/2008 14:27

Oui je veux réagir en face des propos prêtés à madame le ministre de l'institution judiciaire.

Madame le ministre est-il nécessaire de se la jouer comme dirait mon copein Rachid ?
Quand commencerez vous à comprendre que face à des personnes qui ont commis des actes de délinquance et/ou criminel. Vous avez d'abord des personnes qui pour la pluspart ont été dépassé par leurs actes.

Tant que vous n'aurez pas compris qu'entre la folie et l'irresponsabilité il existe une palette large du point de vue de la clinique psychologique.

Vos réponses d'aujourd'hui face aux plus jeunes, sont de même nature qu'hiers qu'hiers face à la personne qui a violé et tué mon fils, qui avait 18 ans au moment des faits.

Alors je dois vous dire ceci : il s'agit de comprendre qu'au delà de celui/celle qui boit il y a celui/celle qui a soif, il ne s'agit pas de confondre comprendre avec excuser.
Simplement de comprendre et chemin faisant c'est cette compréhension là qui devra organiser votre parole face à des plus jeunes.
Il y a madame le ministre parfois derrière les paroles convenues, les politesses..une vulgarité qui n'a rien à envier à celle que l'on prête à mon copain Rachid.
Je ne terminerais pas sans vous dire que je suis clinicien pour la prévention des comportements violents et des récidives.
Que les violences de la norme sont parfois plus terribles que d'autres.

Bien cordialement

Jean-jacques Gérard
Psychothérapeute et Victimologue